LA BAJON – INTERVIEW

✏️ Yannick VERNINI 6 avril 2018
LA BAJON – INTERVIEW

Il paraît que vous êtes folle à lier… C’est vrai ?

Exactement, c’est une très bonne info !

Une folie que l’on retrouve donc dans vos spectacles où vous livrez votre regard et cinglant acéré sur notre société… Un regard juste !

Écoutez, je ne sais pas s’il est juste mais en tout cas, ça part d’une volonté de mettre en lumière tout ce qui nous choque et nous indigne dans notre société. A partir de là, on essaie d’être le plus sincère possible.

Vous y réussissez en épargnant personne, vous ne vous contentez pas d’allumer les politiques et autres personnalités. Tout le monde y passe !

Oui est surtout on ne prend position pour personne. C’est notre objectif lorsque l’on écrit. En politique comme en religion, on est apolitiques et athées ! Ce qui plaît c’est que l’on s’attaque vraiment à tout le monde. Et le retour que j’ai du public c’est « merci de dire des vérités » ! C’est vraiment ça qui fait visiblement du bien aux gens, ils s’y retrouvent complètement.

D’autant que l’on est dans une époque où être humoriste n’est pas la chose la plus facile…

Non parce que, déjà, on est très nombreux… Et puis parce qu’il y a une volonté d’uniformisation et de faire taire. J’ai l’impression dès que l’on dit quelque chose, que l’on aborde un sujet et que l’on dit trop de choses, les gens sont très vite choqués. Alors que dans les années 80-90, on s’exprimait bien plus et ça ne choquait personne.

Est-ce que cela influence votre travail d’écriture ?

On y pense mais on ne s’interdit pas grand-chose… On s’interdit le manque de respect et la facilité mais on ne s’interdit pas de dire ce que l’on a envie et besoin de dire. On y va ! Tout en essayant de ne pas être provocateur.

Vous vous êtes connaître grâce à vos vidéos qui ont boosté votre notoriété. Un succès, qui par les réseaux, est souvent grand et soudain. Comment avez-vous gérer tout cet engouement ?

C’est vrai que c’est impressionnant… Et on le vit très bien ! C’est surtout extrêmement touchant quand quelqu’un me reconnaît dans la rue… Je n’ai pas droit à un simple « salut », il y a vraiment une émotion, les gens me disent « continuez » ! C’est vraiment encourageant, notamment l’amour de ceux qui viennent voir le spectacle et qui me surprend toujours.

Comment avez-vous transposé cet univers du web à la scène ?

Avant les vidéos, j’étais déjà sur scène mais c’est vrai qu’avec les vidéos, j’ai dû l’adapter. Les gens qui venaient avaient adoré l’avocate, on l’a donc mise sur scène, on ne voulait qu’ils soient déçus et cela a apporté un plus incroyable au spectacle. Et ça nous a permis de créer ce personnage sur scène qui est différent de celui des vidéos. Du coup, on a ramené ainsi d’autres personnages mais dans des sketchs totalement différents mais ça reste des personnages que le public a aimé.

L’avocate de Sarkozy, le médecin de Chirac, l’avocate de Pénélope Fillon… La galerie va-t-elle s’agrandir ?

Ah oui ! On départ, ce qui me faisait vraiment vibrer, c’était de faire des métiers différents. On n’a qu’une seule vie, j’aurais voulu être beaucoup de gens. Et puis là, le public s’y retrouve. Quand je joue une prof de français, les profs dans la salle étaient contents parce que l’on parlait d’eux d’une façon jamais péjorative, cruelle ou encore moqueuse. On a envie que les personnages soient touchants. Alors oui, la galerie va s’étoffer, on se fixe toujours des défis d’aller chercher des personnalités différentes, de le jouer à chaque fois différemment.

Vous ne tenez pas en place… Après avoir conquis la capitale, vous partez à la conquête de la Province. Comment se passe cette virée ?

C’est complètement dingue ! C’est une vraie rencontre avec le public, c’est quasiment complet partout. A la fin des spectacles, je reste pour rencontrer les gens, échanger, faire des photos… C’est vraiment top.

📷 : Pascalito

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