MICHÈLE LAROQUE – INTERVIEW

✏️ Yannick VERNINI 29 septembre 2016
MICHÈLE LAROQUE – INTERVIEW

©Pascal VictorÉtoiles

Originaire de Nice, Michèle Laroque sera au Zénith, ce soir, aux côtés de Pierre Palmade, 20 ans après « Ils s’aiment ».

Vous fêtez, sur scène, vos noces de porcelaine avec Pierre Palmade. Avez-vous vu filer ces 20 années ?

C’est vrai qu’on a l’impression que c’était il y a peu de temps mais on a aussi vécu beaucoup de choses durant ces 20 ans. Quand on se penche sur cette période, on a beaucoup de souvenirs même si, effectivement, je me souviens parfaitement du jour où on a créé « Ils s’aiment »… Ça me semble très proche.

Et vous souvenez-vous de la première sur scène ?

C’était à Carquefou où nous étions en résidence. Ça s’était vraiment très bien passé… On a pris un énorme plaisir.

Votre duo a très vite fonctionné, Isabelle et Martin sont nés et le public a suivi. Vous y attendiez-vous ?

Je me souviens que je n’avais pas de gros doutes sur l’écriture, celle de Murielle et Pierre est toujours intelligente, croustillante, les gens peuvent s’identifier. Il y a un amour de l’humain qui fait que l’humour passe encore mieux mais ce succès-là était difficile à prévoir. En fait, je me suis rendu compte que toutes les générations s’identifiaient à ce couple, même les enfants qui disent « c’est comme mes parents » ! Les relations affectives, on peut y mettre tellement de choses que c’est sans fin !

D’ailleurs, ceux qui avaient une vingtaine d’années à l’époque ont pu constater que vous aviez raison !

C’est sûr qu’ils ont dû penser à nous ! Ce qui est très sympa, ce sont mes souvenirs de couples qui ne se parlaient plus depuis un mois et qui se sont redonnés la main durant les spectacles. Il y a vraiment eu un échange très chaleureux avec le public.

Isabelle et Martin ont-ils mûri, finalement ?

C’est un peu le principe du troisième, « Ils se re-aiment » puisqu’ils se disaient « plus jamais on se sépare ». L’idée était de vivre des aventures extraordinaires, tout le temps, qui font que cela dépasse le couple. Là, dans le quatrième volet, ils n’ont pas mûri puisqu’on reprend les scènes des trois premiers.

La sélection a-t-elle été compliquée à faire ?

Pas du tout. On a regardé ensemble… Il y avait des évidences apportées par le public avec des scènes devenues, en quelque sorte, cultes. Ce sont des tubes, tout le monde connaît le texte par cœur, à la virgule près. Il y avait donc les tubes qu’on ne pouvait pas ne pas mettre, ceux qui marchaient vraiment très fort et puis ceux que l’on s’amuse tellement à jouer que l’on ne pouvait pas se priver de ça.

Vous prenez, visiblement, le même plaisir qu’il y a 20ans…

Oui… Et peut-être même plus. Le temps fait qu’on a compris encore d’autres choses sur la vie, sur l’humain. On rajoute des choses, du coup. Je crois que je ne me suis jamais autant amusée sur scène qu’en jouant ce spectacle.

Là, Muriel Robin, qui le met en scène, apparaît dans certaines représentations. C’était une façon de la remercier ?

Non, juste faire un cadeau… Faire un cadeau au public et se faire un cadeau à nous-même. J’ai rarement connu ça avec quelqu’un sur scène. Muriel, c’est vraiment une bête de scène, une guerrière du rire. Elle joue sa vie sur scène, c’est admirable ! Là, j’ai vraiment l’impression d’être au top de ce métier, de cet art majeur qu’est la comédie, comme me le disait souvent Jacques Villeret.

En deux décennies, la société a évolué. Ressentez-vous, un besoin plus grand du public de passer des moments légers ?

Oui, il est certain que quand il y a du stress, il n’y a pas mieux que le rire. C’est une sortie de secours exceptionnelle !

Proposer, justement, un sas de décompression est presque devenu une mission pour vous…

Souvent, vous savez, les humoristes ont besoin du rire, dans leur vie, pour surmonter leur sensibilité. C’est un fonctionnement qu’ils connaissent bien et qu’ils partagent.

En avez-vous justement besoin ?

Oui… Moi, c’est le fait de rire qui permet de surpasser les choses qui me font souffrir et qui me touchent beaucoup, qui pourraient me rendre très malheureuse. Le rire est une force de survie extraordinaire… Le rire rend heureux !

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