Michèle Laroque – Interview

✏️ Yannick VERNINI 12 décembre 2017
Michèle Laroque – Interview

Michèle, vous présentez votre film « Brillantissime », pour lequel vous aviez lancé un financement participatif…

Non, en fait il y a une petite confusion là-dessus. L’aventure de crowdfunding-corprod n’était pas pour ce film. C’était avant tout pour créer une communauté de gens qui ne font pas ce métier et partager un peu avec tous les émotions que l’on a, quand on fait un film. J’avais une idée de pitch et j’étais en tournée avec Pierre Palmade. J’étais allée faire des rencontres dans tous les cinémas puis on a développé une histoire que j’avais en tête parlant de terrorisme. On a écrit le scénario mais c’était avant Charlie, Le Bataclan, le 14-Juillet… On a donc décidé de mettre ce projet entre parenthèses et parallèlement, j’avais développé « Brillantissime ». Il est monté classiquement et l’argent récolté par les Coprods a servi et sert encore à organiser des choses pour eux. Il y a toute une équipe qui travaille pour eux avec des vidéos faites les jours de tournage où ils ont pu voir leur film avec des making-ofs, certains sont venus à Cannes et ont monté les marches avec moi…

Un film où l’action se passe dans votre ville, Nice…

Ce n’était pas forcément prévu comme ça au départ, on avait plusieurs villes en tête. Et puis il y a eu 14-Juillet, je voulais vraiment rendre hommage à cette région que j’aime, aux Niçois, qui sont hypercourageux, qui sont traumatisés… Et montrer que la vie est la plus forte. Le choix s’est imposé. C’est vrai qu’autour de l’histoire d’Angela, une adaptation de la pièce anglaise de Géraldine Aron que j’avais adaptée au théâtre, j’ai mis des choses très personnelles et intimes.

Une adaptation et un travail d’écriture que vous avez fait, entourée de Benjamin Morgaine et Lionel Dutemple, deux anciens auteurs des Guignols… Pourquoi ce choix ?

En fait, ce sont des amis avec qui je m’entends très bien, qui ont été aux Guignols pendant des années. Comme ils n’y sont plus, ils étaient plus libres et avaient envie de se consacrer à ce film dont on avait parlé depuis longtemps. Je savais exactement comment je voulais raconter l’histoire et l’on se complète bien. Ils ont de supers idées, ça fonctionne très bien entre nous.

Une histoire dans laquelle on retrouve deux personnages hauts en couleur joués par Kad Merad, le psy aux méthodes expérimentales, et Gérard Darmon, ce mec qui vend ses fruits dans un square et qui est, finalement, le plus à l’écoute !

Oui ! Kad est à l’écoute des autres mais avec Angela, c’est compliqué, il est amoureux. Du coup, il n’a pas vraiment envie qu’elle se reconstruise. Et Georges, joué par Gérard, qui est un peu comme un personnage sorti d’un film de Capra, devient un ange gardien, il l’écoute et s’intéresse à elle. Elle va se redécouvrir à travers les moments qu’ils vont passer ensemble.

Georges qui reste au même endroit tout au long du film, faisant des apparitions divines…

Exactement ! Il est là le bon soir, où elle est seule, quand elle va passer un moment avec lui. C’est ça aussi que j’aime chez Angela, elle n’a pas envie d’être seule et ça ne lui pose aucun problème de s’installer dans le square, à côté du vendeur de fruits, qu’elle ne connaît pas, pour lui raconter sa vie.

D’ailleurs, alors, qu’au début, on la sent déconnectée de la réalité, ce sont ces personnages qui la reconnectent au monde réel…

Absolument ! Au début, elle n’est pas dans sa vraie vie, elle est dans un livre d’images qui était peut-être un parcours imposé par sa mère, par son éducation. Et puis, avec cette épreuve énorme qui remet toutes les énergies différemment, tel un shaker, elle va bien sûr être ébranlée puis elle va se poser les bonnes questions, apprendre à se connaître, à s’aimer et se retrouver dans sa vraie vie à elle.

Le choix du casting a-t-il été évident ?

En fait, pour Kad, j’ai fait son premier long-métrage, « Monsieur Papa », et il était venu voir la pièce. Et là, il m’a dit, « si tu fais le film, je veux faire le docteur Steinman ». Effectivement, je pensais beaucoup à lui en écrivant ! Comme Françoise Fabian, j’ai toujours imaginé la mère comme ça, écrasante de beauté, de présence, d’autorité… Pour Gérard Darmon, on a créé le personnage qui n’existait pas ; Rossy de Palma, c’est venu d’un coup et c’est devenu une évidence, elle a dit oui tout de suite. Après, pour tous les autres personnages, c’est vraiment un film de copains ! Ce sont tous les gens que j’aime, qui m’ont vue démarrer. On retrouve, tout au long du film, des clins d’œil. Le chien, c’est mon vrai chien, ma fille… C’est ma fille ! L’immeuble où habite Angela, c’est l’immeuble où j’ai toujours vécu à Nice, où habitaient ma grand-mère et mes parents, le square, c’est là que j’ai fait mes premiers pas…

Parmi ces potes, on retrouve Michael Youn, Jean Benguigui, évidemment Pierre Palmade et, à la fin, la bande à Fifi avec Philippe Lacheau, Tarek Boudali, Julien Arruti et Élodie Fontan…

Avec la bande à Fifi, on est très copains. On se croise dans les festivals et on s’entend super-bien. Un jour, ils m’ont demandé de faire « Alibi.com », j’ai dit Ok mais vous faites « Brillantissime » ! Je savais que dans « Babysitting » ils avaient sauté en parachute et moi je l’ai fait une fois et j’ai adoré. Dans la pièce, ils font un stage de survie, là, ils vont se retrouver à sauter en parachute, on a écrit ça pour eux. Je les adore, ils sont vraiment super ! Ils jouent le jeu pour tout, humainement, ils sont géniaux ! C’est un bonheur de les côtoyer !

Le film sort en janvier, d’autres projets en vue ?

Oui, mas pas en tant que réalisatrice. Je vais reprendre mes projets d’actrice, j’adore ça ! Jusque fin avril, avec Muriel Robin, on va reprendre la tournée de « Elles s’aiment » et puis on est en train d’écrire un film, avec Benjamin Morgaine et Lionel Dutemple, pour nous deux, qui s’appelle « Mariage pour toutes » !

📷 : Céline BRACHET

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