MICHEL POLNAREFF – INTERVIEW

✏️ Yannick VERNINI 5 juin 2016
MICHEL POLNAREFF – INTERVIEW

©Alexandre Marchi

Étoiles

Il sera à la Fête de l’Huma… Mais pas que. Entretien avec Michel Polnareff après son passage à Amnéville… Et avant son concert à Nancy, programmé au Zénith le mardi 22 novembre… Plus de quarante ans après sa dernière venue dans la cité ducale

Après vos dates parisiennes, vous avez pris la route et enchaînez les dates en Province. Visiblement votre tournée marche bien !

Ah oui, mieux que ça, c’est fantastique !

Et comment se sont passées vos premières retrouvailles avec votre public, que ce soit en Province ou avec le public parisien, parfois un peu blasé ?

En tout cas s’ils sont blasés, ils l’ont bien caché, je peux vous dire que ça a été vraiment fantastique. Les deux premiers soirs, je ne m’en suis pas vraiment rendu compte. J’étais un peu dans le trac, un peu nerveux parce qu’à mon avis, on n’a avait pas assez rodé le truc et à partir du troisième et pour le quatrième c’était parti. Et maintenant, c’est de mieux en mieux. Personnellement, j’aime beaucoup retrouver la Province. On a l’impression, effectivement, d’amener un peu de soleil là où il y en a moins, faire oublier leurs soucis, parce que soucis il y a, ça se sent, aux gens durant plus de deux heures, c’est vraiment une motivation supplémentaire. C’est un peu ma mission d’emmener les gens vers un rêve.

Comme à Amnéville le 18 mai dernier ?

A Amnéville, c’était très sympa, c’était vraiment un spectacle de partage, comme à chaque fois. C’est sophistiqué mais j’ai aussi les meilleurs musiciens que l’on puisse imaginer. Mais on ne prend le public de haut, on partage avec lui, on ne lui donne pas de leçon. On s’amuse, on passe un bon moment, tout simplement.

D’excellents musiciens mais aussi d’incroyables choristes !

Oui, ils sont fabuleux. Le Français est fabuleux. On est très liés, ce sont vraiment les meilleurs musiciens au monde, on ne peut pas trouver au-dessus. Ce sont des virtuoses et j’ai l’intention de les mettre encore plus en valeur au fur et à mesures des spectacles qui vont continuer à évoluer. Mes deux guitaristes, quand on les entend, soit on a envie d’apprendre à jouer de la guitare, soit on arrête tout de suite !

On vous sent motivé comme un jeune premier…

C’est le cas ! C’est une joie, un privilège et un honneur pour moi d’être à leurs côtés…

Un soutien également ?

Oui, c’est énorme ! C’est à dire que c’est tellement en place que ça permet d’improviser, de faire des choses auxquelles on ne s’attend pas. Jeudi, je suis parti dans un rock’n’roll, ça m’a pris, je ne sais pas pourquoi… Et tout le monde m’a suivi ! On s’est regardé avec des grands yeux parce qu’on n’avait pas répété et le public a suivi également. J’adore jouer du rock’n’roll, c’est ma passion depuis toujours.

Plus qu’un concert, c’est un véritable show avec une scénographie incroyable que vous amenez aux gens que l’on voit bluffé, comme sur « Le Bal des Laze ». Comment ce show a-t-il pris forme ?

On voulait faire pour la première fois en Europe, du moins à ma connaissance, le premier spectacle en 3D. Durant les répétitions, je ne chantais pas. Je ne peux pas diriger la musique et voir la mise en scène. Je suis donc obligé d’être en retrait. Je n’avais pas chauffé ma voix avant la première date, tout le monde était un peu craintif… moi aussi, d’ailleurs. Et la voix, bizarrement, est meilleure qu’en 2007.

En parlant de voix, vous êtes arrivé souffrant sur le plateau de The Voice. A Amnéville, vous avez eu un mot sympa pour le jeune candidat avec lequel vous deviez interpréter un duo…

Ce jour-là, sur The Voice, j’étais complètement aphone. J’ai fait ce que je pouvais, j’avais 40 de fièvre. J’étais sous cortisone et sous antibiotiques. Je savais que j’étais pratiquement aphone et je ne voulais pas gâcher le truc. Je me suis concentré sur ma partie de piano. Il dit lui-même que c’est un des plus grands souvenirs de sa vie… Je n’ai accompagné que deux personnes dans la vie, c’est Johnny et lui ! C’est quand même pas mal ! J’aurais plus gâché sa performance en chantant, je l’avais dit la veille. C’est un mec sympa, il a très bien défendu une chanson qui est très difficile à chanter, il n’a pas choisi la fidélité. Sa carrière est loin d’être finie. Je vais vous dire un truc, les concours, c’est bien, mais moi, par exemple, j’ai fait le concours de la Rose d’Or, à Antibes, je ne suis même pas arrivé en 1/64e de finale avec « Love me, please love me » !

Sur cette tournée, vos fans revoient le film de leur vie à travers vos grands tubes… Mais où en êtes-vous avec votre nouvel album ?

Vous savez, les souvenirs c’est quelque chose qui se construit avec le temps. « L’Homme en Rouge », que j’avais un peu laissé tomber dernièrement parce que je pense qu’elle va prendre du temps à s’installer, les fans se plaignent que je ne la chante pas. Du coup, je vais la remettre dans la setlist à Genève. Pour le moment, c’est ce que j’appelle un souvenir de demain. Là, c’est vrai que chante des choses qui évoque les souvenirs de chacun et on sent le public frémir lorsqu’on lui rappelle des choses qu’il a vécues. « L’Homme en Rouge » n’a pas encore cette qualité. « Le Bal des Laze » a connu cette trajectoire, maintenant les gens l’attendent. Sinon, pour le nouvel album, il y a déjà des chansons qui sont terminées, d’autres qui sont à terminer et à fignoler. Mais pour être tout à fait franc, je ne m’en occupe pas actuellement, je suis complètement focus sur la tournée. C’est suffisamment de pression, croyez-moi. Du coup, j’ai un peu occulté l’album.

Après une telle carrière, avez-vous encore le trac au moment de monter sur scène ?

Non, ce n’est pas du trac. Je sens plus responsable que « traqueur ». J’ai vraiment envie que le public passe une bonne soirée. Jusqu’à présent, on n’a pas déçu, au contraire, c’est là ma fierté. Et ce, en dépit de tous les mauvais articles qui étaient sortis avant que je commence cette tournée. Je suis habitué, j’ai eu la même chose en 2007… On dit « il ne viendra pas »… Après c’est « le public ne viendra pas »… Ben si, je suis là, le public vient et il continue à chanter même quand je ne chante plus.

Comment prenez-vous ces critiques ?

Franchement, je les prends très mal. Autant, je n’ai pas de problème avec les critiques justifiées, autant j’ai du mal avec les critiques avant même que le spectacle commence. Ça, ça m’emmerde ! La critique, si elle est justifiée, elle ne sera jamais aussi dure que ma critique envers moi-même. Ce que je n’aime pas, ce sont les mensonges, les gens qui font un métier qu’ils ne respectent pas eux-mêmes. Ça, ça me dérange.

Hormis la musique, vous êtes très présents sur les réseaux sociaux ?

Oui, très ! Mon premier réseau social était présent déjà en 1996, c’était le « Polnaweb.com », bien avant Facebook et Twitter. Et au moment du Minitel, j’avais déjà « 3615 Polna ». J’aime beaucoup les réseaux sociaux. Comme je reste souvent longtemps silencieux, d’un point de vue des spectacles et des sorties de disques, ça me permet d’établir des communications directes avec mon public, c’est vraiment moi qui réponds, je n’ai pas de modérateur. Parfois, j’en prends plein la tronche, comme tout le monde. On ne sait pas pourquoi les mecs viennent vous insulter s’ils ne vous aiment pas, mais bon, ça fait partie du jeu. Heureusement, c’est une minorité… Comme les critiques injustes, ce n’est pas agréable. Vous savez, je suis comme tout le monde, je préfère les compliments aux critiques !

Ce qui ne vous empêche pas, parfois, de titiller vos collègues artistes…

Oui, je vois à quoi vous faites allusion. Je suis parfois taquin… J’ai un humour taquin, je n’ai pas un humour méchant.

Visiblement, l’Amiral est toujours bel et bien là et dis ce qu’il a à dire à l’instant T !

L’Amiral est toujours là et l’Amiral ne cherche pas à faire le buzz en critiquant les autres. L’Amiral répond qu’il y a besoin de répondre, c’est tout !

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