Nancy : le maître d’école d’Émilie Thérond

✏️ Yannick VERNINI 9 janvier 2016
Nancy : le maître d’école d’Émilie Thérond

©Pierre MathisÉtoiles

Prendre aux tripes avec des sentiments simples, humains… Avec du bon sens, des scènes de vie que l’on a tous, finalement, vécu un jour ou l’autre. C’est ce qu’a réussi la réalisatrice Émilie Thérond avec son film documentaire, véritable hommage à l’enseignement, « Mon Maître d’Ecole ». Ou le quotidien de Jean-Michel Burel, l’unique instituteur de Saint-Just-et-Vacquières vivant là son ultime année scolaire qu’il va finalement savourer jour après jour, saison après saison. Cet instit qu’Émilie Thérond a eu en classe, passionné par son métier… Un sacerdoce, en fait. Au point de laisser la salle de classe ouverte quasiment sept jours sur sept, faisant de l’école « une seconde maison ». Mais surtout, le documentaire remet l’église au milieu du village. Et renvoie les parents à l’essentiel avec une bonne dose de bon sens. Des querelles de cour de récré aux discussions ouvertes sur les différences de chacun, en passant par les dictées ou encore ces sacrées leçons d’histoire où les événements s’entrechoquent dans les jeunes têtes. Des « têtes bien pleines, certes, mais il faut aussi des têtes bien faites », lâche, au détour d’une scène, l’enseignant qui rassure au passage tous les parents… « Rien n’est jamais définitif avec les enfants », envoie-t-il avec le recul et la sagesse qui l’anime après quarante années d’enseignement. Faisant de sa salle de classe une école de la vie, « un temple de la République »… «C’est en tombant, en se blessant que l’on grandit… » La douleur, justement, « Bubu » la ressent. Mais elle n’est pas physique. Elle est ailleurs et s’amplifie au fur et à mesure que ce 5 juillet approche. Date à laquelle il devra poser ses craies. Ce départ à la retraite, l’enseignant finira par l’admettre, l’accepter. Ses élèves également…

Demaison producteur

Comme Émilie Thérond. « Il m’a appris les valeurs de la vie, appris à écrire, à écouter. Il m’a inculqué l’amour de raconter des histoires, la tolérance, le respect de l’autre, la solidarité, la bienveillance vis-à-vis de l’humanité, aller chercher chez l’autre ce qu’il a de meilleur… Ça m’a construit. »

Lorsqu’elle a retrouvé Jean-Michel Burel quelques décennies plus tard pour lui proposer le projet, la réalisatrice l’a retrouvé tel qu’elle l’avait connu. « J’avais peur qu’il ne soit plus le même ! Mais si ! Il a accepté et lors du tournage, la dramaturgie s’est mise en place, progressivement… Ça l’a submergé. » Cette dramaturgie a d’ailleurs frappé François-Xavier Demaison qui « a eu les poils » lorsqu’Émilie Thérond lui fait découvrir un teaser de trois minutes. Il décide alors de se lancer et devient un des producteurs du documentaire qui tape également dans l’œil de Disney. Dans un même temps, Yodelice accepte de mettre en musique l’ensemble… Et après 150 heures de rush, Émilie Thérond livre ce documentaire à la fois tendre et poignant. Mais surtout terriblement humain qui renvoie aux fondamentaux qui font, souvent, terriblement défaut. Une belle leçon de vie et d’engagement qui feront prendre conscience de nombreuses choses aux plus jeunes et qui rassurera de nombreux parents !

 

You may also like