Big Flo & Oli : Interview

✏️ Yannick VERNINI 8 octobre 2017
Big Flo & Oli : Interview

Bigflo et Oli vont mettre le feu ce dimanche à L’Autre Canal. Entretien avec Oli qui est toujours aussi bien dans ses baskets !

Avec ton frère Florian, la dernière fois que l’on s’est parlé, vous étiez dans « La Cour des Grands »… Vous êtes de retour dans « La Vraie Vie »… Comme une suite logique, finalement…

C’est en tout cas ce que l’on a essayé de faire et j’espère que les gens l’ont ressenti comme ça. C’était logique pour nous lorsque nous l’avons fait… C’est vraiment ce que l’on avait en tête à ce moment-là.

La belle expérience acquise lors de la précédente tournée – qui s’est jouée à guichets fermés – vous a fait grandir plus vite ? Tu as 21 ans et Florian, 24 ans…

C’est marrant, j’en parlais il y a quelques jours avec mes potes. Je leur disais qu’après ces deux ans que l’on a vécus, j’avais l’impression d’en avoir vécu, sans prétention, dix ! On a vu tellement de gens et partagé tellement de choses… On a fait plus de 120 dates pour « La Cour des Grands », on a appris à gérer le stress, le succès… Toutes ces nouvelles choses qui sont un peu lourdes pour nos âges. On a l’impression d’être entrés dans une machine de science-fiction, ça nous a mis plein de trucs en tête, même si l’on reste encore des jeunes et que l’on a encore plein de choses à apprendre.

Avec un tel parcours n’êtes-vous pas tombés dans les « pièges » de cet univers par lequel on peut vite se laisser happer par les paillettes, etc ?

Oui et non. Ça, c’est plus dû à notre éducation, aux valeurs de notre famille et aux sacrés parents que l’on a derrière. Ce sont vraiment de sacrés personnages. Souvent les gens nous disent « vous devez avoir des parents marrants et tout… » On en parle beaucoup en plus, ils ont une grosse influence sur nous.

Pour revenir à votre dernier album « La Vraie Vie », suite au succès du premier, aviez-vous une pression supplémentaire ?

Une grosse pression même ! Déjà, il y a la pression positive de notre familles, nos amis, nos fans, qui nous dit : « il faut le faire et fais-le bien », on ne doit pas décevoir. Après, il y a une deuxième pression, un peu plus négative, où tu sais que si tu te rates, tu ne sais pas trop ce que tu vas faire ensuite… Tu sais que plein de médias attendent que tu craques, pensant que tu n’étais qu’un feu de paille, un buzz passager… Du coup, moi j’aime bien travailler comme ça, dans la pression, dans l’urgence, c’est là où mon instinct ressort le mieux. Mais je sais que pour mon frère, c’est un peu plus dur.

Lorsque l’on est dos au mur, finalement, n’est-ce pas là que le meilleur de soi ressort ?

Oui, mais on n’y va pas sans réfléchir, on a du mal, on mentalise tout. C’est comme sur scène, quand tu as un peu le trac avant de monter, c’est là que tu donnes à fond, t’es sûr de ne pas faire d’erreur… Tu ne te reconnais pas, tu es presque en mode guerrier, de survie artistique !

Entre Busta Rhymes, JoeyStarr et Stromae, vous déboulez avec d’impressionnantes collaborations sur cet opus ! Comment ces featuring ont pu se mettre en place ?

Déjà, il vous savoir que l’on ne réalise pas ! Là, quand tu me le dis, j’en souris encore alors que je connais par cœur l’album ! On ne réalise pas d’avoir ces mecs-là-dessus ! Bizarrement, on a toujours eu plus d’affinités avec les plus anciens, des mecs plus installés. JoeyStarr, c’est un mec que l’on croisait en festival, qui a toujours été bienveillant avec nous… J’ai l’impression que c’est cette génération qui a mieux compris Bigflo et Oli plutôt que nos pairs. JoeyStarr nous a dit oui directement, un super après-midi au studio… Stromae, on a appris qu’il voulait travailler avec des gens et que l’on était sur sa shortlist. On était hyper touchés, on est allé le rencontrer et on s’est super bien entendu. On a plein de points communs. Busta Rhymes, c’est un peu moins glamour mais c’est encore plus fou. C’est un rêve que l’on avait. C’est parti d’une blague en studio qui s’est transformée en réalité après plein d’étapes de business, de rencontres à New York avec son manager pour qu’il valide, etc. Bref, une galère à l’américaine !

On arrive à garder ses moyens quand on se met au travail avec eux ?

Ouais… On est ému. A chaque fois les gens trouvent ça un peu fou, un peu bizarre. Normalement, quand tu vas en studio avec un autre artiste, tu as une posture, il faut faire le mec à l’aise, un peu classe, etc. Nous, on n’y arrive pas ! Je me revois avec JoeyStarr, je commence à lui parler, j’ai les larmes aux yeux ! Ça sort… Et lui, ça le fait rire, il me taquine, il est bienveillant. Et moi je me dis « c’est fou, je suis en train de faire un morceau avec une de mes idoles du rap » ! Et puis on est tellement heureux que ça se passe bien !

Ça se passe d’ailleurs bien également sur scène puisque vos dates sont complètes et que vous allez vous attaquer aux Zénith ! Dans quel état d’esprit êtes-vous tous les deux ? Avez-vous le trac ?

Moi, le trac, je ne l’ai jamais eu, en fait. J’ai choisi d’être sur scène. Je pense que tu l’as quand ce n’est pas par choix, quand la prof te demande par surprise d’aller faire un calcul au tableau, de parler devant plein de gens. Là, on a envie de faire encore mieux. On pourrait se dire « on a fait une tournée, c’était super, là ça va être encore plus cool »… Non, on veut encore repousser nos limites. On a bossé comme des fous, fait fabriquer un décor. Je ne veux pas trop en dévoiler, mais il y a de gros trucs sur scène, des écrans, on a rajouté un musicien… Plus on monte, plus on a envie de monter, en fait.

Quelque part, vous avez aussi l’obligation de surprendre votre public…

Oui, c’est ça… Et on a aussi envie de les remercier. On sait ce que c’est que de payer son billet, qui coûte cher. On est encore et on était avec eux dans les queues de concert. On a vraiment envie de les éclater, leur faire passer un bon moment… Quand on voit les gens avec le sourire à la fin, on sait que c’est réussi !

Bigflo et Oli seront en concert ce dimanche, à 18 h, à L’Autre Canal. Le concert est complet. Pour ceux n’ayant pu obtenir de billet, les deux frères seront au Zénith de Strasbourg le vendredi 20 avril 2018.

📷 : Pierre Mathis

You may also like

Laisse un message