Étienne Chatiliez – “Tanguy est un psychopathe !”

✏️ Yannick VERNINI 12 mars 2019
Étienne Chatiliez – “Tanguy est un psychopathe !”

Il est venu à l’UGC Ciné-Cité pour présenter, en avant-première, le très attendu « Tanguy, le Retour ». Entretien avec un Etienne Chatiliez en grande forme.

Quelle a été la réaction des comédiens lorsque vous leur avez annoncé votre intention de faire la suite de « Tanguy » ?

André Dussollier était dans la boucle depuis le début. C’était une envie de producteurs, que je ne connaissais pas, qui m’ont appelé par l’intermédiaire d’André. Ils avaient envie de revoir les personnages de « Tanguy ». André a appelé Sabine (Azéma) et moi, Eric (Berger), tout le monde était partant. Je leur ai rapidement raconté l’histoire puis je leur ai donné le scénario. Du coup, ils étaient impliqués depuis le début.

Aviez-vous cette suite en tête depuis longtemps ?

Non, pas du tout. Je n’y avais jamais pensé. C’est Jérôme Corcos et Antoine Pezet qui m’ont appelé en me disant qu’ils aimeraient bien revoir le personnage. En même temps, c’est très casse-gueule. J’ai réfléchi puis j’ai vite trouvé une histoire et on s’est mis au travail avec Laurent Chouchan, le scénariste.

Tanguy a, finalement, grandi… Et pour ceux qui n’auraient pas vu le premier volet, on comprend ce qui s’est passé. Était-ce une volonté de votre part ?

Oui, j’ai cette impression mais on n’y a pas pensé en l’écrivant. Si on ne l’a pas vu, on connaît le thème. Un enfant restant très longtemps chez ses parents. C’est devenu un terme générique des jeunes qui restent tard chez leurs parents. Et on sait que Tanguy est une tête à claques et un enfoiré, sans avoir vu le premier !

Une tête à claques vivant son premier chagrin d’amour, papa d’une fille, Zhu qui est, finalement, la plus adulte des deux !

Tout à fait, on est dans la continuité de la fin du premier, où il a réussi à faire en Chine ce qu’il n’était pas arrivé à faire en France : marié, sa femme était enceinte et ils vivaient dans la famille de sa femme avec parents et grands-parents.

Avez-vous conscience d’avoir fait d’un prénom un nom commun ?

Oui mais c’est un peu une confusion, en fait. Si les jeunes restent chez leurs parents, c’est par manque de moyens, la raison est avant tout économique. Or, Tanguy n’a aucun problème d’argent. C’est vraiment une pathologie qui lui est propre. Tanguy est un psychopathe ! Il est bizarre et étrange comme garçon !

Du côté des parents, on retrouve une Sabine Azéma d’abord maternelle puis rapidement agacée et un André Dussollier avec le recul que peut avoir un père…

Les pères ont toujours un peu de distance, oui. Les hommes et les femmes ne réagissent pas de la même façon. Là, ils mettent du temps à se rendre compte qu’ils sont en train de se faire rouler dans la farine. Ça fait 16 ans qu’ils sont peinards, ils mordent dans la vie à pleines dents, ils vont très bien ! Et tout s’arrête avec l’arrivée de l’enfoiré. Ce que vous disiez par rapport à Zhu est vrai, elle materne son père et gère la séparation. Elle est très adulte et sait qui il est. Elle est un peu comme lui, un doux mélange : d’un point de vue intellectuel, elle est en avance à tous points de vue, et elle a la folie de sa mère qui s’est barrée du jour en lendemain.

Dans le film, Tanguy converse en chinois. Eric Berger a-t-il été doublé ?

Non, c’est lui qui parle mais il a eu un coach durant deux mois. Ce coup-ci, il a eu beaucoup de chinois dans son texte. Dans le premier, il avait à la fois du japonais et du chinois et là, il m’a demandé est-ce qu’il y a du japonais aussi dans celui-là  ? Je lui ai dit non que chinois  ! Phonétiquement, le chinois est plus compliqué à apprendre que le japonais. Il a bien ramé le pauvre garçon !

On remarque également que les parents trouvent refuge au fond d’une bonne bouteille de bordeaux !

Paul a une petite tendance à taper au pichet, comme on dit. Il est d’ailleurs réprimandé par Édith ! En fait, c’est un film d’horreur, c’est pour ça que ça s’appelle « Tanguy, le Retour » ! C’est épouvantable ce qu’il arrive à ces pauvres parents. Au départ, ils sont deux, dans un bel endroit tranquille et finissent à neuf !

Pour conclure, sans dévoiler la fin, on se dit qu’un troisième volet pourrait voir le jour…

Moi-même, je n’en sais rien. Ce n’est pas pensé dans ce sens, on verra comment ça se passe avec celui-là. Je ne savais déjà pas que j’en ferais un deuxième !

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