Dominique Farrugia – Interview

✏️ Yannick VERNINI 13 mai 2017
Dominique Farrugia – Interview

« C’est vrai que j’ai la trouille »

La question que l’on a dû vous poser mille fois, comment vous est venue l’idée de faire un film sur un couple divorcé vivant sous le même toit ?

Ça part d’un article paru dans Libération qu’un collaborateur m’a fait lire il y a cinq ans environ et on s’est dit que ça pouvait être une bonne comédie. Je l’ai fait un peu dormir puis je suis reparti dessus.

Un film dans lequel vous mettez en scène la fête de divorce. Où avez-vous été chercher cette idée ?

C’est très à la mode en ce moment. Des français adorent fêter leur divorce ! Et la mariée qui tient la tête du marié, on l’a trouvé sur internet. Ça nous arrive des Etats-Unis… Comme d’habitude, toutes les bonnes idées viennent des Etats-Unis ! Moi, je trouve ça terrible de fêter son divorce, ça existe vraiment, on l’a pas inventé.

On s’aperçoit également que les enfants sont oubliés par leurs parents et trinquent en silence…

C’est le souvent le quotidien d’enfants qui sont au milieu de parents qui ont divorcé et qui continuent à se crier dessus. Les enfants sont alors une balle de ping-pong entre les parents. Là, ils sont, à fortiori, au centre de l’action puisque tout se passe dans la même maison. Ils sont oubliés et les parents s’aperçoivent que s’en est trop lorsque les enfants décident de quitter la maison jusqu’à ce que tout soit réglé.

Finalement, les enfants ne sont-ils pas plus matures que leurs parents ?

Si, c’est volontaire… C’est la jeune fille de 13 ans qui leur dit « Devenez adulte, merde ! »

Vous abordez également le harcèlement scolaire, dont est victime le garçon du couple. On se dit d’ailleurs que l’on a évité le pire. Est-ce un thème que vous vouliez aborder ?

Avec Laurent Turner, le co-auteur du film, on avait effectivement envie de parler de harcèlement. Cela faisait partie d’une scène qu’on avait envie de traiter. Ensuite, ce qui est intéressant dans le film, c’est là le début du réveil des parents s’apercevant qu’ils ne s’occupent plus de leurs enfants. Le harcèlement peut malheureusement arriver à tous les enfants, même si l’on s’occupe beaucoup d’eux.

Des gamins qui, parallèlement à toutes ces aventures, ne profitent pas des « bons côtés » du divorce…

C’est les parents qui les en privent ! C’est ce que la petite dit en expliquant qu’elle a une copine qui a doublé son argent en ayant 11 de moyenne ! Mais là, c’est l’histoire du film, tout le monde est sous le même toit, tout le monde est logé à la même enseigne.

Comment avez-vous bâti votre casting avec notamment Louise Bourgoin et Gilles Lellouche ?

J’avais envie de travailler avec Gilles depuis longtemps, on s’était loupé sur un film. On s’est retrouvé là, on était content. Et Louise est arrivée très vite comme une évidence. J’avais peur qu’elle dise non parce qu’elle n’avait pas fait de comédie depuis longtemps. Elle a eu la gentillesse d’accepter très facilement… Et moi, je me retrouve avec ce très joli casting.

Un casting où les « seconds rôles », avec Marilou Berry et Manu Payet, entre autres, qui complètent cette belle palette… Ont-ils été faciles à convaincre ?

Oui, ils avaient envie… Très honnêtement, je ne leur ai pas mis un révolver dans le dos pour qu’ils viennent. Ils sont venus d’eux-mêmes parce qu’ils avaient envie de jouer ces rôles-là et de faire partie de cette aventure.

Avez-vous des acteurs avec lesquels vous aimeriez travailler ?

Plein ! Bien entendu. J’aimerais travailler avec Vincent Cassel, Jean Dujardin… Avec Omar Sy parce qu’on se connait des années et que l’on n’a jamais réussi à trouver quelque chose pour tous les deux… Je vous cite ceux-là mais il y en a plein d’autres !

Avec votre expérience, a-t-on encore le trac avant la sortie d’un film ?

Bien sûr ! C’est plus de deux ans de travail. On va à Gérardmer, puis à Nancy et Ludres, on revient de Lille, on sera à Genève vendredi et au Mans lundi… On fait tout pour aller à la rencontre du public et présenter le film. C’est vrai que j’ai la trouille et j’aurai la trouille jusqu’au mercredi soir de la sortie.

C’est une bonne trouille…

Il n’y a pas de bonne trouille pour moi !

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