Pascal Obispo, tout simplement

✏️ Yannick VERNINI 14 mars 2019
Pascal Obispo, tout simplement

Un nouvel album éponyme en poche, Pascal Obispo repart en tournée et passe par les petites salles avant d’attaquer les Zénith. Entretien avec celui qui se posera à l’Espace Chaudeau pour deux dates, les 16 et 17 mars.

Comment cet album a vu le jour ?

J’ai enregistré cet album chez moi, dans mon propre studio. On peut y aller quand on veut, on n’est pas contraint, pas dans l’urgence du moment crucial où il faut avoir la bonne idée. Vous pouvez faire tout et n’importe quoi et vous ne gardez que le meilleur à chaque fois. Là, j’ai travaillé sur une période de deux ans et demi. Pour cet album, je voulais retrouver mon ADN musical parfait.

C’est ce qui explique que vous ayez attendu le onzième opus pour faire un album éponyme ?

Non, en fait, j’ai changé de maison de disques et j’ai beaucoup travaillé sur les textes. C’est la première fois que ça m’arrive. On a tous eu le sentiment que je faisais quelque chose de beaucoup plus « personnel ». On a beaucoup entendu parler des albums très personnels… Celui-ci l’est profondément, c’est presque un album autobiographique. Quand on écrit à la main plus que sur ordinateur, que l’on revient à la source de ses influences et de la musique qui nous ont construits, on peut commencer à dire que j’ai fait un album personnel. Certaines chansons le prouvent. Le côté éponyme vient de là, on est allé au fond de ce que je suis. C’est vraiment la musique que j’écoute et que j’aime.

Comme les artistes qui sont dans cet opus ?

Oui, ce ne sont pas des artistes que je suis allé chercher et que j’ai invités pour vendre des disques, sinon j’aurais pris des artistes venant du milieu urbain, on est d’accord ! C’est vraiment un disque collant à la musique que j’aime et qui m’a construit depuis toujours. J’ai beaucoup voyagé, travaillé avec plein d’artistes.

C’est aussi un album truffé de références, jalonné de moments de vie… Un peu comme une madeleine de Proust retraçant les grands moments d’une existence…

C’est exactement ça. Quand on achète un cahier et que l’on décide réellement d’écrire des textes, que l’on n’est pas un auteur mais simplement parolier de son album, l’idée est d’essayer d’être le plus vrai, le plus juste… Et non pas d’inventer des histoires. Je n’en ai pas inventé dans ce disque, c’est pour ça qu’il s’appelle « Obispo ». Hormis sur la pochette, et la magnifique photo de Yann Orhan, il n’y a pas de posture, on est au plus près de ce que je suis. Les textes racontent mes lectures, mes peintures, mes photos, mes réflexions… Tout ce que j’ai pu lire entre les lignes… Les choses de la vie. Si j’avais pris un auteur, j’aurais pu trouver un joli titre. L’idée d’écrire ses paroles c’est pour être au plus près de ce qu’on est, finalement.

Il y a beaucoup de vos références… Mais aussi beaucoup de vous, tout simplement, de vos émotions… Notamment avec le titre « On n’est pas seul sur la Terre » relatant l’accident dont vous avez été témoin…

Oui, bien sûr ! L’accident, ça fait plus de dix ans maintenant. Je n’avais jamais osé en parler. Au moment d’écrire, vous vous dites qu’est-ce que je vais encore faire comme gimmick pour parler des phacochères en Afghanistan ? Vous vous dites Allez, vas-y, lâche un peu, raconte tes propres histoires. Lorsque j’ai fait le bilan des histoires et des choses fortes qui m’ont marqué dans la vie, je les ai notées. Une partie de ces histoires est dans cet album.

Vous évoquez également les réseaux sociaux, avec une analyse très fine lorsque vous parlez du côté rassurant de cette bulle… Comment les percevez-vous ?

Je ne m’en sers uniquement pour ne pas parler de ma vie privée ! Tout simplement. C’est une espèce de syndrome actuel… J’y suis allé, j’observe… J’ai vu les limites que je ne voulais pas dépasser. Pour moi, contrairement à ce que dit le patron de Google, la vie privée n’est pas une anomalie. Comme cela est écrit dans le livre « L’Homme Nu », que je conseille à tout le monde ! La vie privée doit le rester mais les gens adorent savoir tout sur les autres. Pour vivre heureux, vivons caché. Le bonheur, pour moi, c’est ça. Les filles et certains garçons ont encore des journaux intimes… Mais ils montrent tout sur ces réseaux !

Crédits Photos : Yann Orhan

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