Shaka Ponk – “On adore les mélanges improbables”

✏️ Yannick VERNINI 10 mars 2019
Shaka Ponk – “On adore les mélanges improbables”

Avez-vous eu le temps de vous accorder une pause ? On a l’impression que vous n’arrêtez jamais…

Ben oui, je sais, c’est toujours comme ça ! Quand on lance l’album, on sait que pendant un voire deux ans, il y aura beaucoup de concerts. Et dans les périodes où ça se pose, on repart sur des idées pourries pour faire avancer les choses et c’est ce qui fait qu’on ne s’arrête pas vraiment. Et surtout, on adore les concerts !

Comme pour votre public qui vous suit dans ce qui est devenu une performance !

C’est un peu l’ADN du groupe. On s’est tous rencontrés à une époque où on se posait plein de questions sur des trucs un peu existentiels mais aussi des choses un peu artistiques. On fantasmait quand on allait voir des groupes qu’on aimait bien en concert. On n’avait pas envie de les voir jouer les morceaux du disque, on voulait qu’il se passe un truc différent. Quand on a pu le faire, on s’est lâchés !

Vous évoluez également dans l’univers du graphisme, la scène devient un espace de jeu formidable où l’on découvre tout ce qui fait Shaka Ponk…

Exactement, il y a même des fois, en faisant les morceaux, on se dit telle vidéo, on va pouvoir la mettre là-dessus, ça va être génial ! Parfois, on se dit aussi on va faire tel morceau comme ça pour y mettre telle vidéo. Quand on est en studio, on ne fait pas qu’enregistrer un disque, on pense beaucoup à la scène. C’est pour ça qu’on ne passe plus beaucoup en radio. On fait des trucs pour que ça se voie ! Ce n’est pas mettreo des images pour mettre des images. On a envie que les gens ne sachent pas ce qui est réel ou pas…

Vous poussez le concept si loin que l’un des membres du groupe, le singe Goz, est virtuel !

C’est ça et lui, en fait, c’était un peu le premier ! Avant de savoir qu’on allait faire un groupe de rock, on était une sorte de collectif de gens un peu harpies, aimant se voir le samedi pour échanger. Puis il y a un noyau qui s’est assez vite formé. On voulait raconter à l’Homme qu’il était en train de scier la branche sur laquelle il était assis. On a rencontré un mec qui a créé ce singe, Goz pour « ghost »… Un singe un peu écolo-warrior. On lui a demandé si on pouvait l’engagé ! Un peu à la Gorillaz.

Puis il y a eu Sam qui vous a rejoint, apportant à la fois une touche de douceur et de furie…

C’est un peu un garde-fou. Dans cette aventure, depuis le temps qu’on la partage, on est tous très liés. On a vécu des choses très profondes qui font que, quand on est sur scène avec Sam, sa présence me rassure. Je sais qu’il ne peut rien m’arriver, et elle, c’est pareil. Maintenant, je ne sais si on pourrait le faire l’un sans l’autre.

Elle a dû rassurer vos médecins !

Oh là là ! Ils font des dépressions nerveuses les uns après les autres. Là, il y a du dossier mais je n’y pense pas trop.

Après une incroyable tournée, arrive-t-on à se renouveler facilement ?

Se demander comment on peut faire mieux ? C’est le gros dossier ! On se demande aussi si c’est techniquement possible. On a plein d’idées et à chaque fois qu’on les sort, on nous dit non mais là les gars, c’est pas possible. Mais on n’a pas envie de faire que ce qui est possible, en général, c’est ce que font les autres. On veut que, visuellement, ça raconte un truc. On veut en faire un endroit réel. Ce qui est génial, c’est quand les gens ne savent pas ce qui est – ou pas – réellement sur scène.

Vous aimez aussi être là où l’on ne vous attend pas comme lors du duo avec les sœurs Berthollet pour la reprise de « Nevermind », de Nirvana, dans Taratata…

Ce n’était pas pour être spectaculaire. Quand on fait ce genre d’émission, on n’est pas très à l’aise. A chaque fois, on se dit qu’est-ce qu’on va faire et c’est là que Nagui a été génial, il nous connaît bien. On s’est dit faisons du Nirvana à la sauce du dernier album, « The Evol’ » où l’on n’a pas mal utilisé des voix gospel, notamment… On ne s’attendait pas du tout à ce que ça fasse un pataquès comme ça ! C’était génial d’avoir les deux sœurs et ces enfants qui chantent. On adore les mélanges improbables !

Crédits photos : Denis Rouvre

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