Les insus ? – C’était vraiment eux !

✏️ Yannick VERNINI 5 juin 2016

©Cédric Jacquot
Étoiles

Ce retour, ils étaient nombreux à l’attendre. A taper de la grole depuis des années, à s’impatienter en attendant que Téléphone rétablisse la ligne. Il faut dire que la bande à Jean-Louis Aubert avait laissé orpheline la scène rock française qui ne lui a jamais vraiment trouvé d’héritiers. Dans un même temps, le Zénith de Nancy attendait, lui, de prendre une bonne secousse. Lorsqu’à l’automne dernier les darons du rock annonçaient leur come-back, les fans sont allés allumer quelques cierges, implorant les dieux… Espérant que Les Insus ? fassent étape à Nancy. Une fois leurs prières exaucées, les places s’écoulaient en moins d’une heure. Restait plus qu’à attendre six longs mois.

Ce jeudi soir, le public est venu en pèlerinage pour monter dans cette imparable machine à remonter le temps et n’est resté assis que pendant le premier titre. Sur scène, les patrons ont remis l’église au milieu du village. Jean-Louis Aubert, donnant le ton, Louis Bertignac, bandana dans sa tignasse cendrée, et l’intenable Richard Kolinka avec ses baguettes volantes envoyaient une leçon de rock. Exit les synthés et autres boîtes à rythme, ils nous l’ont fait à l’ancienne sous des flashs de lumière métallique rythmant le tout. Les Insus ? « Crachaient leur Venin », avant de parler dans cet « Hygiaphone » ayant traversé les décennies passées aux côtés de celle qu’on appelait « Faits Divers »… A une époque où « L’Argent était trop cher » et où les vautours tournaient autour d’un enfant transformé en électron bombardé de protons, telle une « Bombe Humaine ».

Téléphone avait vu juste, mais c’était il y a des décennies… Ces morceaux cultes et intemporels n’ont jamais été autant d’actualité. Même « Au cœur de la Nuit », là où l’ange « Cendrillon » n’aime toujours pas devenir vieux. Le public frissonnait. Et lorsque « Le Jour s’est levé », le concert atteignait sa « Dure Limite » avant de partir… Direction, New York, évidemment, cet « Autre Monde » dont tout le monde a rêvé un jour ou l’autre.

Dans un Zénith de Nancy bondé, où il ne restait plus le moindre centimètre carré de disponible, Les Insus ? ont enfin remis les pendules à l’heure dans un set puissant et rugueux de plus de deux heures… Comme si Téléphone ne s’était jamais séparé… « Ça », c’est vraiment eux. Ils vont nous manquer !

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