La Grande Sophie – Sophie est Grande !

✏️ Yannick VERNINI 5 décembre 2015
La Grande Sophie – Sophie est Grande !

Étoiles

Doit-on encore présenter La Grande Sophie ? On sait qu’elle a passé sa jeunesse à Port-de-Bouc, près de Marseille. Mais avant de profiter de climat méditerranéen, Sophie Huriaux s’est frottée aux rudesses du ciel Lorrain puisqu’elle a vu le jour à Thionville. Avec un papa bossant chez Arcelor, les mutations de celui-ci lui ont donné une bougeotte qui ne l’a plus quittée. « C’est vrai que l’on a bougé très vite vers le Sud. Je reviens dans la région lors de mes tournée, c’est toujours un plaisir ! »

Un plaisir que La Grande Sophie puise dans la musique depuis le début. A 9 ans, elle enquille une année de conservatoire où elle ne se sent pas à l’aise. Trop rigide pour cette insatiable autodidacte. Du coup, à 12 ans, Sophie monte son premier groupe avec son frère, à la batterie, et un voisin. Entrée Interdite voit le jour et reprend les Beatles, Alphaville ou encore The Cure et survivra ainsi jusqu’au baccalauréat. Une fois le diplôme en poche, elle entre pour deux ans aux Beaux-Arts, à Marseille où elle travaille la sculpture. Des œuvres dans lesquelles l’artiste en devenir implante des enceintes musicales ! Pendant ce temps, pour être certain que sa fille garde les pieds sur terre, son père lui explique, sans détour, qu’il aimerait bien la voir bosser chez Arcelor, histoire de découvrir ce qu’est « un vrai travail ». Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’expérience a été marquante ! « Le pleurais tous les jours », se souvient celle qui, l’année suivante, tente et gagne un pari avec un pote. A savoir celui de jouer sur les terrasses de la plage de la Pointe Rouge, toujours à Marseille. « Ce que je chantais plaisait aux gens. Du coup, j’ai commencé à gagner ma vie. Surtout, je me suis rendue compte que la musique m’attirait plus que la peinture ! »

Un constat qui entraîne alors une décision radicale. La jeune femme met le cap sur Paris, où elle ne connaît personne. « Là, c’était nouveau pour mois. J’étais émerveillée. J’aillais au cinéma, à des concerts… Et j’ai rencontré l’association Life Live in the Bar qui fait tourner les groupes dans les petits bars… J’ai joué, avec ma grosse caisse et ma guitare, dans de tout petits endroits. J’ai même joué dans des squatts et d’autres lieux improbables ! » La multiplication des dates la fait connaître du public. Un début de notoriété qui coïncide avec son premier album « La Grande Sophie », sorti en 1997, avec le label Les Compagnons de la Tête de mort. La machine est lancée. Et donne des envies à Sophie qui souhaite aller plus loin encore. « J’ai créé une passerelle entre l’association et les majors qui disposent d’autres moyens. » Le deuxième opus « Le Porte Bonheur » sort chez Sony Epic. Avec lui s’ouvrent les ondes des radios. Deux ans plus tard, « Et si c’était moi » déboule, toujours en collaboration avec Life Live the Bar, et avec lui la Victoire de la Musique de la « Révélation scène de l’année ». Une récompense qui offre à La Grande Sophie « une ouverture encore plus large. Le public de mes débuts et toujours là et d’autres me découvrent »… « La Suite », logique en fait, confirme cet engouement et avec lui une façon de travailler qui évolue. « J’ai pris mon temps pour peaufiner les compositions. Au début, moi qui venais de la scène, j’avais du mal avec le studio et son côté figé. Maintenant, ça va beaucoup mieux. Je suis plus exigeante et je prends le temps d’explorer de nouveaux horizons, d’ouvrir de nouvelles portes ! »

De nouvelles portes que La Grande Sophie a su ouvrir sur son dernier opus « Nos Histoires ». Un album « très introspectif. J’avais besoin de luminosité… Là, je me suis ouvert à l’autre, je me suis nourris des rencontres que j’ai pu faire, comme celle avec l’écrivain Delphine de Vigan… » Un opus qui a donné le top départ de sa tournée. « On ne sera que quatre sur scène. Et pour cette tournée, je reprends ma guitare électrique ! » Une nouvelle qui va faire piaffer d’impatience les fans d’une Grande Sophie perpétuellement en mouvement et qui fuit la nostalgie lorsqu’on lui demande quel a été le moment marquant de sa carrière. « J’ai du mal à me retourner vers le passé. Ce n’est pas mon truc. Je préfère me pencher vers le futur et attendre de belles surprises ! » C’est dit !

 

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