Jérémy Frérot – Interview

✏️ Yannick VERNINI 14 mai 2017
Jérémy Frérot – Interview

« Vivre chaque instant au maximum »

Votre dernier passage à Nancy était à L’Autre Canal. Vous avez, depuis, investi les Zénith. Comment s’est passée la transition ?

En fait, c’est une transition que l’on a faite il y a un certain temps maintenant. Mais il n’y a pas vraiment eu de changement. On a réussi à garder la proximité des clubs dans les Zénith. Il n’y a pas vraiment eu de changement de spectacle. La proximité se répand dans toute la salle, en fait. Il faut venir le voir pour capter ça.

D’autant que ce sera un des derniers concerts où, avec Florian, l’on vous verra ensemble. Ressentez-vous une émotion, des sensations particulières chaque soir quand vous montez sur scène ?

Oui, on se sent un peu nostalgique de monter sur scène en sachant que c’est la dernière fois que l’on joue dans la ville où l’on est. C’est assez prenant… Je n’ai pas connaissance d’histoire comme ça de groupes montant sur scène en sachant qu’ils vont se séparer après. Du coup, c’est assez fort. Durant le concert, les émotions sont doublées.

Cela vous pousse-t-il à donner, peut-être encore plus ?

Plus qu’artistiquement parlant, c’est surtout une envie humaine. On a envie de capter tous les moments. Souvent, quand on finit le concert et que c’était hyper-bien, après on oublie ce qui s’est passé. Là, on essaie de vivre chaque instant au maximum pour pouvoir s’en souvenir.

Au niveau du public, percevez-vous, là aussi, une ferveur encore plus intense ?

C’est vrai que c’est vraiment plus fort… C’est clair. Surtout, pour la fin, on a articulé le concert de façon à ce que l’émotion monte de plus en plus. On finit à deux, en guitare-voix. Et là, on regarde les gens dans les yeux… On vient de passer une heure et demie à hurler dans le micro, à envoyer du gros son et on passe direct à la guitare… C’est assez émouvant de voir ce silence et de sentir les gens tout près de nous.

Avez-vous déjà en tête ce jour où vous jouerez votre dernière date ?

On n’a pas trop envie d’y penser mais oui, on l’a en tête. On bosse dessus de plus en plus parce que ça arrive. Elle sera beaucoup plus grosse que les autres puisqu’on sera aux Quinconces devant 25.000 personnes. Ça va être très beau, très fort.

Arrivez-vous à prendre du recul pour voir tout le chemin parcouru malgré votre jeune carrière ?

C’est vrai que l’on a été assez loin et assez vite. C’est peut-être pour ça, aussi, que l’on arrête. On ne voit pas ce qu’on peut faire de plus à part faire plus de concerts et de grosses scènes et avoir plus de gens devant nous… Je ne vois pas où l’on peut aller. Mis à part sortir de nouvelles chansons, de nouveaux albums. On va continuer à le faire mais plus en tant que Fréro Delavega.

Vous avez finalement fait le tour du duo…

C’est d’abord Flo qui a voulu arrêter, on a discuté et on est arrivé à un commun accord et au même constat. On voit beaucoup d’artistes qui essaient de ramer derrière le succès… On ne le veut pas et passer à autre chose.

Avez-vous conscience, malgré tout, à l’image des Insus, qu’il y a aura une attente du public qui espérera toujours une reformation du duo ?

Dans notre tête, on ne reviendra pas. Après, on se sait jamais, la vie peut réserver des surprises mais là, pour l’instant, c’est mort.

D’autant que là, visiblement, on vous sent serein…

Oui, tout va bien et encore mieux, même !

De votre côté, Jérémy, avez-vous des projets en cours ?

J’en ai, oui. Je compose et j’écris en ce moment. J’aimerais sortir quelque chose pour expérimenter cette aventure. Savoir comment on fait pour porter un projet seul et défendre un message. Après, je ne sais pas quand. Je vais déjà me poser, me reposer.

Et travailler avec ou pour d’autres artistes ?

Ça peut être un exercice, écrire pour d’autres gens, qui me plaît. Après, je fonctionne avec les rencontres et non avec les professionnels qui me disent « tu dois bosser avec cette personne » ! Pour le moment, je bosse seul !

📷 : Frédéric Mercenier

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