Anne Roumanoff – Anne la bonne copine

✏️ Yannick VERNINI 2 décembre 2015
Anne Roumanoff – Anne la bonne copine

©Mathieu CugnotÉtoiles

Exit la robe rouge… Place au tailleur noir ajusté et à un haut… Rouge. On ne se refait pas ! Mais pas de quoi désorienter le public qui garnissait la salle Poirel, hier soir. Il faut dire que dès son entrée en scène, Anne Roumanoff est rentrée dans le vif du sujet avec sa vision de notre société et ses personnages un rien à l’ouest mais jamais dénués de bon sens, finalement. « Y a une bonne ambiance en ce moment, tout le monde s’aime ! » Le ton était donné et l’humoriste, « quadra un peu corpulente, la bonne copine », a ainsi décrypté le double langage des politiques et a posé sa vision du temps qui passe. « Quand on a trop de poignées d’amour, on finit par faire l’amour avec un poignet ! » Les sourcils ? « Avant, on les épilait, maintenant, on les cherche… » Le bonheur ? « J’ai compris qu’il dépendait de nous, qu’il était en nous… Mais où ? » Les choses étaient dites et avaient le mérite d’être claires. Y compris quand l’humoriste évoquait les hommes, « c’est comme les batteries d’iPhone, avec l’âge, c’est vite à plat et ça met du temps à repartir ! » Un remède ? « Les sites pour adultes consentants géolocalisés… » où elle a croisé la route d’Etalon Sauvage, son fromager !

Pas de quoi se laisser abattre, en tout cas. Et pour conjurer le sort, l’heure était à la prière. « Avé Pôle emploi, on continue de croire en toi »… Les sans-dents ? « Prions pour qu’ils soient mieux rembourser… » Sans oublier les victimes de phobies administratives… « Allez en paix mon Fisc ! » La messe était dite. Tout comme celle du mariage de Bénédicte, la fille d’Isa, avec Emilie. L’occasion pour la maman comblée de saluer « les deux pères du bébé conservé dans une éprouvette en Espagne » et d’être admirative devant le travail de « mamie qui a confectionné la robe arc-en-ciel » et qui, par solidarité, « a quitté papy pour la voisine ».

La revue des troupes suivait son cours. La coach en bien être personnel prenait en main Stéphane, la conseillère d’orientation ouvrait les yeux d’une élève – « hôtesse de l’air tu veux, hôtesse de caisse tu peux ». Et que dire du cours de média training pour les membres du gouvernement, à peine éloigné de la vérité : « On ne dit pas le chômage a augmenté, disons le chômage a suivi l’évolution prévue… On fait une politique de droite en peu gauche mais pas très adroite. »

Le Français bougon, les commérages, XXX, Anne Roumanoff n’oubliait personne dans sa réjouissante galerie de personnages finalement criants de vérité ! Un subtil miroir à peine déformant d’une société française qui a bien besoin de s’évader, ne serait-ce le temps d’un one-woman-show. Un contrat rempli par l’humoriste à la verve inimitable.

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