Kev Adams & Romain Levy – Interview

✏️ Yannick VERNINI 14 mai 2017
Kev Adams & Romain Levy – Interview

Romain, comment est venue l’idée de confier le premier rôle à Kev Adams ? On a l’impression qu’il a été écrit pour lui.

En termes de construction, le film a fait un trajet assez inhabituel. L’histoire a d’abord été écrite pour des personnages plus jeunes. Le personnage de Kev, tel qu’il était écrit, qui a entre temps gagné en maturité, qui devient malgré lui un héros, ça c’était déjà très présent dans les premières versions. Les stars ne sont pas des stars pour rien. Elles arrivent à incarner un trac fort dans lequel on arrive à s’identifier. Quand on castait des comédiens n’ayant pas de grande notoriété, ils ne portaient pas ça. Et alors que je ne trouvais pas de comédiens pour porter le projet, je suis un jour tomber sur son spectacle, « Voilà, Voilà », en live sur M6. Il y a un moment où Kev parle de la séparation de ses parents avec beaucoup d’impudeur. Les humoristes qui remplissent des Palais des Sports sont encore plus efficaces dans les sketchs intimes. Je me suis dit que c’était l’ADN, le point de départ du film. Pour moi, les péripéties, les cascades… Tout ça c’est sympa mais ça ne résonne pour le spectateur que si on arrive à cristalliser avec lui un lien intime. Moi, je m’identifie à Ruben… Et quand j’ai vu Kev sur scène, j’ai senti que l’on avait un lien. J’ai suivi mon cœur, mon instinct… Je refais un film avec lui quand il veut !

Kev, quelle a été votre réaction lorsque Romain vous proposé le premier rôle du film ?

J’étais vraiment très heureux. J’aime beaucoup l’univers de ce mec. Il a un univers à la fois très moderne et qui rend hommage aux grands films et au cinéma. C’est un grand fan du cinéma des années 80. Ça m’a permis de découvrir et une nouvelle époque de cinéma et de ce métier que j’aime beaucoup et en même temps il a ce côté très moderne, très new-wave. J’étais ravi quand il m’a proposé de travailler avec lui. Je me suis dit que c’était pour moi l’occasion de rester dans la comédie tout en découvrant un univers un peu plus adulte, un peu plus politiquement incorrect que ce que j’ai l’habitude de faire.

Le tournage s’est visiblement bien passé !

Romain Levy : C’est un comédien avec une formidable écoute. C’est une éponge. Tout s’est bien passé, avec Kev comme avec les autres comédiens. Avec mon coscénariste, on se joue les dialogues. Du coup, ce n’est pas que le film a été écrit pour les comédiens. On les a castés avec beaucoup d’exigence. Côme est venu au moins entre vingt et quarante fois avant que je lui dise que c’était lui.

Kev Adams : Oui, c’était génial. On s’est beaucoup amusé. Il y avait une vraie osmose. Et Romain, il a ce truc de moniteur de colo. Il sait tenir une équipe, un groupe, on a envie de le suivre, de lui faire plaisir. C’est une grande qualité chez un metteur en scène. J’en garde un souvenir très fort ! Il aime chaque métier du cinéma, ça me touche beaucoup… On a très envie de retravailler ensemble, je serai ravi.

Kev, comment s’est passé l’entente avec Manon Azem et Côme Levin ?

Je les connaissais très peu avant la mayonnaise a très vite pris. Ils sont très talentueux, ils ont le sens de la comédie. Ça va vite, ils ont un bon rythme. C’est très plaisant dans une comédie quand tes camarades de jeu sont de bons reflets. Ça m’a éclaté de travailler avec eux. Ils sont vraiment amis dans la vie, ça s’est ressenti.

Romain, comment avez-vous convaincu Manu Payet et Patrick Timsit à venir jouer que quelques scènes ?

C’est comme les vraies histoires d’amour. Je n’ai jamais négocié pour séduire. J’ai été moi-même et elles viennent… Ou pas. J’avais mon scénario, ma passion. C’est vrai qu’en France, quand on parle avec les agents, si on leur dit qu’il n’y aura que trois jours de tournage, on nous répond « non, il ne le fera pas ». Je ne crois pas au système ayant construit le cinéma français. Je pense qu’il n’y a pas de système, que ça ne sert à rien de dire que l’on fait un film d’auteur ou un film populaire. Mon film a été écrit avec une énergie populaire mais aussi le maximum de sincérité que je pouvais transmettre. Je me suis fait mon film populaire, pour moi et pour le public que j’imagine, je ne fais pas de concession, je n’ai que ma conviction. Du coup, les comédiens viennent !

Avec le recul, le film est-il fidèle à ce que vous aviez imaginé ?

Romain Levy : Oui ! ça n’a pas toujours été le cas durant les stades de fabrication, parce qu’il a fallu longtemps pour que les effets spéciaux soit à la hauteur, que le film trouve son rythme au montage… Je n’avais jamais fait de film d’aventure. Ce n’est pas un « Radiostars » bis, même s’il y a un cousinage dans l’humour. Du coup, je partais avec beaucoup d’incertitudes. Je l’ai fait comme si c’était mon premier et là, je le livre parce qu’il est conforme à mes attentes. Si les gens ne l’aiment pas, ce ne sera pas trop grave parce que j’ai fait de mon mieux. Je me suis mon programme à moi que je souffrais de ne pas voir au cinéma en France.

Kev Adams : Je dirai que oui. C’est toujours frustrant lorsque l’on voit un film. On a toujours l’impression qu’il y a eu plus de scènes drôles, plus de moments dingues. On a vécu plus de deux mois ensemble, je trouve le film très drôle, très réussi. Il y a tout ce moi, personnellement, j’ai envie d’aller voir au cinéma en ce moment. Il y a de la légèreté, de l’action, de la grosse comédie, une histoire fraîche respectant les codes de plein d’histoires qu’on adore au cinéma… Vraiement, ça me parle beaucoup.

📷 : Marie Genin

You may also like

Laisse un message