Elie Semoun – Interview

✏️ Yannick VERNINI 17 janvier 2016
Elie Semoun – Interview

©Clémence Demesme

Étoiles

Vous êtes de retour à Nancy, salle Poirel. Quel souvenir en avez-vous ?

Ce sont des bons souvenirs ça ! Déjà, on avait joué dans cette salle avec Dieudo, j’ai un bon souvenir de cette soirée… Je me souviens aussi que c’est pas loin des grands magasins, du Printemps ! Quand on est en tournée, on se balade… À Nancy, je n’ai que des bons souvenirs.

Là, vous revenez avec une nouvelle galerie de personnages avec l’impression que vous avez poussé le curseur encore plus loin !

Oui, ça va beaucoup plus loin que d’habitude. J’ai l’impression d’être encore plus borderline. C’est même sûr, d’ailleurs. Je le vois tous les soirs quand je joue à Paris, je sens que j’ai deux ou trois personnages qui interpellent. Mes copains du show-biz qui viennent me voir me le disent. Je fais notamment un gars qui est atteint de polio et qui drague sur internet. Et il y a peu, Michael Gregorio m’a dit « quand je t’ai vu arriver avec ta béquille, je me suis dit, il n’a pas osé le faire ! » Pareil pour mon djihadiste, mon Front national… Pareil pour plein de personnages, en fait. Je m’amuse comme un fou à dépasser les lignes.

On a parfois le sentiment que ça fait du bien aux gens… Quelque part, vous dites tout haut ce qu’eux n’osent pas dire…

Carrément ! Je crois que c’est un rire libérateur. D’abord avec mon sketch sur le djihadiste. Je sens que c’est un sujet tellement tabou que ça libère. J’ai la sensation que les gens se disent « enfin quelqu’un qui en rigole ». Ça, je le sens très nettement et qu’après avoir fait ce sketch, c’est là que le spectacle démarre vraiment. Ça tombe bien, c’est quasiment au début, comme si j’avais installé un starting-block !

Est-ce qu’après le 13 novembre cela a été compliqué de remonter sur scène pour faire rire avec de tels personnages ?

Oui, ça a été et c’est très compliqué alors que ça ne le devrait pas. C’est fou, en fait. On se pose des questions sur notre art. On se demande si on a bien le droit de faire ça, est-ce que j’ai le droit de rire de ça… On ne devrait même pas se poser la question… C’est compliqué. Encore plus à Paris qu’en Province. On a l’impression que, maintenant, rire avec une salle pleine c’est courageux. Pas du tout. Encore une fois, on ne devrait même pas se poser la question.

On vous a vu aussi à la télé… Un exercice que vous appréciez ?

Ça dépend… J’aime bien quand je le maîtrise. J’ai fait une émission sur D8, dont je suis assez fier, qui s’appelait « L’Effroyable vérité », où j’ai fait semblant de faire un burn-out sur scène pour faire, ensuite, une sorte d’enquête auprès des amis du show-business. Là je me suis vraiment éclaté. Sinon, en général, ça m’emmerde un petit peu mais c’est un passage obligé.

Et le cinéma ?

Je fais plus souvent de la télé que du cinéma, malheureusement. En ce moment, ça ne se bouscule pas vraiment. C’est très spécial pour les gens du cinéma de fantasmer sur un comédien qui fait du one-man-show. Ils se disent qu’il va jouer comme dans les sketchs… Ils ont peur de tout, ils ont besoin d’être rassurés. Il y a de grosses sommes en jeu.

On sait que vous êtes à l’aise lorsque vous partagez la scène. Kev Adams et Gad Elmaleh vont le faire… Est-ce que l’on pourrait vous voir avec Franck Dubosc, avec qui vous avez une belle complicité ?

Oui, pourquoi pas ! Je trouve que l’idée d’un deux-sur- scène est super. Maintenant, il faut que ce soit justifié. Et pas juste par l’argent ! Il faut que ce soit nourri. Si Dieudo avait mis de l’eau dans son vin, là, ce serait logique. Ce n’est pas le cas, je prends ça comme exemple. Donc oui, j’adorerais faire une expérience comme celle-là, bien sûr !

 

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