Le bel Été de Philippe Krier

✏️ Yannick VERNINI 27 janvier 2017
Le bel Été de Philippe Krier

©Yannick VerniniÉtoiles

Le temps du son rock des Backstage Rodéo semble bien loin… Et pourtant. Pas tant que ça. Mais lorsque l’on croise Philippe Krier dans les coulisses du Comedia, à Paris, dirigé par le messin Nicolas Marsicano, on a le sentiment que le virage à 180 degrés qu’il a pris en intégrant le casting d’« Un Été 44 », mis en scène par Anthony Souchet, semblait écrit.

Produit par l’incontournable Valéry Zeitoun, le spectacle musical relate le quotidien, du 6 juin 1944 jusqu’à la libération, de jeunes Normands réfugiés dans une cave. Philippe Krier, originaire de Metz, campe le rôle d’Hans Brauer, un soldat allemand, enrôlé de force, aux antipodes de l’idéologie nazie. Mais comment le jeune artiste lorrain s’est-il retrouvé là ? « Avec Sylvain Lebel et Christian Loigerot, deux des auteurs, on avait une amie en commun. J’ai ensuite fait des essais sur des chansons… Ça l’a fait, je me suis retrouvé dans ce beau projet. »

La partie n’était pas pour autant gagnée pour le Messin qui vient d’un univers rock, au sein d’un groupe avec une certaine liberté, et qui a dû se fondre dans un collectif au fonctionnement millimétré. « Il a effectivement fallu que je me reformate. Je n’avais pas trop l’habitude de travailler comme ça mais c’était vraiment une expérience enrichissante, que ce soit personnellement, professionnellement et humainement. Il y a un côté très noble dans ce spectacle qui touche les familles. On voit le public ému à la fin. Des gens viennent nous dire que, grâce à ça, les grands-parents racontent ce qui s’est passé. A notre niveau, c’est vraiment gratifiant de jouer sur ce spectacle commémoratif musical. »

Un spectacle qui a imposé à Philippe Krier un important travail de recherche sur cette période pour interpréter le personnage. « Ce spectacle me touche, ma grand-mère, et finalement toute ma famille, a vécu cette guerre. Ils sont allés dans la cave pendant que mon grand-père était à la guerre. Après, j’interprète le rôle d’un soldat allemand qui ne l’a pas choisi et qui ne comprend ce qui se passe. Du coup, je me suis renseigné, j’ai rencontré un Allemand, âgé de 90 ans, qui a vécu mon rôle. J’ai énormément appris. »

Sur la scène du Comedia jusqu’au 26 février, on retrouve là un Philippe Krier métamorphosé, à la fois concentré et à l’aise, même lorsqu’il s’agit d’enchaîner des pas de danse… En attendant la tournée qui arrivera, après un court répit, avec une étape prévue au Zénith de Strasbourg, les 17 et 18 juin.

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