Alexandre Esteban – Artiste dans l’âme

✏️ Yannick VERNINI 5 décembre 2015
Alexandre Esteban – Artiste dans l’âme

©Frédéric MercenierÉtoiles

Alexandre Esteban, à 38 ans, a déjà vécu plusieurs vies et tracé sa route. Une route jalonnée de moments compliqués, certes, mais aussi et surtout de réussites. Cet artiste, issu d’une famille vos­ gienne originaire de Moncel­sur­Vair, a vu le jour à Tahiti, préfigurant ainsi une enfance durant laquelle il bougera pas mal, la vie de militaires de ses parents y étant pour beaucoup.

À l’aventure

Quand il a 6 mois, c’est à Trêves, en Allemagne, qu’une mutation mène la famille, avant qu’elle prenne la direction de Marseille. Une cité qui ne lui porte pas vraiment chance : « J’ai quitté ma famille à 15 ans, ça ne se passait pas bien à l’école, sans rien dire à mes parents, je me suis inscrit dans un établissement privé, hors contrat, dans les Vosges. Ils ont finalement accepté. On était cinq par classe. Lorsque je suis arrivé en troisième, j’avais 4 de moyenne partout, sauf en dessin. J’ai passé et obtenu mon brevet avec une moyenne de 17 dans les six matières », se souvient Alexandre Esteban, qui ne s’est pas pour autant départi de son âme d’artiste qui l’a amené à être petit rat de l’opéra de Marseille, sous la direction de Roland Petit. « J’ai toujours été un peu en marge, en fait. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont laissé faire, qui avaient confiance en moi… Comme quand j’ai décidé d’arrêter mes études à 17 ans. »

Son baluchon sur l’épaule, Alexandre part à l’aventure et fait étape dans différentes villes où il voit « beaucoup de jolies choses ». Comme en Mayenne où il s’occupe de chevaux, sculpte, peint et chante ! Mais finalement, la seule chose qui compte vraiment, c’est la musique. En 1998, à 21 ans, il débarque alors à Paris pour tenter sa chance et s’inscrit dans une école de chant. « Mes parents étaient OK si et seulement si je trouvais un travail. Le lendemain j’étais embauché sur une plateforme téléphonique spécialisée en conseil fiscal. »

Chant à la MAI

Il ne reste que deux mois au sein de l’école et écume les castings avant de se faire repérer par le label EMI chez qui il signe pour un projet de création de groupe pop. L’album est maquetté, trois titres sont finalisés…Et l’histoire en restera là. La « banque-route » étant sévère, l’artiste retourne dans les Vosges, chez ses parents et s’intéresse à la Music Academy International de Nancy. Où il intègre le cursus « chant » en septembre 1999. « Nous n’étions que cinq parmi tous les musiciens ! »

Durant cette année, le chanteur va poursuivre les castings de comédies musicales mais aussi pour des émissions comme La Nouvelle Star ou Popstars, et commence, petit à petit, à se faire repérer. Notamment par le pape des casteurs, Bruno Berberes. « Il m’avait laissé son numéro sur un petit bout de papier pour que je le rappelle, il avait un projet pour moi, c’était le « Roi Soleil ». J’ai regardé l’annonce et j’ai trouvé le logo vraiment cheap, je ne l’ai jamais rappelé.»Les deux hommes se perdent alors de vue. Alexandre Esteban intègre de corps professoral de la MAI tout en participant à des concours de chant.

En 2006 où il est retenu pour représenter la Lorraine­Champagne­Ardenne sur le prime­time de France 3 qui désigne le représentant de la France pour le concours de l’Eurovision. « Après l’émission, je suis allé voir Bruno Berberes pour lui demander s’il se souvenait de moi. » Des liens se tissent alors entre les deux hommes, Alexandre Esteban le convainc d’animer une masterclasse à la MAI. Ils s’aperçoivent qu’ils ont la même façon de travailler. « J’ai alors remplacé son assistant pour devenir, ensuite, son collaborateur puis son associé. Il m’a fait comprendre que le chanteur allait disparaître mais que l’artiste allait rester. Il avait raison ! Je suis plus heureux dans l’ombre. »

Heureux dans l’ombre

Depuis, Alexandre Esteban a « officié » sur le casting de « Robin des Bois », « 1789 », « Dracula », «Adam et Eve»,«Joe Dassin »… Et de The Voice. Pour lui, c’est une nouvelle page qui s’écrit. Mais toujours avec la même ligne de conduite qui veut que « l’artiste

soit aussi fort que le volet économique ». Lors de la saison 3, Maximilien Philippe, ancien pensionnaire de la MAI, arrive en finale. Signe ensuite chez Capitol. L’année suivante, Lilian Renaud, lui aussi de la MAI, remporte la saison 4. « Lilian, c’était une évidence artistique ! » Le Franc­Comtois lui demande alors de l’accompagner, tout comme Maximilien. Il devient leur manager. En attendant, Alexandre Esteban boucle le casting de la saison 5 de The Voice.

« Etre manager, c’est un nouveau challenge pour moi, une nouvelle vie qui ne m’a pas fait abandonner ni mon exigence artistique ni ma fidélité à Nancy. La ville qui m’a construit et dans laquelle je réside toujours. Je ne veux pas perdre mes racines. »

 

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