Holiday on ice – Interview

✏️ Yannick VERNINI 14 mai 2017
Holiday on ice – Interview

« Il y a beaucoup moins de stress »

Entretien avec Yannick Bonheur, quintuple champion de France de patinage artistique en couple. Il est le seul patineur français sur Holiday on Ice qui fait étape à Nancy mardi et mercredi.

A l’image d’autres patineurs, vous êtes passé du sport au spectacle. Qu’est-ce qui vous a décidé à basculer ?

Déjà, il y a 15 ans, j’ai vu un spectacle d’Holiday on Ice. Là, je me suis dit, tiens, après ma carrière, les compétitions, j’aimerais bien intégrer la troupe. J’ai arrêté la compétition en 2011, fait quelques shows, dont le Lido à Paris et à travers le monde. Cette année, avec ma partenaire Annette Dytrt, on nous a proposé d’intégrer le spectacle.

Les chiffres se rapportant à Holiday on Ice donnent le vertige… Notamment ses 400 millions spectateurs !

C’est vrai que cela fait 73 ans que la machine tourne. Pour un show comme « Time » – celui de cette année – la préparation s’est faite aux Pays-Bas. Six semaines pour mettre le spectacle en route, trois cents costumes, on est une quarantaine de patineurs… C’est tout un groupe qui débute une tournée de trois mois en Allemagne avant d’arriver en France, à Paris, puis en Province.

Un show moderne s’appuyant, notamment, sur une bande-son avec Coldplay, Ellie Goulding ou encore Britney Spears… Des musiques qui plaisent aux patineurs…

C’est parfait ! Ce sont des musiques actuelles que le public reconnaît. D’entrée, on a envie de suivre ce qu’il se passe sur la glace. Pour nous, c’est un plaisir de pouvoir patiner sur ce style musique, ce n’est jamais arrivé auparavant sur Holiday on Ice. De plus, le jeu de lumière est vraiment impressionnant, c’est un show très moderne.

Vous étiez donc sportif de haut niveau, vous avez d’ailleurs participé aux Jeux Olympiques en 2006 et 2010. Vous êtes maintenant dans le spectacle. Les deux ont des exigences assez dures… Avez-vous trouvé des similitudes entre ces deux mondes ?

Il y en a, oui. Il faut toujours s’entraîner, ne jamais relâcher. On ne peut pas arriver sur un tel show sans être préparé. C’est deux à trois heures d’entraînement par jour. En revanche, il y a moins de stress. En compétition, on est jugé par des juges… Là, c’est le public qui nous juge ! Il est souvent plus conciliant, il vient se divertir. De notre côté, il y a beaucoup moins de stress, on s’amuse plus, l’ambiance est plus cool !

La troupe regroupe de nombreuses nationalités. La communication entre les patineurs est-elle facile ?

Ça se passe bien. Cette diversité fait que chaque personne apporte un peu de sa culture, c’est très enrichissant. Pour communiquer, au fil des ans, on a pris l’habitude de parler en anglais. Et là, de revenir en tournée en France me fait plaisir. On est un bon groupe, on est tous contents de faire le show.

Un show dans lequel vous patinez avec Annette Dytrt, une patineuse que vous connaissez bien…

Oui, cela fait une quinzaine d’années que l’on se connaît. On s’est rencontré sur les compétitions internationales. Je patinais en couple, elle, en solo. On se croisait, c’était juste des échanges de politesse. Puis j’ai arrêté la compétition, j’ai contacté Annette un an après avoir débuté le show et pour lui demander de faire un bout de chemin avec moi.

Avez-vous eu du mal à la convaincre ? La machine est impressionnante…

C’était un défi parce qu’elle est partie de rien. Elle a dû apprendre la discipline de couple, où les portés sont impressionnants et où sa vie peut être en jeu… Elle a tout de suite adhéré ! Elle a accepté. Elle s’y est mise rapidement… Je ne lui ai pas laissé le choix non plus ! Au début, elle a quasiment dû tout apprendre en trois semaines ! Elle a foncé, ça a tout de suite fonctionné.

« Time » est un spectacle sur le temps qui passe… Où vous voyez-vous après Holiday on Ice ?

J’espère rester encore quelques années dans le patinage et faire des shows pendant trois-quatre ans maximum. Après, j’aimerais bien revenir dans le monde du sport, entraîner les couples, m’investir dans la discipline aux côtés de la fédération.

📷 : Olivier Brajon

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