Laura Laune – “Dans la vie, je suis quelqu’un de très gentil !”

✏️ Yannick VERNINI 1 mars 2019
Laura Laune – “Dans la vie, je suis quelqu’un de très gentil !”

La jeune Belge débarque à Poirel avec son humour cinglant.

Votre date de Nancy, comme les autres, affiche complet. Comment vivez-vous cet engouement ?

C’est assez incroyable, oui, je n’en reviens pas. Tous les jours, quand je monte sur scène et qu’on me dit que c’est complet, je me dis que ce n’est pas possible ! Comment ça se fait ? Je vis ça en me disant qu’il faut que je profite. C’est un métier où l’on a toujours peur que ça s’arrête quand ça marche. Et là, je me dis que je dois vraiment profiter de chaque instant, tout est complet des mois à l’avance, c’est vraiment incroyable… Surtout quand on a connu les petites salles où il n’y avait personne !

Vos salles sont pleines, vous vous produisez devant 1.000 voire 2.000 personnes. Envisagez-vous de passer à l’échelle au-dessus ?

Je n’y ai jamais vraiment pensé. Pour l’instant, je suis déjà trop contente de jouer dans des salles aussi belles. Après, j’aime jouer dans les salles où les gens sont proches. Si, un jour, j’ai l’occasion de jouer dans des salles plus grandes, ça se discutera, au moins pour voir si ça passe. Mais la proximité avec le public, c’est vraiment ce qui me plaît.

Une proximité qui vous permet de voir les réactions des gens lorsque vous envoyez des répliques cinglantes ! A quel moment vous êtes-vous dit que c’était l’humour noir qui vous allait le mieux ?

En fait, ça a été très naturel. C’est vrai que, sur scène, j’ai ce décalage entre mon attitude très innocente de petite fille angélique et les propos qui sont assez trash. Mais ce décalage n’a pas été calculé, ni travaillé. Je suis assez timide et réservée dans la vie et quand je suis montée sur scène pour la première fois, j’avais cette attitude de fille un peu stressée et maladroite avec cette apparence un peu naïve que j’ai naturellement. Et au niveau du texte, c’est cet humour qui m’est venu naturellement quand j’ai commencé à écrire, sans me rendre forcément compte que c’était trash. C’est quand on m’a dit « tu vas vraiment loin » que j’en ai pris conscience mais ça a toujours été mon humour avec mes amis.

C’est aussi ce qui rendait cohérent vos premières parties de Jeff Panacloc !

C’est vrai, il y a un peu le même style, le même créneau.

Et il y a eu la rencontre avec Jérémy Ferrari. Comment s’est-elle passée ?

On s’est rencontré sur un festival. Quand j’ai commencé, je faisais beaucoup de concours « jeunes talents » dans les festivals d’humour, ça permet de se faire connaître. C’est un super-tremplin. Et lui, était dans la salle. Il m’a découverte par hasard et le soir même, il m’a dit : « J’aime ce que tu fais, je veux qu’on bosse ensemble ». J’étais fan de lui, j’étais trop contente ! Très vite, on s’est retrouvés parce qu’on a le même univers, on s’est bien entendu. Du coup, il a commencé à produire mes spectacles, c’était une grande chance pour moi.

Finalement, vous êtes un peu son alter ego féminin…

Oui, c’est vrai !

Du coup, envisagez-vous de monter un spectacle à deux ?

On n’en a pas parlé mais c’est vrai que l’on s’est beaucoup amusé lors de ses Duos impossibles, c’était assez chouette d’écrire et de jouer à deux… De confronter nos deux personnages parce que même si on a le même univers, on n’a pas la même façon de traiter les choses. En tout cas, on a pris beaucoup de plaisir.

Pour conclure, votre spectacle s’appelle « Le Diable est une gentille petite fille »… Mais, le diable, c’est vous !

(Rires) Oui ! C’est vrai que dans la vie, je suis quelqu’un de très gentil. Et sur scène, je prends le contre-pied de tout ça, je me moque de tout, de tout le monde, je dis des choses horribles mais vraiment je ne suis pas du tout comme ça dans la vraie vie ! C’est ce qui est marrant et qui me permet de balancer des horreurs !

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