Rich Deluxe – Le plus Nancéien des Londoniens

✏️ Yannick VERNINI 27 décembre 2015
Rich Deluxe – Le plus Nancéien des Londoniens

Étoiles

Le dandy lorrain Rich Dickinson passe en revue notre quotidien.

Il a cet accent so british qui fait que le moment passé avec lui est inévitablement convivial et devient festif lorsqu’il évoque ce quartier du Faubourg-des-3-Maisons, à Nancy. Né dans la banlieue de Londres, supporter de Tottenham, Rich Dickinson a… Entre 20 et 80 ans ! Ce que l’on sait de cet artiste inclassable ? Il a débarqué en France à 25 ans. Pourquoi ? « J’ai étudié le français et je trouvais la vie plus attirante que dans ma banlieue londonienne. Et aussi parce qu’on mangeait mieux et que les filles étaient plus jolies. Et puis il y a Sartre… J’avais, en fait, une idée très romantique de la France. » Même si le tableau n’était pas aussi idyllique, cet éternel optimiste – qui aime également « Barcelone, peut-être parce que je ne comprends pas tout ce qu’ils disent ! » – a débuté la musique à l’âge de 8 ans. « J’ai commencé la guitare en primaire puis j’ai arrêté au lycée pour reprendre à 18 ans. J’adorais les accords, les mélodies… » Et l’écriture. Ces textes, évoquant notre quotidien, notre société, qui lui viennent « naturellement. J’aime beaucoup lire… C’est difficile à expliquer, je ressens différentes émotions, sensations… ça y fait beaucoup. ». Des chansons écrites en anglais à l’exception de deux, en français, dont une sur son quartier nancéien d’adoption que ce « déraciné » adore. C’est également là que son travail de composition prend forme. « Les harmonies, les accords, les mélodies… Je fais ça depuis tellement longtemps. C’est un travail rigoureux, il y a des règles, elles ne sont pas là pour rien ! »

Cet univers musical, empreint d’une certaine mélancolie, Rich Dickinson le promène avec lui lorsqu’il se produit avec son groupe Rich Deluxe Remedial School Orchestra. Sur scène, on retrouve, à ses côtés, Manuel Etienne, Sacha Jug, Alexandre « Goulec » Bertrand, Jérémie Barthelemy et Eléonore Clavier. Une bande qui parvient à rendre joyeux un univers, certes ironique par moment, parfois ténébreux. « J’adore la musique noire, comme celle de Nick Cave. Mais j’ai une voix qui n’est pas triste ! Et avec des cuivres, le tout rend joyeux, un texte triste ! » Des textes parfois inspirés de faits divers ou de chroniques judiciaires qu’il dévore, notamment, chaque jour dans L’Est Républicain.

Après une belle année 2015 qui l’a vu se produire lors de nombreux concerts et qui a couronné la sortie de son album « Orchids », sur lequel figurent ses potes Eddy Beaurivage, Doc Geo, King Automatic ou encore Tom Rocton, on retrouve Rich Dickinson et son groupe sur la compilation « Pop à Noël », produite par Europop et l’Emission Electrophone de Fajet, regroupant plusieurs formations issues en grande partie de la région de Nancy, avec son titre « The Clarinet That Roared » qui est accompagné d’un clip. Avant, sans doute, de retourner en Angleterre. « Malgré tout, Londres me manque quand même. J’ai une certaine nostalgie. J’y ai ma mère, mon frangin, j’y retourne dès que je peux. » Du moins dès que son agenda chargé le lui permet. Et ce n’est pas le facétieux Rich Dickinson qui s’en plaindra !

 

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