Ary Abittan – Interview
Interview

Ary Abittan – Interview

« Je suis du genre à me poser beaucoup trop de questions »

Vous revenez à Nancy avec votre nouveau spectacle, plus intime. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous dévoiler ?

C’est un sujet que je connais bien puisqu’il s’agit de moi ! En fait, j’avais envie non pas de me dévoiler mais en même temps de faire rire et d’avoir beaucoup d’autodérision sur tout ça… Il m’est même arrivé de l’écrire sur l’application Notes de l’iPhone. Je prenais plein de notes et je l’ai écrit comme ça, je l’ai testé. C’est un spectacle que j’aime beaucoup, que je tourne un peu partout et je me réjouis de voir autant de monde. C’est très personnel et à la fois, plus c’est personnel, plus c’est universel.

C’était déjà un peu le cas, dans le spectacle précédent, notamment avec le sketch sur le divorce… Comme si, au moment de l’écrire, vous vous étiez dit « il faut que ceux qui ont vécu ça puissent se reconnaître »…

Oui, vous avez raison. Dans le spectacle « A la Folie », je me cachais derrière des personnages pour en parler. Là, on parle directement au public. C’est un spectacle interactif, on échange. Tout est écrit, évidemment, mais il y a de la place pour de l’impro avec le public où je leur parle de mon divorce, des femmes, de mon enfance, du célibat… C’est un peu comme une séance de psy sauf que là, ce n’est pas moi qui paie !

On vous retrouve également au cinéma, notamment dans « À Bras Ouverts ». Lors d’un récent passage à Ludres pour l’avant-première, on a pu constater que votre cote de popularité était forte !

C’est un bonheur pour moi. Et c’est une belle reconnaissance de mon travail. Après, la popularité dans la rue, ça fait partie de mon travail de faire des selfies ou de signer des autographes. C’est à la fois très agréable et très rigolo.

Dans le film, vous retrouvez Christian Clavier que vous décrivez comme étant un énorme bosseur… On a le sentiment que vous aussi… Comme si vous aviez cette angoisse de mal faire…

Exactement ! Pour mon spectacle, je reste 1 h 45 sur scène, je veux que les gens rient tout le temps. C’est beaucoup de travail… Reprendre tous les jours le texte, faire, défaire, donner le meilleur… Et quand il y a une impro la veille, elle est officielle le lendemain parce que ça s’est bien passé…

Entre la tournée et la promo du film, vous avez un agenda bien chargé. Vous devez avoir une hygiène de vie irréprochable !

C’est vrai que j’ai 43 ans aujourd’hui et il devient difficile de prolonger les nuits quand on a un tel planning. En même temps, quand je monte sur scène et que je fais des films, je m’angoisse moins que quand je ne fais rien, que j’ai des périodes d’inactivité comme on peut en avoir dans ce métier.

Votre carrière, on a parfois le sentiment qu’elle est montée rapidement en flèche alors que non, ce sont des années de travail avec des coups d’accélérateur…

C’est vrai. Vous savez, on est en général connu en 20 ans et en un mois et demi. Les gens vous voient arriver et pensent que c’est tout de suite… En même temps, c’est normal puisqu’ils ne vous connaissaient avant ! J’ai commencé sur scène à 19 ans et j’écumais les cabarets, les restaurants et les cafés-théâtres de Paris. J’ai adoré faire ça. Au bout de 15 ans, on est pris dans un film, on est reconnu. Du coup j’ai un regard non seulement très bienveillant et en même temps assez fier de moi, parfois, en me disant que ça n’a été que du travail.

📷 : Alexandre Marchi

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