Nana Mouskouri – Nana chante la paix

✏️ Yannick VERNINI 9 avril 2016
Nana Mouskouri – Nana chante la paix

©Alexandre MarchiÉtoiles

« Si je chante, c’est pour la paix, l’optimisme. » Nana Mouskouri est ainsi et l’a toujours été, en fait. Elle, artiste européenne de la première heure qui a toujours fait tomber les barrières et franchi les frontières avec sa générosité, sa musique, ses chansons dont certaines sont devenues de véritables hymnes ancrées dans l’inconscient collectif. Sa venue, ce dimanche après-midi, constituait un événement en soi. Des années que son public attendait de la voir sur scène. Et pour que ce moment demeure rare, unique, intimiste, Nana Mouskouri a transformé l’Espace Chaudeau de Ludres en un piano-bar New-Yorkais à l’ambiance feutrée. Un univers cosy qu’elle a illuminé en arrivant sur scène, drapée, telle une diva immortelle, dans une scintillante robe immaculée.

Nana Mouskouri disait alors « Adieu Angélina » avant un moment de poésie avec « Pauvre Rutebeuf », en mémoire de « ces amis que le vent nous emporte ». Mais surtout, l’artiste rappelait que « La Vie, l’Amour, la Mort » étaient le cheminement d’une existence dont nous sommes, quelque part, maître… « Try to Remember », disait-elle. Ces souvenirs qui font parfois du bien, redonnant, « Comme un Soleil », un supplément d’énergie et d’optimisme dans cette morosité qui ronge notre société. Et bien qu’elle ait été députée européenne, il n’y a pas de place pour la politique stérile dans ce répertoire élégant… Un répertoire où, dans ce jardin qui aime la vie, « Tous les arbres sont en fleurs » et dans lequel « L’Enfant au Tambour » donne le frisson… Comme lorsque Nana Mouskouri rappelle toute l’admiration qu’elle a pour Whitney Houston et Amy Winehouse, « partie tellement jeune » et dont elle a repris, dans un registre très jazzy, « Love is a losing Game »… Cet « Amour en héritage » que « La Rose Blanche de Corfou » et le lumineux « Tournesol » ont toujours subtilement illustré. Tout comme ses rencontres avec les plus grands, d’ailleurs. Des légendes auxquelles elle a rendu un vibrant hommage, en reprenant, entre autres, « Les Feuilles Mortes », « La Vie en Rose », interprétée en allemand, ou encore « Smoke Gets in your Eyes » des Platters… Et ce, en toute humilité. On ne se refait pas… Nana Mouskouri a toujours été ainsi. Ce qui explique sans doute cette carrière hors normes.

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