Polnareff Enfin !

✏️ Yannick VERNINI 1 octobre 2018
Polnareff Enfin !

L’Amiral est enfin de retour avec un nouvel album… Le bien-nommé « Enfin » ! Ses moussaillons sont aux anges.

Vingt-huit ans… C’est le temps qu’il aura fallu aux fans pour avoir entre les mains un nouvel album de l’inoxydable Michel Polnareff. L’artiste de tous les superlatifs, et qui le prouve une nouvelle fois avec cet opus, le bien-nommé « Enfin ! » qui était attendu… pour fin 2015, début 2016. Un single, « L’Homme en Rouge », déboulait et faisait trépigner les moussaillons d’un Amiral qui partait alors sur les routes avec une tournée des Zénith. « Pour le nouvel album, il y a déjà des chansons qui sont terminées, d’autres qui sont à fignoler. Mais pour être tout à fait franc, je ne m’en occupe pas actuellement, je suis complètement focus sur la tournée ! », déclarait Michel Polnareff, qui reprenait alors tous ses grands tubes sur les scènes de l’Hexagone. Ce qui n’était pas pour déplaire à son public, revivant là le fil de sa vie. Mais rien de nouveau à l’horizon.

Pas assez pour en vouloir à celui qui s’est exilé en Californie… Là où a pris forme « Enfin ! », sorti fin novembre avec son simple cadenas déverrouillé en guise de pochette. « Polna » peut tout se permettre. Et le prouve avec, en ouverture, l’épique et galactique « Phantom ». Un instru de plus de dix minutes ouvrant la voie à « Sumi », sa geisha préférée, aux sonorités résolument rock, avant que la ballade « Grandis Pas », dédiée à son fils Louka, interprétée en piano-voix, ne revienne à ces bases qui font la griffe de Michel Polnareff… Un fils facétieux donnant le tempo sur le lunaire « Louka’s Song » aux sonorités disco. Là aussi, un instrumental savamment désordonné sur lequel l’Amiral laisse carte blanche à sa descendance ! Le moment pour « Ophélie flagrant des Lits » de débouler. Le morceau, composé en 2006, se rappelle au bon souvenir de fans qui n’y croyaient plus !

Les moussaillons remontent à bord du vaisseau. « Longtime » rassure, et le jazzy « Positions », durant plus de sept minutes, fait virevolter les cuivres et autres contrebasses. « Terre Happy », envoyé avec une voix tutoyant les crêtes, fait du bien et « L’Homme en Rouge » trouve enfin sa place ! « Dans ta playlist » se pose en cocktail mystique avant qu’« Agua Caliente » ne ferme ce chapitre comme il a été ouvert… Sur un instru fleuve, montant crescendo.

Génial, déroutant, rassurant, ébouriffant, dérangeant, hypnotique… « Enfin ! » est définitivement à l’image de Michel Polnareff. Vingt-huit ans après « Kâmâ Sutrâ », l’Amiral reste inclassable.

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