Arnaud Ducret – Interview

✏️ Yannick VERNINI 2 décembre 2015
Arnaud Ducret – Interview

©PascalitoÉtoiles

[Morceaux choisis]

Peu de gens le savent, mais vous avez débuté en chantant du gospel avant d’enchaîner avec le Cours Florent… Est-ce que tout cela vous semble loin ?

Ça semble loin… Oui et non. D’avoir démarré avec une comédie musicale puis fait du gospel, c’est une chance incroyable. C’est la vie qui m’a donné cette chance, d’ailleurs. En fait, c’est ma sœur qui est entrée dans une troupe de comédie musicale et moi, derrière, je n’étais pas très bon à l’école, je ne faisais pas grand-chose, j’aimais déjà la scène, c’était un truc qui me plaisait. Du coup, ma sœur m’a fait venir dans la troupe et j’ai fait ma première scène en distribuant des micros ! Je faisais un faux serveur qui donnait des micros aux chanteurs dans un faux bar ! Là, je me suis senti totalement chez moi. Et donc, d’avoir cette chance, très jeune, d’avoir fait du chant, de la scène, d’avoir travaillé des chorégraphies et des harmonies vocales, cela m’a permis d’avoir des bagages incroyables et d’avoir plusieurs cordes à mon arc maintenant. Et de pouvoir m’en servir comme dernièrement, dans la comédie musicale « Spamalot », des Monthy Python, avec PEF des Robin des bois. Je n’aurais jamais pu faire ça si je n’avais pas appris à chanter très jeune… Ma plus belle formation vient de là. Il y a eu le Cours Florent derrière, mais l’école n’est plus à la hauteur de ce qu’elle était à l’époque d’Isabelle Nanty, notamment…

Vous cultivez, justement, ce profil d’humoriste nord-américain, capable de tout faire. Est-ce que c’est cela qui vous permet de dresser une galerie de personnages incroyables jalonnant votre spectacle ?

Oui, c’est sûr que du haut de mon mètre quatre-vingt-dix et de mes 93 kg, les gens ne s’attendent pas à ce que je bouge comme je le fais sur scène. Je dis ça très humblement, ce n’est pas prétentieux du tout, mais c’est vrai que c’est un mille feuilles. Dans ce spectacle, je mets plusieurs couches qui sont le jeu, qui a énormément d’importance, sa précision, puis il y a la danse, le chant… Tout fait partie de ma culture, de mon école artistique depuis que je suis gamin. Je m’en sers et a priori, les gens, ça les fait bien rire !

Ça les fait rire, oui. Vous forcez effectivement le trait mais néanmoins, on se dit que l’on peut croiser ces gens-là dans la rue…

Oui, comme vous le dites, je force le trait et ça amène de la drôlerie de tirer un peu les traits de ces personnages. En revanche, j’essaie, quand je les fais émus, quand je les fais énervés, d’être toujours très sincère. Et c’est là que les gens rigolent… A un moment, j’ai Maître Li qui a un moment de faiblesse dans le sketch et qui se met à pleurer, si je ne le joue pas sincèrement et que les gens ne sont pas avec moi, ça ne fera pas rire, ça ne les emmène pas. Il faut toujours être sincère. Et puis après, il y a la situation du sketch et le personnage… Ceci dit, quand je fais John BreakDown, mes mimiques sont encore loin de ce que certains profs de danse font. Mine de rien, la réalité dépasse bel et bien, parfois, la fiction.

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