Gaëtan Roussel – “Différent, en restant moi-même “

✏️ Yannick VERNINI 20 novembre 2018
Gaëtan Roussel – “Différent, en restant moi-même “

Après une tournée avec Louise Attaque en 2016, entretien avec Gaëtan Roussel qui revient en solo avec son album « Trafic ». Il sera à L’Autre Canal le 22.

Vous êtes de retour à L’Autre Canal, une salle que vous connaissez bien avec un public qui répond présent !

Oui, j’y ai fait pas mal de concerts. Elle est super, on y a joué tôt avec mes camarades de Louise Attaque sur la première tournée. J’ai des bons souvenirs de ces premiers moments, où la jauge est belle, les gens viennent jusqu’à vous parce qu’ils s’intéressent à votre travail. À Nancy, j’ai beaucoup de beaux souvenirs de partage. Je suis hypercontent de revenir.

Là, après la tournée de Louise Attaque, c’est votre dernier album, « Trafic », que vous allez partager avec ce public… Vous n’arrêtez jamais !

J’adore le mouvement ! J’ai peut-être une angoisse de tourner en rond et puis c’est parce que j’ai la chance de faire de super rencontres. Il y a deux ans, avec Louise Attaque, cela faisait 10 ans qu’on n’avait rien fait, on a fait un long tour de table. Ce qui a changé pas mal de chose pour nous, notamment l’architecture du groupe. Nous sommes trois désormais. Et pendant qu’on faisait Louise Attaque, je me suis mis à travailler avec Rachida Brakni sur le projet Lady Sir… Une rencontre en amène une autre, un projet peut en nourrir un autre.

Si cet opus porte clairement la patte Gaëtan Roussel, on sent également qu’il a été nourri de rencontres et surtout d’observations…

Tout à fait ! Je ne pense pas être le seul, on fonctionne beaucoup comme ça. J’essaie de transposer, dans ma musique et dans mes textes, la sensibilité que je peux avoir par rapport aux choses qui nous entourent. C’est l’observation mais aussi les voyages qui me nourrissent mais aussi l’humain, car j’ai travaillé avec des personnes avec lesquelles je n’avais jamais travaillé, ça déstabilise… Si on accepte d’être perméable et d’être bousculé, sans perdre son cap, c’est là que ça devient intéressant. J’essaie de faire différent à chaque projet tout en restant moi-même.

C’est vrai que le premier single « Hope » apporte cet équilibre entre ce que vous êtes et ces nouveaux horizons. Il résume assez bien l’album, d’ailleurs…

Oui, ça résume ce que j’ai voulu faire dans ce disque avec un sujet assez sombre – la maladie d’Alzheimer – abordé avec une musique solaire. Je voulais que l’un soutienne l’autre. J’ai essayé de le faire plusieurs fois dans cet album, je chante mes peurs mais avec beaucoup d’enthousiasme, ce qui est complètement paradoxal. Ça donne un sens à ce que je voulais dire. « Hope » est, en effet, représentatif de tout ça, de ces oppositions. J’avais ça en tête.

Votre rencontre avec Alain Bashung est un des événements marquants de votre carrière. Vous influence-t-il ?

Bien sûr ! Mais tout en restant à ma place, évidemment. Quand je dis qu’il y a un avant et un après Bashung c’est parce qu’avant, je ne connaissais que la condition de groupe, que ce contexte avec mes camarades de Louise Attaque. Sa rencontre m’a ouvert au travail pour les autres.

À l’époque, je ne rongeais pas mon frein pour faire une carrière solo et je n’avais jamais écrit pour d’autres. Je me suis alors ouvert à tout ça, cela a beaucoup changé ma manière de vivre, de faire la musique et d’écrire des mots… J’ai appris plein de choses, comme s’il avait laissé des petites clefs. On s’aperçoit qu’il y a plein de choses qui influent alors que l’on ne s’est pas rendu compte qu’on les avait apprises. C’est ça qui reste !

Vous voilà donc de retour sur scène, en solo. Comment se passent les retrouvailles avec ce public qui vous a toujours suivi ?

C’est super ! On vient de faire trois dates : La Rochelle et Toulouse et Clermont-Ferrand. Sincèrement, ce n’était que du bonheur. On a beaucoup bossé pour construire un set où, pour la première fois, je m’autorise à jouer dix titres sur les onze de l’album, je joue différentes choses de mes deux autres opus solo et je me permets de jouer des reprises, de regarder ce que j’ai pu faire avec mes camarades de Louise Attaque.

Le set est représentatif de ce que je suis et de tout ce que j’ai fait et ce que je veux faire. Ces premières dates étaient, sincèrement, touchantes.

On vous sent plus que jamais heureux et libre… Que vous n’avez jamais pris autant de plaisir sur scène.

C’est vrai ! Je suis complètement d’accord avec ça ! Je défends ce disque me permettant de regarder sereinement dans le rétroviseur pour aller de l’avant.

Crédits Photos : Alexandre Marchi

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