ODEZENNE – INTERVIEW

✏️ Yannick VERNINI 26 février 2016
ODEZENNE – INTERVIEW

 

©Mathieu NietoÉtoiles

Vidéo, musique… Avec Odezenne, vous êtes de véritables touche-à-tout. Au final, vous définissez-vous comme un groupe ou un collectif ?

C’est une question intéressante… En fait, on se considère plus comme un équipage. On a une méthode très navale, on est organisé comme sur un bateau. Pour un groupe ou un collectif, on peut se dire que l’on va participer à tout, alors que dans un équipage, celui qui gère sa spécialité, va la gérer totalement et ne pas intervenir, ni interférer, dans celle des autres. Mais il est possible qu’il puisse résoudre un problème dans un autre secteur si le mec n’est pas là. Comme dans un équipage, nous essayons en permanence d’avancer.

Un équipage qui s’est fait connaître en « navigant » sur le web avant de se faire connaître du grand public…

Exactement… Mais on n’est pas énormément dans la lumière non plus, nous ne sommes pas Bob Dylan ! On a la tête dans le guidon. On est en pleine tournée, on va venir en fin de semaine à Nancy, on passe par Orléans, Amiens… Quand on rentre dans nos locaux, on travaille aux projets qui vont venir, on envoie des colis aux gens qui nous ont commandé des disques… Du coup, ça fait plusieurs années que nous avons la tête dans le guidon… C’est un peu compliqué de dire si ça a changé quelque chose, comment on apprécie ce qui nous arrive. Je passe mon temps à surveiller la route, pour ne pas tomber. Rien n’est gagné, il ne faut pas en rester là.

Quoi qu’il en soit, vous avez su conserver votre éclectisme musical… La patte Odezenne ?

On ne cherche pas forcément à faire quelque chose. On fait ce qu’on peut ! Faire une chanson qui nous plaise, à tous les trois, c’est déjà compliqué à trouver ! Au final, on ne fait rien à l’avance et du coup, cette palette musicale aussi large n’est pas volontaire. Et en plus, ça nous plaît !

Une palette dans laquelle vous ne vous interdisez rien… Notamment des textes parfois crus… Vous travaillez en toute liberté…

Exactement  ! On revient toujours à la même chose. Faire une chanson, c’est déjà compliqué… Si en plus tu dois choisir tes mots, tes pensées, tu pars dans la mauvaise direction… Mais ça, c’est notre façon de faire.

Le groupe Odezenne a vu le jour en 2008 et dans la foulée, vous avez créé votre Label, Universeul. Pourquoi ?

Quand tu bosses et fais un premier disque – « Sans Chantilly » -, que tu envoies des maquettes et que personne ne te répond ou que le peu de réponses que tu as, sont négatives, soit tu arrêtes, soit tu continues et tu t’organises… Universeul est la continuité de cette organisation, c’est encore notre label aujourd’hui…

Vous travaillez également avec le label indépendant Tôt ou Tard, récompensé lors des dernières Victoire de la Musique avec Vianney et Yael Naïm… Un label qui est connu pour laisser, justement, une totale liberté à ses artistes, s’inscrivant, du coup, dans la continuité d’Universeul…

On est en totale liberté, c’est exactement ça !

Vous vous connaissez depuis le collège… Vous avez réussi à ne pas vous perdre de vue, comme c’est parfois le cas… Est-ce la musique qui a servi de lien ?

Ce qui fait que l’on reste ensemble tous les jours c’est vraiment l’amitié. Sans démagogie. Chaque jour, on est ensemble, on dort tous les trois dans la même maison… C’est l’équipage quoi ! Mais c’est effectivement la musique qui est le lien.

Pour conclure, avez-vous revu votre proviseure… Madame Odezenne ?

Non mais on doit la voir bientôt pour faire une photo avec elle !

 

You may also like