Norman – Norman fait une scène

✏️ Yannick VERNINI 5 décembre 2015
Norman – Norman fait une scène

©Fred Marvaux

Étoiles

On y est… Après avoir mis la toile et You Tube à ses pieds avec ses vidéos qui cumulent des millions de vue, l’humoriste 2.0 a décidé de descendre dans l’arène. Ou plutôt de monter sur scène. Pas forcément simple l’exercice lorsque l’on a des fans que l’on ne perçoit pas, en fait. Passer du virtuel à une réalité scénique qui peut parfois être rude. Pris en main par l’incontournable Kader Aoun, Normana bûché dur. Jouer devant quelques personnes qu’il ne faisait pas toujours rire. Mais qu’importe… Le one-man-show a pris forme, a été rôdé dans des petites salles avant de partir à l’assaut des Zénith.

Hier soir, à Nancy, ils étaient deux mille à avoir fait le déplacement. Et pas pour rien puisque c’est en musique que le « You Tubeur » – «si si, c’est un métier » – est entrée sous les projecteurs. Ray Ban sur le nez, le rockeur décoiffant s’est rapidement remis dans la peau de l’humoriste. « ça fait bizarre de vous voir en vrai… » Lui, le « nouveau Bob l’Eponge », et qui est « internet, accompagné de son copain, wifi ». Jouant avec le décalage qui existe entre la perception que les gens ont de lui et la réalité. Une réalité qui a pris vie dans la Nord, là où « les prénoms sont choisis dans Télé 7 Jours »… Le Nord, cette région « tellement pauvre que même les Rom sont partis » et à laquelle « W9 rend régulièrement hommage ». Parce que sur scène, Norman, c’est aussi une bonne dose de politiquement incorrect. Notamment lorsqu’il évoque la ville où il habite… Montreuil, là où « il y a des mecs qui courent mais pas parce qu’ils font leur jogging ». Une ville coupée en deux entre « les sans porc et les sans gluten », lui habitant dans le premier quartier aux épiceries dépayasantes. L’hindoue « aux prix inventés en live », la bio « pour les milliardaires et qui vend du savon sans savon »…

Déroulant ainsi le film de sa vie, Norman en pouvait pas faire l’impasse sur sa famille et sa tante « pas toujours raciste qui met la totalité du mail dans la case objet ». Ou encore son père avec qui il joue « à Call of Duty », qui « envoie des textos vides et appelle depuis sa poche ». Et qui boucle les repas de familles avec un « steffie qu’il va mettre sur Amstramgram ! »

Cette fresque sociétale à la fois réaliste et légère, mise à la sauce Norman Thavaud, passait, dans la foulée, en revue les réseaux sociaux, évidemment Apple et ses génies, « sauf celui qui a bossé sur la batterie », évoquait les repas avec ses potes et leurs gosses ainsi que ses stages non rémunérés… L’occasion de rappeler que seuls « les stagiaires savent ce qu’il y a vraiment dans le café qu’ils apportent ». Une dernières volée irrévérencieuse avant un dé­ part en musique. Après les vi­déos, Norman a fait une scène.

You may also like