FRANCK DUBOSC – INTERVIEW

✏️ Yannick VERNINI 21 février 2018
FRANCK DUBOSC – INTERVIEW

Vous avez écrit et réalisé « Tout le Monde de bout » dans lequel vous jouez. Depuis quand cette idée vous trotte-t-elle dans la tête ?

En fait, l’idée de réaliser un film remonte à loin. Et la décision de le faire est venue quand j’ai fini d’écrire celui-ci. Quant à l’idée, elle m’est venue il y a 3-4 ans, une idée flash ! Puis, peu à peu, à force de cogiter, de prendre des notes, je me suis mis à l’écrire il y a deux ans. Et en l’écrivant, je me suis dit « on me demande toujours si je veux réaliser ». Au final, une fois écrit, je me suis dit que ce serait celui-ci ! Je voulais être celui qui allait le réaliser. Et jouer dedans, c’était encore une autre question. Toutes les questions sont venues au fur et à mesure mais au départ, je me suis juste dit « je vais en être le scénariste ».

On a surtout l’impression qu’il n’y a que vous qui pouviez le réaliser… ce film vous ressemble vraiment !

C’est ça, oui. Tous les gens qui me connaissent très bien, en sortant du film, m’ont dit « c’est marrant, il te ressemble… »

Aviez-vous déjà le casting en tête ? Notamment Alexandra Lamy qui rayonne tout au long du film…

Non et quand est venu le moment du casting, je cherchais une femme de 40 ans, belle, que les gens aiment, pétillante, solaire, drôle et émouvante… Du coup, il ne restait plus beaucoup d’actrices. Alexandra, et encore plus dans le film, était vraiment celle qui « regroupait » tous les paramètres. Surtout, elle est de ma « famille ». On ne se connaissait pas mieux que ça mais elle en faisait partie. Je ne voulais pas trahir ce que je suis, ce que j’aime en allant chercher une actrice que l’on voit plutôt aux Césars ou à Cannes même si Alexandra le mérite !

Son personnage agit comme un révélateur sur Jocelyn…

Oui… Je me suis toujours dit « un séducteur, menteur, un homme à femmes… Qu’est ce qui peut l’arrêter à part son opposé »… Il lui faut un mur. Une grosse différence de personnalité peut faire cela et là, elle est aussi physique. C’est toujours un arrêt brutal pour un homme. Je le sais… Je me souviens, je suis un homme marié maintenant, mais je me demandais toujours « quelle est la fille qui va m’arrêter » ? Il faudrait qu’elle soit très différente des autres. Là, tout à coup, il a du mal à se l’avouer à lui-même mais oui, elle lui montre que regarder les autres avant de se regarder soi est ce qu’il y a de plus important.

Vous évoquiez votre « famille », on retrouve également un incroyable Gérard Darmon…

C’est le premier que j’ai eu en tête. C’est pour ça, d’ailleurs, que j’ai vu le personnage un peu plus âgé. Je ne voulais pas d’un copain de mon âge, j’en voulais un remplaçant le père, qui peut donner des conseils et qu’on est presque obligé d’écouter. J’ai pratiquement écrit le rôle pour lui.

Vous parlez du père, on ne peut pas ne pas parler de Claude Brasseur !

Claude m’a fait ce cadeau de jouer mon père. Je lui ai dit, quand je l’ai appelé, que je voulais être entouré de gens qui ont fait un peu ce que je suis aujourd’hui. Forcément, Claude, si on parle de famille, c’est vraiment comme un père !

Pour revenir à Alexandra Lamy, on la voit jouer au tennis en fauteuil, jouer dans un orchestre… Elle a relevé un sacré défi…

Sur le terrain de tennis, c’est elle tout le temps et pour l’orchestre, elle a travaillé le violon mais ce n’est, effectivement, pas tout le temps elle. Elle s’est entraînée avec sa chaise chez elle… En fait, elle a tout fait en même temps et trois mois avant, elle était complètement investie, à s’entraîner au violon, au tennis, debout, assise et à rouler avec sa chaise…

Et pour vous, comme cela s’est-il passé ?

Des amis réalisateurs m’ont donné beaucoup de conseils très utiles. Tout le monde a été très bienveillant. J’ai vécu chaque jour l’un après l’autre. C’est moins fatigant que de viser le bout. Je me suis dédoublé, il y avait le réalisateur et l’acteur… C’est-à-dire que l’acteur est celui qui se fait servir, le réalisateur celui qui sert… Le réalisateur roule dans le bus, l’acteur dans la Mercedes… Il fallait faire les deux !

Pour revenir au thème, c’est aussi un film qui ose poser les questions sur le handicap franchement, comme dans la scène après le match de tennis…

Certaines personnes m’ont dit « cette scène-là c’est quand même difficile »… J’ai dit non… On se pose tous les questions et on veut tous ces réponses. C’était important que les gens comprennent que ce personnage fait quelque chose qui, en même temps lui fait peur et le fascine. S’il se pose des questions, c’est que ça l’intéresse. Je trouvais que c’était très important de l’avoir…

Pour l’anecdote, est-ce que la scène où vous êtes à quatre pattes dans le cabinet de Gérard Darmon a été tournée en une prise ?

Non ! Il était à la fenêtre et à chaque fois qu’il se retournait, il explosait de rire !

Sans dévoiler la fin, l’aviez-vous imaginé ainsi ?

Qu’elle vienne me rejoindre et que je monte sur sa chaise, je l’avais dès le début. Maintenant, cette fin-là, au départ, est plus longue. Il y a une fin moins émouvante et plus comédie, c’est pour ça que je me suis arrêté là.

 

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