Jacques Weber – “J’ai eu des expériences très belles à Nancy”

✏️ Yannick VERNINI 18 avril 2018
Jacques Weber – “J’ai eu des expériences très belles à Nancy”

Il sera au Hall du Livre pour un entretien présentant son dernier ouvrage.

Après avoir porté Gustave Flaubert sur scène, vous venez présenter votre dernier ouvrage consacré à sa correspondance… Flaubert, un auteur qui, décidément, vous passionne !

C’est un auteur que j’ai découvert en deux temps. Le premier, comme tout le monde, en classe, au lycée. Et beaucoup plus tard, un camarade me dit « connais-tu la correspondance de Flaubert » ? A l’époque, on ne la connaissait pas très bien, elle n’était pas encore sortie en Pléiade. Et il me dit « c’est pile pour toi »… Je l’ai lue et je suis tombé totalement ébaubi, abasourdi. Le Flaubert de la correspondance n’a rien à voir avec celui de Bovary… De celui qu’on nous a enseigné. C’est une écriture d’un seul coup, qui se lâche, compulsive, épidermique, éructante, orgiaque, de mauvaise foi, colérique, poétique… Il y a tout ! Il se dit qu’il pensait que ce ne serait jamais lu. Maxime Du Camp n’a pas voulu que l’on se prive de ce chef-d’œuvre. On connaît sa correspondance avec George Sand, mais c’est aussi celle avec sa nièce, sa maîtresse, Maupassant… On a un homme qui mène des combats à tort et à travers, mais qui conclut toujours par une immense tendresse. Il y a ce grand ennemi qu’il veut combattre, la sottise, qui est finalement le « penser bourgeois », d’où le titre « Vivre en bourgeois, penser en demi-dieu »…

Quelque part, vous êtes Flaubert !

Flaubert, je ne sais pas ! En tout cas, en écrivant, j’ai essayé de trouver ce chemin qui existe entre l’homme qui écrit et le sujet qu’il traite, entre l’homme qui lit et le bouquin qu’il découvre, entre l’acteur que je suis et le personnage que j’avais déjà joué. Forcément, il en naît un autre… Un Jacques Flaubert ou un Gustave Weber !

L’œuvre est immense, combien de temps vous a-t-il fallu pour mettre en forme cette adaptation ?

Les choix sont impressionnistes, par coups de foudre. Je ne suis pas spécialiste des biographies, ce n’est pas du tout mon métier. Mais il ne m’a pas fallu tant de temps que ça, je me suis laissé guider par le plaisir d’aller revisiter la correspondance, d’aller revoir comment je l’avais jouée… En faisant ce voyage, je tombais sur ma propre vie. Les ricochets qu’il y a entre ce que l’on lit et ce que l’on vit, c’est ce qui crée l’émotion.

Cette adaptation, finalement, ouvre cette partie de l’œuvre de Flaubert au grand public… Le ressentez-vous lorsque vous rencontrez les gens ?

Oui mais je n’ai aucune prétention pédagogique. Mon seul souhait est que le plaisir que j’ai eu non seulement à interpréter Flaubert et à écrire ce livre, soit partagé avec ceux qui auront la gentillesse de le lire. Ce qui est notamment intéressant c’est cette vie paradoxale entre l’ermite de Croisset et le mondain parisien.

Écrivain, auteur, comédien… Envisagez-vous une adaptation de l’ouvrage à la télévision ou au cinéma ?

C’est un souhait que j’ai extrêmement net, clair… J’y réfléchis en ce moment. On en a parlé avec Gérard Depardieu, je lui ai dit que j’aimerais bien que l’on prenne le temps d’en parler, pour évoquer, justement, cette possibilité soit d’une télévision, soit d’un film où il incarnerait magistralement ce personnage.

Pour conclure, vous venez à Nancy… En voiture…

J’ai la chance d’avoir une bonne voiture et j’ai décidé, comme beaucoup d’autres acteurs, de faire la tournée en voiture. C’est un endroit très hermétique… Et en plus, on peut admirer la nature ! Puis j’aime bien Nancy. J’y ai eu des expériences très belles, j’avais lu, à l’occasion du Livre sur la Place, du Flaubert à l’Opéra et ensuite, sous la houlette de Françoise Rossinot, j’avais joué du Molière, du Flaubert et un seul en scène où je mélangeais tous les textes dans trois lieux différents de Nancy. Une expérience incroyable. Et j’ai un souvenir plus émouvant, quand j’ai rendu visite aux enfants malades au CHU de Nancy.

Crédits photos : Alexandre Marchi

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