Marc Toesca – Interview
Interview

Marc Toesca – Interview

« C’est toujours très émouvant »

Christophe Maé, Fatal Bazooka, Emile et Image, Zouk Machine et Plastic Bertrand seront présents sur le plateau des 50 ans de l’ASNL. Avez-vous gardé contact avec certains d’entre eux ?

Oui. Avec Emile et Image, on s’est croisé de nombreuses fois. Avec Zouk Machine, on a fait la tournée Top 50 ensemble l’an passé, Plastic Bertrand je l’ai aussi recroisé… Comme Christophe Maé parce que l’on est tous les deux assez proches de l’association de la Princesse Stéphanie. Il n’y a que Fatal Bazooka que je connais moins… C’est une autre génération !

Parmi la génération Top 50, certains sont-ils devenus des amis ?

On est, en effet, relativement proches même si nous vivons loin les uns des autres. Mais, à chaque fois que l’on se voit, le plaisir est là. On rigole bien de tout ce qu’on a pu faire, de tout ce qu’on a pu être…

Vous sentiez, à l’époque, une certaine liberté qui n’existe plus ?

Ah oui ! Ce sont deux époques totalement différentes. Je ne vais pas dire que c’était mieux avant. Vous savez, Emile et Image, Plastic Bertrand… C’est l’époque de l’émergence des radios libres. La musique était partout. Il n’y avait pas de contraintes de programmation comme peuvent subir aujourd’hui, je pense, les radios. Il y avait cette forme de liberté, ce côté un peu pique-nique où l’on était tous des nomades artistiques. Un jour, ça chante, un autre moins…

Le côté saltimbanque était encore très présent…

Ben oui ! Totalement, on arrivait tous d’univers très différents, absolument pas formatés. Le parcours de Gold, par exemple, le montre. Ils faisaient du bal le samedi et un jour, ils sortent une chanson et ça cartonne. Il y a ce côté-là qui est un poil perdu. L’univers de la musique et des médias a changé.

Vous évoquez les médias, après le top 50, vous êtes revenu finalement à la radio, vous qui avez débuté sur une radio pirate…

La radio reste un plaisir. Je continue d’ailleurs à en faire. J’écris et présente « Pop Story », une chronique de quatre minutes sur France Bleu, sur l’histoire de la musique, des chansons, du Top 50, des hit-parades… Je reste très attaché au vinyle, je fais, du coup, souvent référence aux hit-parades et aux 45 tours. Pour moi, la radio reste le média le plus chaleureux et le plus immédiat.

Comment avez-vous vu ou analysé l’évolution de l’univers des artistes ?

Pour moi, l’exemple le plus évident reste Balavoine. J’ai commencé à faire de la radio, lui sortait son deuxième ou troisième 45 tours. Et entre ses premiers 45 tours et « Le Chanteur », il a fallu du temps. Je crois qu’il y a deux albums qui sont passés à l’as. Ce genre de carrière serait pratiquement impossible. On ne laisserait pas autant de temps et autant de liberté à un artiste avant qu’il décolle. Aujourd’hui, on sort un album, si ça ne marche pas, c’est « merci, au revoir ». C’est peut-être aussi pour ça que les artistes qui marchent sortent essentiellement des télécrochets. Quand ils sortent un album, ils ont déjà X semaines et X primes derrière eux, devant des millions de téléspectateurs et donc une notoriété déjà bien assurée. Alors, aujourd’hui, est-ce qu’une carrière peut redémarrer comme Balavoine ? Que je cite mais il y en a plein d’autres… Ce n’est pas évident. Il y avait cet esprit où on travaille, on expérimente, on se forge un répertoire… Aujourd’hui, ils font des Zénith avec trois chansons.

Sinon, comment se passent les retrouvailles avec vos P’tits Clous ?

C’est toujours très émouvant, je dois le reconnaître. Je m’en suis rendu compte assez récemment encore. Quand j’ai arrêté le Top 50, je me suis dit « on passe à autre chose ». Et puis c’est revenu pour les 25 ans du Top 50, en 2009, lors d’un prime sur France 2. Quand on me l’a proposé, j’ai d’abord dit non, c’est du passé, je suis passé à autre chose. Le directeur des programmes m’a dit « non, viens, essaie, viens voir »… Et j’ai vu la réaction du public… Tout de suite, on me dit « vous êtes mon adolescence ! » Il y a une sorte de tendresse entre le public et moi. J’ai en face de moi des ados !

Vous êtes un peu leur madeleine de Proust !

C’est ça oui ! Je me retrouve avec des quadras en face de moi qui me parlent comme s’ils avaient 15 ans ! C’est hallucinant et ça m’a vraiment touché, je ne pensais pas que l’émission avait eu autant d’impact à l’époque !

Vous venez donc à Nancy pour célébrer en musique les 50 ans de l’ASNL. Qu’évoque pour vous le club nancéien ?

Pour moi, le club, c’est Platoche ! Et puis c’est aussi CharlElie Couture, grand supporter de Nancy. Mais c’est vrai que quand on me parle de Nancy, j’ai l’image de Platini.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *