Salvatore Adamo – Interview

✏️ Yannick VERNINI 5 décembre 2015
Salvatore Adamo – Interview

©Barbara D’AllessandriÉtoiles

[Morceaux choisis]

Cinquante ans de carrière, plus de 500 morceaux, 100 millions d’albums vendus à travers le monde, et pourtant, on vous sent toujours aussi enthousiaste !

Oui, c’est vrai… C’est un peu ça mon moteur. Je me rends de plus en plus compte que la scène est l’endroit – je suppose que je peux parler au nom de mes collègues chanteuses et chanteurs – où nous existons le plus. On essaie donc d’en profiter… C’est vrai que ça fait cinquante ans que je le fais et j’ai de plus en plus conscience du privilège que représente le fait d’être sur une scène, devant un public. Que ce soit en France, en Belgique ou en Espagne, d’où je reviens.

Au cours de ces cinq décennies, avez-vous vu votre public évoluer ?

Il y a ce petit miracle oui… Il a commencé il y a une quinzaine d’année. Petit à petit, à la faveur de cette nostalgie qu’il y a avait pour les années 60, j’ai effectivement vu mon public rajeunir. Au départ, j’avais un peu compris qu’ils étaient là pour voir le chanteur de leurs parents, peut-être d’ailleurs au seconde degré, si vous voyez ce que je veux dire… Et finalement, il y a eu une communion, et je me souviens très bien de la première fois où j’étais devant un public, entre guillemets, de jeunes. C’était au Vieilles Charrues. J’avais un trac incroyable. Je me demandais si les chansons sur lesquelles je m’appuyais auraient le même effet sur ce public-là que sur mon public habituel. Et c’est là que j’ai été très surpris. Les jeunes chantaient mes chansons… Je dois dire que cela ma régénéré !

Vous appartenez à cette catégorie d’artistes qui possèdent dans leur répertoire des chansons intemporelles, qui étaient d’actualité il y a des années et qui le sont encore. En aviez-vous conscience à l’époque où elles ont été écrites ?

Vous savez, lorsqu’on écrit une chanson, on ne sait pas combien de temps elle va durer. A l’époque, il est possible que les morceaux avaient plus de temps pour s’installer. Ils sont sans doute plus restés dans la mémoire des parents qui les ont transmises. Et puis, il y a eu cette nostalgie qui a fait que des radios sont nées et qui jouent le répertoire de ces années-là. Du coup, les chansons ont connu une nouvelle vie, en effet. Mais le prévoir et s’en rendre compte, ce n’est pas facile !

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