CLAUDIO CAPÉO – INTERVIEW

✏️ Yannick VERNINI 21 février 2018
CLAUDIO CAPÉO – INTERVIEW

Avec cette tournée, la belle aventure continue, comme si vous étiez sur un petit nuage…

Ouais, complètement ! C’est un truc de dingue, ça a démarré d’un coup et ça ne s’arrête pas avec des Zénith qui se remplissent dans tous les sens. On en profite à fond, c’est notre rêve de gosses. On est toujours étonnés et complètement épanouis. C’est fou !

D’autant que vous déboulez dans les Zénith… Des grandes salles que vous connaissez puisque vous avez assuré les premières de Yannick Noah, des Fréro Delavega ou encore de Tryo… Et vous voilà seul !

C’est clair que c’est assez étrange. On se posait beaucoup de question, on se demandait comment ça allait se passer. Mais on n’avait pas forcément peur parce qu’on a toujours fait de la scène, à commencer dans des petites salles avec des jauges entre 400 et 1.000. C’était déjà énorme pour nous ! Et là, dix-huit mois après, on débarque sur scène, on fait nos balances, on voit tous ces sièges vides et on se dit « c’est pas possible que ça va se remplir » ! Après, d’une manière générale, ça reste un concert où on ne se prend pas la tête, on raconte des conneries, on est là pour se marrer et prendre du plaisir !

Vous avez effectivement su garder cette simplicité, vous qui avez eu plusieurs vies… Menuisier-décorateur, membre d’un groupe de jazz… Vous avez même fait du metal !

C’est vrai… Je suis un touche-à-tout. En fait, quand ça commence à m’ennuyer, il faut que je change. Je plaque tout. J’aime bien ça. Si on s’ennuie, ce n’est pas la peine de continuer, on n’a qu’une seule vie. Je ne me prends pas la tête, quitte à avoir des regrets. Ce n’est pas grave, au moins je l’aurai fait.

Comme vous le dites, vous l’avez fait ! Comment passe-t-on, à l’époque, de l’accordéon au metal ?

C’est tout c… A 14 ans, l’accordéon, avec les filles, ça ne marche pas du tout ! Du coup, tu vas faire un tour sur la scène rock, tu te fais pousser des dreads, tu prends une guitare et puis voilà. Tu montes un groupe de metal et tu te dis, c’est cool, elles viendront ! Mais en fait non ! (rires) Au moins, j’aurai essayé ! Et puis finalement, tu reviens à ce que tu sais faire et tu te mets à écrire des chansons… Et ça commence à prendre !

D’ailleurs, lorsque vous revenez à l’accordéon, Claudio Capéo est un groupe…

Tout à fait, ça a été un groupe qui a démarré un 2008. Puis on a voulu faire des concerts. Du coup, je me suis entouré de mes meilleurs potes, mes potes d’enfance, mes potes de l’école de musique… Ça fait maintenant 9 ans que l’on est ensemble. C’est assez génial, c’est une grande famille, on se connaît tous super-bien et qu’est-ce qu’on se marre !

En attendant, votre troisième album est certifié trois fois disque de platine !

C’est vrai on est à 600.000, c’est complètement fou !

Même si, évidemment, on le souhaite, aviez-vous vu venir ce succès ?

Non ! Le marché du disque est tellement compliqué en ce moment qu’on se dit que 30.000 c’est déjà très bien. Puis on a produit des titres sans prétention comme « Un Homme debout », qui a été fait je ne dis pas rapido parce qu’on ne l’a pas bâclé du tout. On ne s’attendait pas du tout à ça, on se demandait « est-ce que ça va plaire » ? Et puis d’un coup, il tourne en radio, ça part dans tous les sens et en fait, tu ne comprends pas grand-chose… Et puis ça continue…

Du coup, maintenant que vous êtes en tournée, qu’est-ce que le public vient voir ? Vos anciens et derniers morceaux ? Des reprises d’autres artistes également ?

Exactement. Des reprises d’artistes oui, il y a « Chez Laurette » de Michel Delpech qui me tient vraiment à cœur puisque c’est ce titre-là qui m’a montré à la France entière. Ensuite, il y a des morceaux du tout premier album sorti en 2009, du deuxième et évidemment du troisième. Il y a de tout, cela nous permet aussi de montrer ce que l’on faisait avant. Après, tout se fait dans une ambiance festive, ambiance sales gosses… On est juste là pour prendre du plaisir… On est tous différents mais on est là pour s’éclater.

Une ambiance qui laisse de la place pour l’impro…

Ouais ! De toute façon, je suis toujours en train de raconter beaucoup de conneries. Il faut juste que je fasse gaffe, parfois je peux parler pendant une demi-heure et raconter de m… ! Après, chaque chose ne se ressemble pas, rien n’est fait au hasard, on a beaucoup travaillé pour tout ça… Mais on se laisse de la place pour faire les couillons, sinon c’est chiant !

Malgré tout, vos textes sont engagés !

Tout à fait. Je pense qu’il est beaucoup plus simple de dire les choses en musique. Il suffit d’être sincère avec tout le monde. Il peut y avoir des moments tristes où l’on peut lâcher une petite larme et des moments où on se lâche. En tout cas, je ne peux pas chanter des titres, être sur scène en racontant des histoires sans y croire, sinon j’arrêterais tout de suite.

Vous deviez être à l’aise avec Tryo lorsque vous faisiez leur première partie ?

Ouais, c’était cool ! En plus, c’est des gens qui sont super gentils, accueillants… Ça faisait bizarre… Tu les as écoutés pendant dix ans quand tu étais plus jeune et là, ils t’ouvrent les bras !

Comment l’Alsacien que vous êtes se fait à la vie parisienne ?

En ne vivant pas à Paris ! Je suis Alsacien, je suis toujours dans mon Alsace par contre, je fais beaucoup d’allers-retours. Je n’ai pas envie de partir de chez moi. J’ai ma famille, j’ai mes potes. J’ai besoin de tout ça pour reprendre de l’énergie pour me sentir bien. Pour moi, Paris c’est pour le travail, et basta. Après, je rentre à la maison et reprends ma petite vie de campagne, je suis très bien comme ça. Mais c’est vrai que c’est complètement fou de faire autant d’allers-retours !

Ces racines, c’est ce qui vous fait garder les pieds sur terre, finalement…

Tout à fait, c’est ça qui me raccroche à la vraie vie, tout simplement. C’est vrai que tu peux péter les plombs. D’un coup, tu es mis sur un piédestal alors que pas du tout, je fais juste de l’accordéon et je chante. Je n’ai pas envie de me prendre la tête avec des trucs, j’ai envie de vivre simplement, pouvoir acheter mon pain normalement, de rester simple. Je suis un petit mec normal !

📷 : Yann Orhan

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