Mika – Interview

✏️ Yannick VERNINI 5 décembre 2015
Mika – Interview

©Peter LindberghÉtoiles

[Morceaux choisis]

Vous revenez avec votre nouvel album, « No Place in Heaven ». Comme tous les autres, c’est une façon pour vous une façon de vous exprimer…

Absolument. Ça, ça ne change vraiment pas. Du moins pas pour l’instant. Quand j’écris, quand je compose, c’est comme si j’étais transparent. J’ai le courage d’écrire des choses que je ne peux pas faire, ni dire dans ma vie normale. Je peux même explorer des choses qui me dérangent et surtout, ça m’aide à gérer ma vie ! Du coup, lorsque j’écris, je me sens mieux. C’est un drôle de sentiment mais je pense que tout le monde l’a en commun. Je pense d’ailleurs que pour un journaliste, c’est la même chose, ça donne un sentiment de valeur. On devient très facilement addict…

Est-ce ce sentiment et ce besoin qui vous ont poussé à sortir votre premier album, en 2007. Un opus dans lequel vous abordez des sujets de société comme la discrimination, l’homosexualité, la transition entre l’adolescence et le monde adulte…

En fait, ce sont des sujets qui font partie de ma vie. Ce ne sont pas des sujets que j’ai choisis, comme ça, au hasard. Mais des sujets que je dois gérer, que je dois comprendre et qui me tiennent à cœur. Quand j’écris, j’ai le sentiment d’appuyer sur « pause » et d’arrêter le temps. Et lorsqu’on regarde mes albums, on peut suivre les changements dans ma vie. Dans le deuxième, par exemple, on retrouve la peur d’avoir trop partagé ; dans le troisième,  ce sont des moments difficiles, douloureux, pleins de peine et de douleur que l’on retrouve. Dans le quatrième, on est comme après l’orage du troisième, comme si les choses commençaient à se rouvrir. Mais oui, j’avoue totalement que mes albums sont un reflet de ma vie, avec ses bons et ses mauvais moments.

Un processus de création qui vous aide, visiblement, à surmonter les épreuves…

Oui, c’est ça. Et je sais que pouvoir faire ça est un privilège. Lorsqu’on grandit dans une famille comme la mienne, avec ce côté libanais et oriental, cette pudeur héritée, si on parle de notre vie, de notre travail, c’est comme si on lavait notre linge sale publiquement. Alors qu’en fait, ce n’est pas vrai, c’est une chose importante, il faut le faire sans avoir honte. Plus jeune, lorsque je chantais des chansons écrites par d’autres j’étais déçu, ma voix était trop particulière, ça ne fonctionnait pas. Du coup, j’ai écrit mes propres compositions et cette limite m’a aidé, je peux écrire et chanter sur ce que je veux. Ça a ouvert quelque chose de plus important.

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