Maxime Govare : Interview

✏️ Yannick VERNINI 8 octobre 2017
Maxime Govare : Interview

« La période Laurence Arné a débuté »

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Comment vous est venue l’idée du profil « d’adulescent » poussé à l’extrême par un Vincent Elbaz s’improvisant en nounou ?

Je n’ai pas encore d’enfant mais des amis qui en ont. Je me retrouve de plus en plus entouré de petites créatures. Du coup, j’ai une vision un peu particulière, un peu théorique des choses. Et il y a ce truc qui m’amusait vraiment, tourner avec des enfants ! Cet univers particuliers avec des petits extraterrestres. Ces créatures un peu étranges et extrêmement attachantes, me fascinaient. J’avais très envie de me confronter à ça.

Comment se sont passés le casting et le tournage ? Les enfants sont incroyables. Ils ont chacun un rôle à part entière…

Absolument ! Les héros du film sont aussi des enfants de 3 ans et demi. Nous avons lancé le casting, avec une directrice spécialisée qui castait, avant, les parents pour vérifier que ce n’étaient pas eux qui poussaient les enfants. Du coup, les parents qui les poussaient trop, même si les enfants étaient super, on les éliminait. On a gardé ceux qui avaient une envie vraiment débordante. On a découvert encore plus leur personnalité durant le tournage. Ils ne jouent pas, « ils sont » ! Les acteurs étaient admiratifs et en même temps, c’était un vrai challenge pour eux, ils devaient être bons à n’importe quel moment. Avec les enfants, on ne sait jamais ce qu’il va se passer ! Parfois, on laissait tourner la caméra durant un quart d’heure.

Comment s’est passée la cohabitation avec Vincent Elbaz ?

Il a été formidable. Il a drivé les enfants, il a été tous les jours sur le plateau avec eux. Ils étaient fascinés, ils avaient l’impression d’avoir un autre enfant avec eux… Un enfant de 1,90 m ! Cet adulte leur parlait de façon telle qu’il s’est créé une connexion. Les enfants ont vu le film la semaine dernière, ils ont sauté dans les bras de Vincent qu’ils n’avaient pas vu depuis quelques mois. C’était vraiment touchant.

Au milieu de tout ça, on a le personnage de Maud, la femme de Vincent Elbaz jouée par Laurence Arné, qui veut un mari plus mature pour une autre vie… Et finalement, on s’aperçoit qu’elle veut être ce qu’elle n’est pas !

Exactement ! C’est un couple contemporain. L’âge auquel l’on fait des enfants a beaucoup reculé. Du coup, ils ont passé 7,8… 10 ans seuls à deux et quand elle se dit que c’est le moment pour elle de faire des enfants, elle réalise que la personne avec laquelle elle vit n’est pas adulte et que l’’on ne fait pas un enfant avec un enfant. L’idée du film était de résoudre quelque chose de simple : on devient adulte le jour où l’on a des enfants, et pas l’inverse, on n’a pas besoin de devenir adulte pour avoir des enfants.

Laurence Arné Photo JEAN-CLAUDE LOTHER

Laurence Arné
Photo JEAN-CLAUDE LOTHER

D’autant que dans leur histoire, c’est « l’adulescent » qui l’inspire et qui l’a amenée là où elle est dans sa carrière, finalement…

C’est ça. C’est, quelque part, un peu sa muse et, en même temps, ils n’ont pas besoin d’être identiques, d’être tous les deux carrés et sérieux. Ils ont juste besoin d’être complémentaires. D’habitude, les personnages évoluent, changent. Là, le personnage de Vincent reste fidèle à lui-même et sa femme se rend compte qu’elle n’a pas besoin de le faire changer, elle l’aime avec ses qualités et ses défauts.

Des qualités et des défauts avec lesquels les seconds rôles entourant le couple doivent composer…

Oui, on a Jean-François Cayrey, qui joue le pote avocat de Vincent, qui est à la fois effrayé et totalement admiratif devant ce type qui est fou mais heureux alors que lui a peur de tout. Le personnage de Grégory Fitoussi est une sorte de sosie de Vincent Elbaz, en version propre sur elle et ennuyeuse. Il est très amoureux mais il n’est pas rock. Pour Laurence, la raison voudrait qu’elle choisisse Greg, mais son cœur opte pour Vincent. C’était important d’avoir des alternatives à son personnage pour montrer à quel point, malgré ses défauts, son personnage est rock et rebelle.

Un personnage envers lequel Grégory fait preuve de patience et de bienveillance… Comme avec ses enfants…

Absolument ! Et on trouvait original plutôt que d’avoir, comme d’habitude, un conflit entre ces deux personnes.

Et on a Jean-François Cayrey face à cet ami vivant la vie qu’il rêve d’avoir…

Oui et au final, tout le monde est un peu jaloux du personnage de Vincent ! Un personnage que les seconds rôles font exister. Après, il était primordial d’avoir une vraie alchimie entre Laurence Arné et Vincent Elbaz, ce qui a été le cas.

Laurence Arné est à la fois drôle et touchante… Elle est superbe et capable de sortir les pires choses !

Elle est formidable ! J’étais avec elle ces jours-ci… Elle a le premier rôle, avec Dany Boon, dans la suite des « Ch’tis », je la regardais et j’avais l’impression d’avoir Cameron Diaz ! Elle est à la fois très drôle et très belle, capable d’être très énergique et sympathique. On peut lui faire dire les pires choses sans qu’elle ait l’air méchante… La période Laurence Arné a débuté !

Vincent Elbaz Photo JEAN-CLAUDE LOTHER

Vincent Elbaz
Photo JEAN-CLAUDE LOTHER

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