André Manoukian – Interview

✏️ Yannick VERNINI 2 décembre 2015
André Manoukian – Interview

©Thomas DornÉtoiles

[Morceaux choisis]

Après « Inkala » en 2008, vous revenez avec « Mélanchology » illustré par cette phrase : « Le bonheur d’être triste. » C’est-­à-­dire ?

Spontanément, quand un musicien s’assoit derrière son instrument, il commence toujours par faire un accord mineur, vous ne verrez jamais un musicien s’installer, se recueillir et partir sur un truc super pêchu, comme s’il y avait un travail d’intériorité à faire d’abord. Ensuite, les choses les plus inspirantes, hélas, c’est quand on est en manque de quelque chose, quand quelqu’un vous a quitté… C’est là que l’on écrit les plus belles chansons d’amour. J’entendais une fois Souchon dire « maintenant qu’on est riche et heureux, de quoi va­t­on parler ? Quel enfer ! »

Pour cet album justement, vous êtes resté dans cette démarche de marier le jazz aux mélodies arméniennes…

Exactement. C’est­à­dire que les mélodies arméniennes sont faites sur une gamme orientale assez particulière sur laquelle on peut greffer toutes les gammes du jazz, finalement. J’ai découvert cette musique il n’y a pas très longtemps en fait, il y a 6­7 ans, quand j’ai écrit mon premier album. Et pour moi, c’était un peu la découverte de nouveaux jouets pour improviser de nouvelles couleurs musicales…

Vous êtes très médiatique et du coup, vous parvenez à mettre le jazz à la portée du grand public. En avez-­vous conscience et surtout, est­-ce une démarche volontaire ?

Oui, c’est presqu’une démarche militante. Les gens ont tellement d’a priori… J’ai envie de leur dire que c’est la plus belle musique qui soit, la plus riche. C’est comme si c’était le summum de toutes les musiques ! C’est Debussy et Ravel qui se mélangent à l’Afrique et qui, en plus, renouent avec l’improvisation.

 

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