Nawell Madani – Interview

✏️ Yannick VERNINI 28 janvier 2017
Nawell Madani – Interview

©Cédric JacquotÉtoiles

Vous êtes de retour avec votre spectacle. A-t-il évolué ?

Oui, ce sont les dernières dates de cette grosse tournée. Je mets toute mon énergie, tout ce que j’ai, mes idées, afin de dire au revoir au public… Et ce sera ainsi jusqu’à ma dernière date, jusqu’à la captation.

Comme vous l’avez dit, cette tournée a démarré il y a un certain temps maintenant et avec un gros succès, notamment à Paris. Comment avez-vous vécu cette notoriété grandissante ?

En fait, j’étais dans l’action… Tous les soirs il fallait que je monte sur scène, que je fasse le job. Je n’ai pas eu le temps de trop le sentir… À part la fatigue parce qu’il faut être au taquet et être efficace et en télé, et en promo. On a, tout à coup, un agenda qui se charge. On passe de rien à tout ! Il faut construire une équipe qui vous entoure et regarde dans la même direction que vous. C’est surtout ça qu’il fallait gérer ! Quant au succès, vous savez, j’ai une trentaine d’années… Si je l’avais rencontré à 20 ans, peut-être que cela aurait été plus compliqué mais j’ai les pieds bien sûr terre, je sais que l’essentiel est ailleurs.

Notamment à Bruxelles, chez vous. Avoir rencontré le succès et la reconnaissance dans son pays est-il une fierté supplémentaire ?

Oui ! J’ai été la seule humoriste belge à avoir fait le Forest National. J’étais très honorée de le remplir à un mois des attentats. D’être d’origine maghrébine, cela a donné un message d’espoir à toute une génération. Il faut qu’ils s’accrochent. Ça a été un joli moment que j’ai partagé avec ma ville natale.

Faire rire les gens, dans ce contexte, a-t-il été compliqué ? D’autant que vous abordez des thèmes parfois graves…

Vous savez, ce sont les choses les plus graves ou les galères dont on rit. On ne va jamais raconter une histoire qui se passe bien. On ne raconte pas le jour où l’on est allé chercher une voiture chez le concessionnaire mais plutôt celui où l’on est resté en panne cinq heures sur le bord de l’autoroute. Dans un show, il faut le recul nécessaire, que le temps fasse les choses et trouver le bon angle… Et le faire au bon moment. On ne se pose pas toutes ces questions, l’humour reste une question de feeling et d’instinct. Quand on joue dans une ville, on jauge le public et on voit là où c’est dangereux… En tant que femme et avec mes origines, je suis toujours sur le fil du rasoir.

Au fil des mois, avez-vous vu votre public évoluer ?

Complètement. J’ai, dans un premier temps, attiré un public qui me ressemble et qui s’est identifié à moi physiquement. J’étais la première humoriste à parler à toute une génération qui se sentait un peu orpheline et qui ne se reconnaissait pas dans Muriel Robin ou Florence Foresti. Là, je m’habille comme elle, fais des selfies, des hashtags, j’écoute du Beyoncé, je mets des talons de 12 et j’ai les ballerines dans mon sac… Forcément, elles se reconnaissent en moi. Puis elles ont ramené leurs petits copains et ainsi de suite. Après, les passages chez Laurent Ruquier et Thierry Ardisson m’ont permis d’élargir mon public. Mais ça, c’est le temps qui fait les choses. Aujourd’hui, il y a autant d’hommes que de femmes et le panel de générations s’est élargi.

On vous a connue avec vos « Instawell » et leurs 20 millions de vues, puis avec votre spectacle… En attendant votre film sur lequel vous travaillez…

C’est ça. Je viens de terminer mon film qui s’intitule « C’est tout pour moi » dans lequel j’ai invité François Berléand à me donner la réplique. C’était une aventure exceptionnelle. L’histoire d’une provinciale partant à la conquête de Paris, des étoiles plein les yeux, et qui se frotte à la jungle parisienne. Et qui va connaître pas mal de déboires… Ce n’est pas un récit autobiographique mais je me suis inspiré de pas mal de choses que j’ai vécues et des milieux dans lesquels j’ai évolué. C’est un film qui me tient vraiment à cœur, que j’ai écrit, réalisé et dans lequel je joue. Pour un premier long-métrage, ce n’était pas simple mais le résultat est à la hauteur de mes espérances. Entre-temps, j’ai joué dans « Alibi.com », réalisé par Philippe Lacheau, qui sort le 15 février, et dans lequel je joue la maîtresse de Didier Bourdon.

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