Julien Doré – Interview
Interview

Julien Doré – Interview

« L’énergie de la scène me fait me sentir vivant »

Après L’Autre Canal, vous revenez à Nancy, au Zénith. Avez-vous dû revoir le show pour passer dans les grandes salles ?

La transition s’est faite naturellement. J’ai toujours eu tendance à faire des mises en scène assez poussées et sur lesquelles je travaille autant que sur les répétitions des chansons. Ça veut dire travailler sur un décor. Et là, j’avais à cœur de travailler sur un décor encore plus enveloppant sur scène, ce que j’ai toujours soigné que ce soit en club ou en théâtre, le lien avec le public. Ce qui me touche sur les premières dates, c’est que ce lien est bien là. Au fond, finalement, il n’y a pas de transition, c’est extrêmement naturel.

Un lien que vous poussez loin puisque l’on vous retrouve fréquemment dans le public…

C’est vrai. Que ce soit dans des lieux fermés ou dans les festivals, j’ai toujours aimé la symbolique de la traversée. C’est quelque chose qui me parle beaucoup. J’aime bien observer mon groupe, mes amis sur scène en train de jouer et, moi, de me retrouver avec mes amis qui sont venus me voir. Etre dans une position où je peux observer mon propre spectacle. Un peu comme une mise en abyme, j’ai le sentiment de ressentir encore plus fort ce que je suis en train de proposer…

Ce qui doit donner quelques sueurs froides à votre entourage. On se souvient de vous, perché en haut, au balcon de L’Autre Canal…

Je ne sais pas comment dire… Pour escalader, traverser, voyager au cœur d’une salle qui va abriter ma musique durant deux heures, c’est une montée d’adrénaline qui me permet, bizarrement, d’évacuer mes peurs. Ce n’est pas du tout le sentiment de me sentir invincible… C’est que j’ai l’impression que, physiquement, je vais pousser quelque chose que j’ai plutôt tendance à protéger dans la vie où je suis plutôt très calme, très posé… L’énergie de la scène me fait me sentir vivant.

C’est justement ce qui ressort à l’issue de vos concerts, où les gens ont découvert un artiste animé d’une sorte de folie…

Oui, pour moi, la définition de la scène, c’est la pulsion de vie, je me sens profondément vivant sur scène.

Vous êtes également de retour avec votre dernier album. La setlist, a-t-elle été compliquée à construire ?

Ça s’est fait de façon très naturelle. Je suis entouré de mes meilleurs amis, mes musiciens sont mes potes. On réfléchit ensemble… Chacun, au moment des répétitions, a une idée en tête et, petit à petit, on oriente nos choix… Puis, au fil des concerts, on les bouge, on les change.

Des concerts pour lesquels les arrangements ont été revus…

En fait, c’est tout l’intérêt de la mise en scène. J’ai toujours mis en scène mes spectacles avec plusieurs actes. Avec une première partie très solaire, très pop, une partie centrale très acoustique et une partie finale très dense. Quoi qu’il arrive, chaque chanson est revisitée.

Entre les albums, les festivals et vos tournées, on a le sentiment que vous n’arrêtez jamais…

Je suis quand même parti plus d’un an dans un chalet, à la montagne, pour écrire et enregistrer ce disque. Avant, j’avais pris quelques mois pour repenser ma vision de la musique et me questionner sur l’utilité des artistes… J’ai plutôt tendance à ne pas avoir peur des silences et peur de disparaître avec un album tous les trois ans alors que l’on est dans une époque où les jeunes artistes en sortent un par an. Là où vous avez raison, c’est sur les tournées, elles durent longtemps !

Finalement, comme vous le dites, vous sublimez vos silences !

Quand je suis sur scène, c’est vrai que je passe du temps à m’adresser au public, en improvisant… Mais c’est vrai que les silences sont importants. A la fois dans les chansons et dans le spectacle. Je savoure tout ce que je vis sur scène, c’est très précieux. C’est ce que j’ai vécu de plus fort sur mes quatre tournées.

📷 : Alexandre Marchi

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