Jeanfi Janssens – “C’est beaucoup de travail, il ne faut rien lâcher”

✏️ Yannick VERNINI 20 mai 2018
Jeanfi Janssens – “C’est beaucoup de travail, il ne faut rien lâcher”

Vous êtes au cœur d’une tournée marathon… Comment gérez-vous un tel succès qui est arrivé très rapidement ?

C’est un peu déstabilisant, voire même angoissant, au début parce qu’on se demande pourquoi ça va aussi vite, même si on a attendu ce moment. Mais quand ça arrive comme une fusée, on se dit qu’il doit y avoir un problème, qu’on va me le reprendre ! Après, il faut de l’énergie pour ne pas décevoir puis on s’y habitue. C’est beaucoup de travail, il ne faut rien lâcher !

Et avec votre ancien métier de steward, le fait d’être loin de chez vous ne vous change pas…

Oui, c’est vrai qu’à Air France, je n’avais pas un métier sédentaire. Je partais loin, je n’avais pas de jours fériés, je ne voyais pas les gens, je n’étais pas trop chez moi… Du coup, c’est vrai que la tournée ne me déstabilise pas. En revanche, le fait de ne pas voir les miens, mes amis, est un peu dur. C’est plus compliqué. C’est surtout par manque temps. Il y a ceux qui comprennent et ceux qui pensent que j’ai pris la grosse tête mais non, je suis juste moins disponible…

… Et, surtout, c’est devenu votre métier !

C’est ça, on construit une carrière et c’est, en effet, devenu mon métier.

Un métier qui vous propulse sur le devant de la scène et sur les plateaux de télévision pour la promo… Où allez-vous chercher cette énergie ?

C’est juste que j’en ai à revendre et que je n’ai pas le choix ! Je ne peux pas arriver sur un plateau télé et dire « Je suis fatigué » ! Comme un sportif, on se conditionne. Du coup, j’ai beaucoup moins de temps libre que quand j’étais steward, là c’est H24, ça fait deux ans que je n’ai pas eu de vacances et ça doit faire six semaines que je n’ai pas eu un jour off.

Comment le monde du show-biz vous a-t-il accueilli ?

J’ai été catapulté dans un métier pour lequel je n’avais pas forcément les codes, c’est quand même un milieu un peu à part. J’ai l’avantage d’avoir eu une vie sociale avant et de connaître les réalités de la vie. Ça m’a permis de garder les pieds sur terre. Puis il y a eu ceux qui m’ont ouvert les portes et quelques rageux qui m’ont un peu découragé et mal accueilli. Surtout, j’ai été très bien conseillé. Laurent Ruquier, par exemple, m’a donné beaucoup de conseils. Si j’étais arrivé à 20 ans dans ce monde, j’aurais été un peu perdu.

Laurent Ruquier qui vous a proposé d’intégrer les Grosses Têtes. Quelle a été votre réaction ?

Déjà, on se dit que c’est une farce. Après, on se dit pourquoi moi ? Les Grosses Têtes, c’est une institution. Quand Ruquier vous dit que votre humour peut correspondre et qu’il y a quelque chose à faire, vous avez une pression supplémentaire. J’avais la caution morale de Laurent Ruquier, mais pas celle des autres, on ne me connaît pas, je dois faire mes preuves ! Et pour la première, je me retrouve avec Christine Bravo, Bernard Mabille, Arielle Dombasle… J’avais une pression incroyable, je me disais « Ces gens-là vont se dire, mais c’est qui celui-ci ? » En fait, je me suis dit « fonce, soit Jeanfi » et Laurent Ruquier m’a dit « Bienvenue aux Grosses Têtes ». C’était une drôle de sensation, on est à la fois super content et c’est un nid d’angoisses. Je les écoutais quand j’étais gamin !

Pour conclure, avez-vous fini par trouver un appartement ?

(Rires) Non ! Je suis toujours dans le même ! En me consacrant à cette carrière, j’ai pris deux années de congés sans solde chez Air France sans que ça marche pour autant au début. Je n’étais plus dans les considérations de crédits, je pensais juste à combler mon découvert. Et maintenant que ça commence à prendre, je me dis que ce serait bien d’y penser, à 44 ans il faut se mettre un toit sur la tête. J’ai engagé Stéphane Plaza en lui disant que, moralement, il se devait de me trouver un appartement parce qu’il m’avait ridiculisé devant la France entière avec le prêt que je n’avais pas eu à la banque au moment où il me fallait l’appartement ! (Rires)

Crédits Photos : Pascalito

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