Nicolas Vanier : « Un hymne à la Sologne que j’aime »
Cinéma Interview

Nicolas Vanier : « Un hymne à la Sologne que j’aime »

« Un hymne à la Sologne que j’aime »

Nicolas Vanier : « Un hymne à la Sologne que j’aime »

Entretien avec Nicolas Vanier qui a présenté, en avant-première, « L’Ecole Buissonnière » à l’UGC Ciné-Cité de Ludres.

Entre l’histoire et les images époustouflantes, dans lesquelles la nature est en « vedette » et auxquelles, une fois encore, vous avez apporté un soin particulier, comment s’est passé le tournage en Sologne ?

Ça a été difficile mais surtout passionnant ! J’ai grandi en Sologne, c’est ma terre, c’est mon pays… J’ai peut-être attaché un soin encore plus particulier, par rapport aux autres films, pour être proche de ce que j’aime. Faire un hymne à cette Sologne que j’aime. J’ai une profonde connaissance de ce territoire, des animaux… J’ai aussi, au fur et à mesure de ces projets où l’on a filmé la nature, identifié des équipes et des gens sachant faire preuve d’humilité, de patience et de talent pour la filmer. En y ajoutant un peu chance – avec une belle météo -, j’ai pu peindre les tableaux que je désirais faire de cette belle Sologne.

Des tableaux dans lesquels prennent place des personnages, comme celui de Totoche, interprété par François Cluzet, habitant dans cette drôle de maison… Ce braconnier marginal, mais aussi véritable bricoleur et terriblement humain…

C’est un amoureux de la forêt, tout de même assez cultivé, qui a un côté Alexandre le Bienheureux, un peu à part. C’est un cadeau extraordinaire que m’a fait François en acceptant ce rôle. Je trouvais qu’il collait parfaitement pour interpréter ce personnage rugueux, antipathique et difficile au début du film et dont on s’aperçoit, en grattant un peu, qu’il est tendre, plein de générosité, avec ce regard tendre qu’il porte sur cet enfant à qui il transmet, finalement, tout ce qui se serait perdu s’il était resté seul.

On retrouve ces traits dans le personnage du comte, joué par François Berléand, dont la carapace se fissure au fur et mesure que l’on avance dans le film… Et là aussi, c’est le jeune Paul, campé par Jean Scandel, qui fait qu’elle se brise…

Oui, le petit garçon grandit intérieurement au fil de l’histoire qu’il traverse mais il fait surtout grandir les autres. C’est en cela que l’histoire me plaisait et qu’elle a aussi séduit les deux François,  Eric et Valérie.

Eric Elmosnino est lui aussi bluffant avec son personnage de Borel, une ‘’peau de vache’’ qui fait finalement preuve d’une belle humanité…

C’est tout le talent d’Eric, cet acteur exceptionnel que l’on connaît, qui a su faire de Borel quelqu’un à la limite du burlesque, un peu bourru dans sa façon d’être et ses choix. Il va grandir, comme les autres, au contact de ce gamin, qui est au cœur d’un secret bien gardé et va séduire tout le monde.

Ce monde au milieu duquel Célestine, tendre et forte, interprétée par une incroyable Valérie Karsenti, fait office de lien… Elle qui est la seule à connaître le secret du jeune Paul...

J’ai effectivement trouvé la prestation de Valérie incroyable. Elle est toujours extrêmement juste, très émouvante, avec des petits riens très subtils dans son jeu. C’est une vraie révélation car ce n’est pas celle que l’on connaît. Elle est vraiment bluffante, elle apporte énormément à l’émotion.

Elle qui se rend compte, finalement, que le comte a un côté très rock’n’roll… Un peu réac avec ces gitans qu’il accueille sur son domaine…

Oui, il a ce côté qu’ont souvent ces personnes engluées dans leur fonction, dans ce qu’elles sont, dans leur histoire avec le poids de la tradition et la religion… Des contraintes énormes qui l’ont empêché d’être ce qu’il aurait voulu être. C’est-à-dire partir danser avec une gitane. Ça transpire à travers son regard et son attachement qu’il porte sur ces gitans auxquels il finit par donner un bout de son territoire. C’est quelque chose que j’ai ressenti très fortement. Aujourd’hui, en Sologne, il y a quelques vieilles familles et des personnages englués dans ce qu’elles leur ont laissé.

Si votre film est un véritable hymne à la Nature, et à ses codes, c’est aussi un plaidoyer pour un retour aux fondamentaux, à une vie saine et simple…

J’ai vraiment la sensation qu’en une dizaine d’années, le monde s’est emballé, on a été très vite. Et comme quelqu’un partant précipitamment de chez lui, il en vient à oublier les choses essentielles. Cette sensation-là que j’ai aujourd’hui vis-à-vis de l’humanité, qui, dans bien des pays, est partie dans une accélération exponentielle. C’est vrai que ça fait du bien de renouer avec cette période où il y avait de la solidarité, de vraies valeurs de transmission d’une génération à une autre, de respect et surtout une très grande reconnaissance vis-à-vis de cette nature qui nous donne tout. Maintenant, on fait dire aux enfants que le lait vient du magasin ! Ça fait effectivement du bien, c’est le message que j’essaie de faire passer avec cette histoire à travers ce personnage… Cette reconnaissance que nous devrions tous avoir pour la Nature qui nous donne tout.

Vous évoquiez le respect de la nature et de la transmission… Finalement, celui qui ne la respecte pas c’est le fils du comte et s’agissant de la transmission, la scène de la chevalière, trop grande pour lui, illustre parfaitement qu’il n’est pas de taille…

Pour la petite histoire, ce moment-là n’était pas facile à filmer pour qu’il soit juste. Effectivement, il y a quelques moments assez symboliques dans le film comme un plan que personnellement j’adore, peut-être celui que je préfère, celui de François, à la fin, qui est filmé avec le château en fond et qui sonne. C’est très émouvant. Il y a pas mal de petits symboles comme ça que l’on peut lire et relire.

 

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