MICHEL FUGAIN – INTERVIEW

✏️ Yannick VERNINI 22 février 2018
MICHEL FUGAIN – INTERVIEW

Vous êtes de retour avec votre projet « Pluribus » mais, cette fois, dans une nouvelle configuration passant d’une équipe de douze à sept pour un spectacle, du coup, encore plus dynamique…

C’est drôle ça, le côté dynamique ! C’est ça, c’est vraiment très différent… La différence entre un gros orchestre et un groupe.

Vous être peut-être moins une bande…

Disons pas le même genre ! On a une rythmique avec toute l’énergie que ça implique… Mais ce n’est pas la même énergie, c’est vous qui l’avez soulevé, c’est bien ça !

Pour ceux qui ont loupé le début, comment est né le projet « Pluribus » dans lequel des titres inédits cohabitent avec des tubes comme « Chante » ou encore « La fête » ?

C’est assez simple. Pierre Bertrand, qui était le responsable musical de « Pluribus » première version, il y a un moment, retourne au jazz, son domaine… Et nous, on continue. A partir du moment où il n’y avait plus d’arrangements, plus de cuivre, plus de percussions, plus de cordes, on se retrouve avec une rythmique normale et cinq voix donc un groupe, une suite logique. Cette version-là, on l’appelle « Pluribus 2.0 », c’est un logiciel qui a un peu changé et qui fait que l’on présente un spectacle, comme vous l’avez dit, avec des chansons que je ne peux pas ne pas faire. Mais quand on entend le départ de « La Fête », on ne peut pas s’attendre à avoir « La Fête » derrière. On est en 2018 et musicalement, des choses et des sons ont bougé… Même au niveau de l’énergie, c’est autre chose.

Comment se sont passées les retrouvailles avec le public ?

Très bien ! On a fait plein de spectacles, les gens ont aimé ça, le « revisitage » des chansons. Mais ça, ça fait des décennies que je vois des gens aimer ça !

C’est ce qui explique, sans doute, le succès du trio LEJ, qui revisite, en effet, les grands succès de la scène musicale…

Incontestablement et nous, avec la causerie, on s’est aperçu d’un autre truc, c’est que le public sera toujours intéressé par la chanson, c’est un moyen d’expression d’un peuple. J’ai la faiblesse de penser que le spectacle vivant reste le dernier bastion de la résistance à la déshumanisation de notre société. En tant que citoyen, j’ai envie de participer à ça. Si dans l’art que je pratique, sans « A » majuscule, j’ai cette possibilité-là, je ne vais pas me priver.

Avez-vous vu ce public changer au fil des années ?

Oui, ce n’est pas étonnant. Je vais jusqu’aux enfants qui ont pris le Big Bazar dans la tête, c’est-à-dire des gens qui avaient 7-8 ans, qui ont fait des enfants… J’ai encore leurs enfants car les parents ont transmis le bébé à leurs gamins.

Sur l’album « Projet Pluribus », on retrouve le morceau « Le Pétrousquin », de Richard Gotainer, qui manque à la scène française. Comment s’est passée cette collaboration ?

Je suis tout à fait d’accord ! Comment ça s’est passé ? J’ai rencontré un mec, qui était son ami, dans des studios, on en parle… Puis on s’est rencontré avec Richard, il a une écriture folle ! On a passé un bon moment ensemble et il me dit « je te ferai peut-être une chanson que tu n’attends pas »…Il n’avait pas envie d’un truc comme il s’écrit lui, très fin et toujours drolatique…

… Mais toujours avec plusieurs niveaux de lecture…

Ah oui toujours, c’est clair ! Il m’a envoyé « Le Pétrousquin » et me dit « alors, comment tu le trouves ? » J’ai trouvé son texte très beau, avec une vraie poésie. On l’a enregistré dans le cadre du « Projet Pluribus ». C’est Pierre Bertrand qui a fait l’arrangement. « Le Pétrousquin », c’est un truc simple, avec peu d’instruments, mais ça reste une chanson folle. Quant au fait qu’elle n’est pas sur scène, c’est simplement parce qu’il n’y a pas une chanson qui ne participe pas au sens même du spectacle, « Le Pétrousquin » ne s’y prêtait pas et puis, il y a un autre truc, je l’ai pris comme une définition de ce que je suis. Ça me gêne un peu d’évoquer sur scène un mec qui me ressemble autant !

Lorsque l’on vous écoute, vous n’êtes pas près de raccrocher, on vous sent aussi motivé qu’à vos débuts !

Mais pourquoi je voudrais raccrocher ? Je ne raccroche rien du tout ! On est dans le tour-bus, on roule de nuit et on part pour un mois et demi avec des joies qui vont venir. Tout ça est passionnant quand on est debout, qu’on a de l’énergie… Pourquoi raccrocher ? A cause de l’âge ? L’âge, je ne sais pas bien ce que ça veut dire, excusez-moi ! On a l’énergie ou pas. Il y a des mecs à 20 ans qui ne pourront jamais faire de scène. A 75 ans, j’ai autant d’énergie que j’en avais à 40. L’idée d’arrêter de me traverse jamais l’esprit, j’ai encore des trucs à faire !

📷 : Christophe Toffolo

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