FEDER – INTERVIEW

✏️ Yannick VERNINI 24 mars 2018
FEDER – INTERVIEW

Interview d’Hadrien Federiconi, aka Feder, le nouveau pape de l’électro française.

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Tu seras en concert à Nancy samedi, tu confirmes une chose : les artistes ne sont pas juste des phénomènes de passage, ils s’inscrivent dans la durée…

Je l’espère, c’est ce pour quoi je me bats, créer une carrière sur du long terme. J’essaie de prendre du recul à chaque fois en me demandant si je suis sur le bon chemin, si j’en serais fier plus tard… C’est une méthode de fonctionnement, c’est dans mon éducation, où tu es fier de ce que tu fais.

D’autant qu’il y a une particularité avec l’électro, lorsqu’un gros succès arrive, il est souvent planétaire…

Ce phénomène est vrai. Quand tu fais une musique, tu la postes sur le net, les blogs viennent t’aider et un buzz se met en place. Et si ta musique est dansante, les DJ arrivent et ils vont la passer parce qu’ils aiment sortir de nouveaux sons. Du coup, ça communique hyper rapidement, ces canaux ont besoin de contenu. Les radios et les labels suivent. C’est rapide et ça donne de la puissance à l’artiste… Le plus dur est de confirmer après et de durer, quatre titres dans une année ne confirment pas une carrière.

Un des secrets de cette longévité n’est-elle pas de partir en tournée comme tu le fais ?

Oui et surtout, ça nous permet de proposer quelque chose de différent. L’an dernier, j’étais sur des DJSet améliorés avec, notamment, un contenu vidéo. Cette année, il y a plus d’instruments, un show visuel plus travaillé, des chanteurs qui me suivent… Je pense que, pour moi comme pour les fans, il est important de proposer du nouveau. Je veux être juge de moi-même, sans trop, non plus, me torturer la tête. Simplement, je me demande toujours si ce que je fais me plairait en tant que fan. Je ne pars surtout pas du principe que les fans peuvent se contenter de moins.

L’électro se fait également une jolie place dans des festivals comme le Nancy Jazz Pulsations… Comme la belle surprise Gramatik en 2017…

C’est clair et quand tu compares un groupe de rock avec cinq musiciens se donnant à fond sur scène et un petit gars de l’électro avec ses machines, au préalable, tu te dis que c’est une escroquerie ! En fait, les gens ne se rendent pas compte que, pour une personne, l’électro c’est énormément de travail. On prépare des choses en amont que l’on doit ressortir d’une façon différente sur scène. C’est un travail monstre. Quand tu me dis que Gramatik a été une belle surprise du festival, ça veut dire que vous êtes ouverts ! Je suis content de voir ça.

Comment fonctionnes-tu lorsque tu composes ?

J’essaie de me tenir au courant de ce qui se passe à l’étranger, c’est une bonne étude à faire et ça te permet de ne pas être à la rue. Après, dans la compo, j’arrive difficilement à m’inspirer ou à prendre des autres. Je suis un peu un geek. En studio, je vais tester plein de sons, découvrir de nouvelles sonorités qui n’ont pas été vues… Puis je vais beaucoup me prendre la tête sur le groove d’une rythmique comme sur la recherche d’une voix… Puis vient le live où il faut qu’il y ait une histoire, une logique entre les musiques… Tout se fait en amont. Pour L’Olympia, j’ai mis un mois pour retravailler chaque élément puis pour voir avec les équipes comment on pouvait transformer ça en images.

Que vas-tu proposer à Nancy ?

Ce sera un show électronique et visuel, basé sur moi avec des instruments et des chanteurs, sur la lumière, sur des vidéos travaillées au cordeau… Après, je ne suis pas le premier à le faire ni le dernier. Je propose mon univers… C’est ça, Feder.

Lorsque tu crées ces shows, y-a-t-il des morceaux pour lesquels un interprète s’impose ?

Oui, c’est clair. Si je pouvais, en tournée, je ferais venir tout le monde sur scène ! Ils posent une ambiance, une belle énergie, interagissent avec le public. A Nancy, on aura Ana Zimmer notamment. Et un morceau comme « Goodbye », j’ai voulu le remixer. Il est tellement passé, je l’ai tellement travaillé, que je veux proposer autre chose, sans chanteur.

Pour conclure, qu’as-tu ressenti lorsqu’on t’a contacté pour le festival Tomorrowland en 2015 ?

C’est une belle reconnaissance… Une distinction dans le monde de l’électro. Le fait de voir que je suis apprécié dans d’autres pays, car Tomorrowland, ce n’est pas que la Belgique, les gens viennent de tous les pays, c’est quelque chose dont je suis très fier. C’est très dur de se faire connaître à l’étranger. Ces choses-là font que je serai toujours honoré d’aller jouer à Tomorrowland et de proposer quelque chose qui soit à mon image.

📷 : Rankin

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