Florent Pagny – Chronique

✏️ Yannick VERNINI 9 mai 2016
Florent Pagny – Chronique

 

Avec son dernier album, l amoureux ’ des grands espaces nous fait voyager en mettant le cap sur l’île de Fidel Castro.

Même si le retour à une certaine normalité des relations américano-cubaines a braqué les projecteurs sur l’île, celle-ci a toujours été connue pour sa musique. Mais aussi pour l’amour que lui portent ses habitants, faisant de Compay Segundo une idole nationale, ou encore pour ses festivals underground attirant les metalleux de la planète.

Observant Cuba depuis Miami, où il résidait, Florent Pagny a été témoin des bouleversements qui ont secoué l’île de Fidel Castro. L’idée d’un album aux sonorités cubaines faisait son chemin… Dans le même temps, les Cubains de Floride savouraient cette liberté retrouvée leur donnant le droit de rentrer au pays, retrouver leurs racines. L’embargo levé, l’envie de concevoir, avec un ami de longue date, se confirmait… Raùl Paz était tout naturellement désigné, lui qui est retourné vivre à La Havane en 2010, militant pour l’ouverture de Cuba au monde. Comme Florent Pagny, l’artiste cubain passe, avec une grande facilité, de la variété à la pop et au rock latino. Les deux esprits libres se sont ainsi unis pour donner vie à « Habana » sorti le 29 avril, écrit et composé par Raùl Paz.

Cet opus de dix titres réchauffe les cœurs durant plus de quarante minutes de mélodies chaleureuses, s’écoutant d’une traite, accompagné d’un de ces rhums raffinés et d’un Cohiba se consumant lentement sur le crépitement d’un vinyle lançant « Dònde va la Vida » avant que « Viviré » et « Volver a Cantar » ne fassent défiler ces photos qui garnissent les carnets de voyages cubains. Les légendaires Buick américaines surgissent, la fête s’invite avec un Florent Pagny plus que jamais à l’aise avec sa langue d’adoption, fier de lui rendre cet hommage, comme pour la remercier de tout ce qu’elle a pu lui apporter. « Habana » et « Agua Salada » enfoncent le clou et les cuivres subliment « Voz de Bolero »… Quant au duo « Dònde Estàn », interprété, évidemment, avec l’ami Raùl, il apparaît comme une évidence dans cette virée cubaine qui prend fin sur « Mais où s’en va la vie »… Cette vie qui « souffle sur les âmes, celle qui a construit chaque homme et chaque femme »… « Une vie souvent rêvée, quelquefois inventée », que les Cubains peuvent, désormais, espérer vivre, tout simplement, en étant tournés vers l’avenir… Une belle lueur d’espoir portée par un Florent Pagny apaisé, signant là un pacte avec ce futur qui s’annonce meilleur.

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