Alonzo – Interview

✏️ Yannick VERNINI 5 décembre 2015
Alonzo – Interview

©FifouÉtoiles

[Morceaux choisis]

Alonzo, votre dernier album s’intitule « Règlement de compte »… Avez-vous des comptes à régler ?

Dans le rap, quand on est en activité, on a toujours des comptes à régler. Je prends toujours mes albums comme si c’était le tout premier, comme si j’avais encore quelque chose à prouver. C’est comme ça que j’arrive à me remettre en question et à évoluer en terme de performance. Mais il y a aussi l’histoire de ma ville (N.D.L.R. : Marseille) qui est en proie, malheureuse­ ment, depuis trois ans, à des règlements de compte perpétuels. Il y a énormément de jeunes qui perdent la vie. Le titre « RDC » explique bien le climat actuel de la cité phocéenne.

Un titre qui, justement, explique que ce sont les jeunes victimes, et non plus les parrains du Milieu…

C’est exactement ça. Avant, dans les années 80, à l’époque de Zampa ou de Francis le Belge, c’était maffieux. Aujourd’hui, ce sont des jeunes des cités qui paient. Ça nous touche vraiment, on connaît tous quelqu’un qui les connaît. Mon titre explique que l’on n’est pas là pour s’entrtuer mais pour s’en sortir.

Un message que l’on retrouve aussi chez Soprano. On a le sentiment que vous avez peur que les pouvoirs publics baissent les bras…

Pour nous, il ne faut pas oublier que c’est une passion que c’est de l’art. On a toujours tendance à prendre le rap au premier degré. A la base, c’est de l’amusement et il y a beaucoup de son qu’il faut prendre au second degré. Mais on sait que l’on est écouté par la jeunesse. Sur quinze morceaux, si sur trois ou quatre on peut se poser et délivrer des messages pour faire réagir les gens, c’est un peu notre devoir. Même si on n’est pas des politiciens, on n’a pas fait d’études pour, on n’est pas là pour sauver le monde non plus.

 

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