Camille Lellouche – “La scène, c’est là que l’on est le plus libre”

✏️ Yannick VERNINI 2 mai 2018
Camille Lellouche – “La scène, c’est là que l’on est le plus libre”

Barrée et grinçante, l’humoriste débarque salle Poirel avec son spectacle

Entre le chant, la restauration - dans une autre vie -, les vidéos, la télé, la scène… Pourquoi avoir opté pour la scène ?

J e ne sais si c’est moi quoi ai choisi la scène ou si c’est elle qui m’a choisie. En tout cas, depuis toute petite, c’est très ancré en moi, je dirais même que c’est viscéral. J’ai toujours voulu faire ça profondément. Et aujourd’hui je suis aux anges !

Vous vous êtes fait connaître grâce à vos vidéos sur le web. Le passage du net au spectacle, où vous touchez un public très large, a-t-il été simple ?

C’est un travail complètement différent. C’est dur parce que ce n’est pas du tout le même exercice. Sur internet, tu peux recommencer si ça ne te plaît pas, sur scène, si ça ne marche pas, tu te prends un bide ! C’est beaucoup plus dur et cela nécessite plus de travail.

Vous venez avec une galerie de personnages sur lesquels vous posez un regard grinçant. Quels sont les profils qui vous inspirent le plus ?

Tous les personnages, tous les milieux sociaux m’intéressent. En général, j’aime que les caractères soient assez marqués pour pouvoir les caricaturer. J’aime que ce soit très extrême, on peut mieux les identifier. Et en priorité, je représente des personnages que j’ai vus, que j’ai servis en restauration, que j’ai croisés en terrasses…

En plus de la caricature, vous mettez peu de filtres…

Oui et non, je suis plus une grande gueule ! Dans la vie de tous les jours, je suis plus réservée, plus pudique quand je ne connais pas. Mais c’est vrai que sur scène, je dis ce que je veux, on ne m’empêchera pas de dire quelque chose, mais avec de la retenue et avec humour.

C’est un véritable espace de liberté pour vous !

Ah oui, la scène, c’est là que l’on est le plus libre, personne ne peut venir nous chercher ! Profitons-en !

Vous souvenez-vous de votre première scène ?

Je m’en souviendrai toute ma vie. C’était un trac monstrueux… Je suis une grande traqueuse ! Au début, j’étais très malade et une fois que tu es sur scène et que, pour la première fois, les gens t’applaudissent, c’est assez émouvant.

On vous voit aussi à la télévision, dans Face Cam, une capsule humoristique de Quotidien…

C’est, une fois encore, beaucoup de travail. Pour moi, c’est un autre exercice et un format que je connais plutôt bien grâce aux vidéos. A la télé, il faut être très efficace en peu de temps… Ça me plaît tout autant.

Vous avez participé à The Voice où vous vous êtes fait remarquer, notamment avec la reprise de « Papaoutai » de Stromae… Avez-vous définitivement mis le chant en sommeil ?

Absolument pas. Je chante dans mes spectacles… Je ne pourrais pas faire un show dans lequel je ne chante pas, c’est impossible. Mais il y a des périodes où je suis plus humoriste, d’autres où je suis plus chanteuse… Là, je peux mettre les deux !

Sans oublier les périodes où vous êtes actrice…

J’adore ! J’ai un chemin un peu logique, j’ai fait beaucoup de théâtre… J’ai déjà fait deux-trois petites choses…

… De jolies choses !

Oui, c’est vrai. Aujourd’hui, je suis assez exigeante et quand on me propose de jolis rôles, je suis plutôt flattée. Jusqu’ici, je n’ai fait que des jolies choses, j’espère qu’il y en aura d’autres !

Pour conclure, comme vous le dites dans l’une de vos vidéos, vous n’arrivez toujours pas à devenir moche !

(Rires) Je me considère comme ni ni belle ni moche… Comme je le dis dans mon spectacle, je suis une « mi-moche », ça fait partie de mes qualités d’ailleurs !

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