Hans Kullock le chevalier musical

✏️ Yannick VERNINI 16 décembre 2016
Hans Kullock le chevalier musical

Étoiles

Co-fondateur du CMCN et de la Music Academy International, il a été fait chevalier des Arts et des Lettres pour l’ensemble de son œuvre.

Fils de musicien… Père de musicien… Rien y fait, il a ça dans la peau. Pas pour rien qu’Hans Kullock a reçu dernièrement la médaille de chevalier des Arts et des Lettres. Une consécration pour cet Allemand à la crinière grisonnante, né en 1947 à Bad Neustadt-Saales, qui a consacré sa vie à la musique. Et pour cause. Musicien professionnel 17 ans, le bassiste a suivi ses études en Allemagne et aux Etats-Unis. Il joue dans plusieurs groupes et accompagne des vedettes germaniques « qui sont mortes maintenant ! » ajoute le plus nancéien des Allemands qui a fini par poser ses valises en France en 1971, année où il rencontre celle qui deviendra son épouse. On le retrouve alors à la MJC Lillebonne. « C’était vraiment un centre névralgique culturel. Il y avait CharlElie Couture pour la musique, Francis Kuntz – Kafka dans Groland – pour le dessin et moi, je faisais du studio avec des musiciens… C’était l’époque punk », se souvient ce grand gaillard taillé dans la roche et qui a conservé une pointe d’accent. C’est là qu’un constat s’est imposé à lui. « Avec le courant punk, il y avait beaucoup d’énergie mais ils avaient du mal à trouver un endroit pour travailler. J’ai écrit un ouvrage sur l’enseignement de la musique et dans la foulée, on a ouvert, avec le batteur Richard-Paul Morellini rejoints, un peu plus tard, par Jean-Pierre « Barney » Douche, actuel PDG de la MAI, le CMCN, Centre musical créatif de Nancy, en 1982… » Une première en France, d’autant que l’école intègre également le jazz et les musiques actuelles. Mais l’aventure prendra fin en 1996. Après une année sabbatique passée à Los Angeles, avec ses complices, il fonde la Music Academy International. « Je me suis inspiré de deux écoles américaines. On a appliqué la recette mais mise à la sauce latine, le style US n’est pas transposable en France. » Depuis, la MAI, véritable usine à talents, poursuit sa route. Hans Kullock lui, a pris sa retraite. « A un moment donné, lorsque l’écart d’âge entre l’enseignant et les élèves est trop important, il faut arrêter… » Un regret ? « Je voulais aller plus loin dans les partenariats avec seize écoles du monde, notamment celle de Paul Mc Cartney, à Liverpool, et créer une sorte d’université des musiques actuelles. Malheureusement, je n’ai pas pu aller au bout. » Les musiques actuelles, justement, quel regard pose-t-il sur le paysage musical français ? « Maintenant, les jeunes ne veulent plus devenir musiciens, ils veulent devenir stars ! Une émission comme The Voice est plutôt de bonne qualité mais on voit qu’il est compliqué de s’installer sur la durée. Pour qu’un chêne pousse, il faut des années… C’est pareil pour les musiciens. Mais là, on ne fait plus de chênes, mais plutôt des roseaux ! » Des projets malgré tout ? « Dans quelques jours, j’ai un immense projet qui va enfin sortir. A savoir vingt-quatre albums accompagnés d’un livre de 330 pages. Ça raconte une journée de vie… Un disque, une heure. On retrouvera ainsi 243 morceaux… Des créations originales. Je suis revenu à mes premières amours ! » Une concrétisation pour le roc allemand qui s’est donc vu décerner, à Nancy, la médaille de chevalier des Arts et des Lettres, pour l’ensemble de son œuvre. « Je suis fier… Je suis vraiment rempli de fierté ! A mon âge c’est plutôt la carte vermeil que l’on reçoit ! »

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