Daniel Lavoie – Interview

✏️ Yannick VERNINI 16 mai 2017
Daniel Lavoie – Interview

« J’étais quand même un peu méfiant ! »

Daniel Lavoie reprend son rôle de Frollo dans « Notre-Dame de Paris » qui sera de passage au Zénith de Nancy pour trois représentations.

On vous présente toujours comme « l’historique » interprète de Frollo… Mais vous être toujours présent ! Qu’est-ce qui vous a donné envie de poursuivre l’aventure ?

Beaucoup de raisons différentes, en fait. La première, le plaisir de me retrouver sur une scène à faire du théâtre, je n’en ai pas fait depuis que j’ai quitté la France, depuis que j’ai fait « Le Petit Prince », c’était, je crois, en 2001. J’ai fait 15 ans d’auteur, compositeur, réalisateur… J’ai ralenti beaucoup mes activités, j’ai pris non officiellement un peu ma retraite. J’ai 68 ans, ça fait longtemps que je fais ce métier. La seconde, c’était l’occasion de repartir sur la route, tout simplement. Je ne vous cacherais pas que retrouver ce personnage complexe qu’est Frollo m’a vraiment attiré.

Quasiment 20 après, quelle a été votre réaction lorsque l’on vous l’a proposé ?

Au départ, ma première réaction a été de dire non… Et en y réfléchissant, je me suis aperçu que l’idée m’attirait beaucoup plus que ce que je croyais. C’est certain que je voulais voir avec qui je travaillerais et comment cela allait se passer. La première aventure était remarquable, je ne pensais pas renouveler cette expérience, parce que c’était impossible. On est 20 ans plus tard, tout le monde connaît « Notre-Dame ». Il n’y a plus de surprise, plus cet engouement qu’il y a pu avoir. Mais j’avais le souvenir d’une œuvre qui est drôlement bien construite et très agréable à chanter. Du coup, deux semaines plus tard, j’ai dit oui.

Avez-vous fait évoluer Frollo dans votre manière de le jouer ?

Oui, énormément, même. Ceux qui m’ont vu en premier Frollo et en « Frollo 2 » le disent aussi. Il a vieilli, pris de la fragilité, de l’humanité, aussi. Il est beaucoup moins méchant… Mais plus dérangeant dons son humanité, sa faiblesse, son trouble… Et dans sa folie… Tomber en amour avec une bohémienne est une folie. C’est une bêtise, il le sait et pourtant il plonge. La première fois, je ne le voyais pas comme ça, je le voyais plus en noir et blanc, comme le méchant qui était comme le pivot de toute cette histoire très mélodramatique. Cette fois-ci, je le vois comme nous tous, face à des désirs irrésistibles… C’est ce que j’avais envie de donner à Frollo.

Là, vous avez de nouveaux compagnons de route. Comment se sont passées les répétitions ?

Ça s’est passé à bien des niveaux. D’abord, il y a ces jeunes qui ont grandi avec « Notre-Dame de Paris », qui rêvaient de jouer les personnages. Et puis il y avait moi, qui essayais de ne pas comparer avec les premiers comédiens qui ont joué ces rôles. J’étais quand même un peu méfiant, je ne savais pas avec qui je m’embarquais. Et il s’est passé quelque chose de particulier… J’ai trouvé des jeunes avec beaucoup de talent, qui avaient envie d’être bons, de livrer, d’être à la hauteur de la première équipe. Du coup, tous les jours, tout le monde était à 100 % J’ai vite arrêté de comparer avec la première équipe, j’ai juste de nouveaux équipiers travaillant très fort et qui, finalement, me donnent ce que j’espérais trouver. C’est vraiment une super équipe, le public n’est pas déçu, c’est aussi bon.

Il y a aussi le retour des créateurs, Luc Plamendon et Richard Cocciante, entre autres. Avez-vous fait office de lien entre eux et les nouveaux arrivés, qui ont pu être impressionnés ?

Pas vraiment. Tout le monde se connaissait. Angelo travaille avec Richard depuis des années, Martin a travaillé au Québec avec Luc. Seuls Hiba et Jay ne les connaissaient pas vraiment mais ils se sont rapidement fait à tout ça. Ce sont des grands pros qui ont très vite trouvé leur place.

Comment se sont passées les retrouvailles avec le public ?

Je vais vous dire… Au début, j’ai senti un public méfiant. Qui venait parce qu’il avait un souvenir extraordinaire de quelque chose… Du coup, ils venaient un peu à reculons. Puis ils ont été sous le charme. Notre dernière semaine au Palais des Congrès, à Paris, était sold out. Ça s’est vraiment hyper bien passé… Et ça continue, les réactions continuent à être remarquables dans toutes les villes où l’on passe.

« Notre-Dame de Paris » est la comédie de tous les records… Prêt à les battre ?

Non… Les disques ne se vendent plus comme à cette époque. Je ne pense pas que l’on en vendra autant… Ni personne, d’ailleurs. Même les grandes vedettes vendant des disques partout sur la planète arrivent difficilement à vendre autant. Ce n’est pas mon but… Peut-être celui du producteur ! Moi, c’était de faire un beau spectacle de jouer avec des gens qui avaient envie, comme moi, de faire ça. J’avoue que je m’amuse beaucoup. Je n’étais pas certain de revenir à l’automne, je faisais la tournée de printemps pour voir. Là, c’est à peu près certain que je vais revenir !

📷 : Patrick Carpentier

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