La belle Aventure de Da Silva

✏️ Yannick VERNINI 14 mai 2017
La belle Aventure de Da Silva

Quatre après « Villa Rosa », le Breton revient avec son sixième album.

Authentique, brut de décoffrage, mais aussi une sensibilité à fleur de peau… Et à fleur de plume. Da Silva est comme ça, et cela n’est pas près de changer. Le Rennais tatoué de 41 ans revient avec son sixième album, « L’Aventure ». Une aventure dans laquelle les quêtes – aussi bien amoureuses que spirituelles ou existentielles – jalonnent une épopée musicale lancée par « La Seule Personne », une superbe déclaration d’amour aux arrangements où les cuivres virevoltent. Avant « La Fille », qui, elle, a fini de se poser des questions et se fout bien de ce que l’on peut penser d’elle. Un peu à l’image d’un Manu Da Silva, finalement, qui marche au feeling. Comme lorsqu’il prend part au dernier album de Jenifer avec qui il est d’ailleurs parti en tournée. Un artiste passionné et décalé, qui « ne compte pas » mais « qui vit » pleinement, lui qui préfère « l’aventure ». Un « John McEnroe » de la chanson française qui s’étonne encore et toujours d’être là « douze ans après » ses débuts et de « vivre de sa musique ». Lui qui se dit que, finalement, tout est bel et bien possible.

Après avoir beaucoup travaillé pour les autres, Da Silva a donc décidé de revenir sur le devant de la scène avec un album maturé, des textes travaillés et retravaillés, racontant à chaque fois une histoire, une humeur, rehaussés par des arrangements et une orchestration incroyablement riches denses qui soutiennent l’ensemble… Un univers qui happe dès les premiers accords. « Il y a » le rappelle, « Sourire » relance la mécanique pop et « Nos Vies Solitaires », avec ses violons en ouverture, refile la chair de poule avant que, là aussi, le virage pop de Da Silva ne se confirme définitivement. Surtout, si l’auteur-compositeur-interprète parlait beaucoup d’amour sur ses précédents albums – abordant de façon assez récurrente les rapports amoureux, le couple – il s’est ouvert, là, à d’autres thèmes… Comme dans « Le Sourire » ou encore, en clin d’œil à Brassens, « La Réputation »… « Mon Amour » rappelle qu’il ne supporte par le doute tandis que « La Fille #2 » vient boucler cet opus de douze titres enregistrés dans l’ordre chronologique de leur écriture. Une écriture déroulée au gré des humeurs de l’auteur, qui aura mis trois années pour parachever l’ensemble que l’on pourrait assimiler à un livre de pensées. Bouclant ainsi la belle « Aventure » musicale d’un Da Silva plus accessible que jamais.

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