Juliette Armanet – Interview

✏️ Yannick VERNINI 29 octobre 2017
Juliette Armanet – Interview

Vous venez sur Nancy Jazz Pulsations, connaissez-vous Nancy ?

Moi, non, mais j’ai des techniciens de mon équipe qui viennent de Nancy !

On dit de vous que vous êtes la nouvelle reine de la variété française. La variété que vous avez dépoussiérée. Comment le vivez-vous ? Et le terme variété vous va-t-il bien ?

Oui, totalement. C’est le mot français pour évoquer ce qu’est la pop, l’abréviation, en anglais, de « popular ». J’aime beaucoup la variété, au contraire ! Plus grand monde n’en a peur. Après, il y a une différence entre la qualité et la soupe. Il y a de la variété qui peut être de la musique savante mais accessible, et il y a ce que j’appelle de la soupe, du remplissage de radio qui n’a rien voir.

Parmi les artistes qui vous ont touchée, on retrouve Alain Bashung, Barbara ou encore Alain Souchon… Leurs univers vous influencent-ils dans votre travail ?

A vrai dire, je crois que ce sont des références un peu inconscientes. J’ai l’impression que, lorsque l’on compose, on ne se pose pas tellement la question de savoir à qui l’on pense. J’ai la sensation que l’on compose d’abord avec soi-même et avec tout ce qu’on a vu, lu, écouté… Je ne fais pas défiler mon petit catalogue de références quand je compose. J’essaie de faire quelque chose qui soit le plus personnel possible. Après, s’il y a des références à d’autres artistes, c’est plutôt flatteur, mais c’est vrai que ce n’est pas une priorité pour moi.

Votre opus « Petite Amie » fonctionne très bien… Et parle beaucoup d’amour ! Par choix ou c’est venu au fur et à mesure de son écriture ?

C’est venu au fur et à mesure parce que sur mon album, il y a des chansons datant d’il y a 6-7 ans, d’autres de l’été dernier. Il y a donc pas mal de compositions différentes, de moments de vie. Et en rassemblant tout ça, je me suis rendu compte qu’il y avait clairement un thème. Que ça formait une sorte de carte du temps, du sentiment amoureux et tous ses déboires qu’il peut susciter comme la jalousie, le désespoir, la joie… En fait, c’est une sorte d’exploration de tous les états d’âme !

En effet, on le retrouve sur un morceau comme « Star Triste »… Ou « L’accident ». Vous avez une écriture maniant le second degré, la métaphore… Ce titre est mis à la fin de l’album, nous laissant, du coup, dans l’attente d’une suite !

(Rires) Oui ! En fait, je trouvais ça beau de mettre un morceau triste à la fin, très solennel parce que je n’avais pas envie de finir le disque sur quelque chose de trop léger, justement. J’aimais bien l’idée d’une fin d’album assez sombre.

Vous êtes amie avec Fishbach, qui sera à l’affiche de NJP vendredi. Avez-vous des envies de collaborations ?

J’ai justement écrit « Un Autre que moi » pour et avec Fishbach, j’ai écrit pour le groupe L’Impératrice… Et puis j’ai des propositions d’écriture. Au début, j’avais du mal à m’imaginer écrire pour d’autres gens et en fait, je trouve ça super marrant ! Donc ouais, ça m’amuse et comme l’écriture est ce que je préfère dans le travail de composition d’un titre, ça me correspond bien d’écrire pour les autres !

Est-ce votre passé de journaliste qui ressort ?

Non, je pense que le processus est très différent. C’est juste mon amour de la littérature, de l’écriture, des lettres, du langage…

Désormais, c’est vous qui répondez aux interviews, qu’est-ce que cela vous fait ?

Ce n’est pas toujours facile, on est très dépendant de la personne que l’on a en face de soi, finalement. On peut être inintéressant si l’autre l’est. Une interview, c’est un échange. Il y a ce moment où l’on se pousse l’un l’autre à faire sortir quelque chose. Je me prête volontiers au jeu mais on reste très dépendant de son interlocuteur.

Vous avez également une autre corde à votre arc, le cinéma et le documentaire, en l’occurrence puisque vous avez réalisé « L’Eloge de la Jupe » ? Vous reverra-t-on dans d’autres projets similaires ?

Sans doute, mais pas sous forme télévisée, l’image m’encombre un petit peu. Je préfèrerais faire de la radio. J’aimerais vraiment, à long terme, essayer de trouver une moyen faire une émission de radio pour revenir à ce format de documentaire, quelque chose de mélangé à de la musique. J’y songe… Mais, j’aimerais bien, oui !

Pour le reste… Y a-t-il des choses qui vous révoltent et que vous aimeriez mettre en chanson ?

Non, je n’ai pas du tout cette fibre. C’est extrêmement compliqué de faire des chansons parlant de la société, de politique. Il faut avoir un talent d’écriture vraiment particulier pour ça ne donne pas des chansons-slogans. Souchon y est très bien arrivé dans une chanson comme « Foule Sentimental », un titre très politique sous des allures très poétiques. Je ne suis pas sure d’avoir le talent pour en parler avec tant d’intelligence et de sensibilité. Mais j’aimerais bien !

Votre talent, en revanche vous l’exprimez sur scène devant des salles pleines, comme le Chapiteau de ce samedi qui se jouera à guichets fermés. Dans quel état d’esprit êtes-vous avant de monter sur scène ? Y a-t-il toujours une part de trac ?

Oui, toujours ! Mais là, le fait d’être en groupe m’enlève un peu le trac. Le fait d’être à plusieurs sur scène est très porteur. Au début, j’avais un peu de mal à trouver mes marques, je suis en train de les trouver tout doucement. Mais oui, il y a toujours un trac et une excitation. Il y a quelque chose de plus festif dans le fait de jouer en groupe plutôt que de jouer seule au piano. Là, c’est très jouissif, on ressort, on est trempés, il y a de la sueur. Il y a quelque chose de physique, c’est très agréable. Evidemment, il y a du trac, je l’aurai toujours, mais il y a vachement d’excitation !

📷 : Erwan Fichou & Théo Mercier

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