Thierry Cornolti – Provincial convaincu

✏️ Yannick VERNINI 5 décembre 2015
Thierry Cornolti – Provincial convaincu

©Patrice Saucourt Étoiles

« Le plus intéressant, lorsque vous êtes artiste, c’est d’être avec des gens qui vous considèrent comme étant un projet unique. Quand je l’ai rencontré, il m’a tenu un discours que j’attendais depuis des années et qui m’a donné envie de prendre le risque d’aller avec lui. Et j’en suis très heureux. » Ces propos sont de John Mamann lorsqu’au détour d’une interview, il a évoqué les raisons qui l’ont fait signer avec Thierry Cornolti. Ils résument, à eux seuls, le profil de cet autodidacte passionné qui a vu le jour il y a 41 ans, à Cornimont, dans ces Vosges qui vous forgent un caractère bien trempé. Une cité qui l’a vu grandir et qui a pu admirer ses premières prestations dans l’harmonie mu­ nicipale… Alors qu’au collège, le temps semblait bien long. « Hormis la musique, je n’avais pas de passion. Je n’étais pas un bon élève… Juste passable pour avoir le brevet. Je ne comprenais pas où je voulais aller, j’avais du mal à me dire que cela servait à quelque chose ! »

Des rencontres

Le déclic, il l’aura au lycée lorsqu’il intègre la section A3. « J’avais une prof de musique, Madame Clasquin, six heures par semaine. Elle était à la fois passionnée et passionnante. J’ai alors joué de la trompette avec Daniel Chopinez, le frère de Roland. Ils m’ont fait comprendre que je pourrai vivre de la musique », se souvient le quadra bien dans ses pompes. Le bac en poche, il intègre le département de musicologie de la fac de Nancy et décroche, au passage, le deuxième prix « trombone » du Conservatoire. De quoi lui ouvrir les portes de l’enseignement et de l’intermittence lorsqu’il croise la route de Claude Antoine, et son orchestre Les Silvers, qui va une nouvelle fois changer la donne. « J’ai joué avec lui et Roland Chopinez et j’avais également, en plus de mon job de prof à l’école de musique de Lunéville, mon orchestre de variété », détaille l’insatiable Thierry Cornolti. Il va alors enchaîner les rencontres qui vont façonner sa

carrière professionnelle A commencer celle avec Catherine Antoine, la fille de Claude, pour laquelle il va organiser des concerts. Il collabore ensuite avec le pianiste de renom Pierre­ Alain Goualch ou encore Yvan Cassar, qui lui ouvrent de nouveaux horizons… L’aventure est en marche et prend sa forme définitive lorsque lui et Mickael Miro se croisent. « On s’est trouvé… Il montait en puissance, venait de sortir son premier album. Je suis devenu son producteur et son manager. Nous avons fait plus de deux cents concerts en trois ans ! » Les portes parisiennes s’ouvrent peu à peu. Et avec elles, celles de L’Olympia. Une date qu’il coproduit avec le promoteur nancéien, Label LN. Les boss, Fred Saint­Dizier et Lionel Ruvera, lui prêtent main­forte. « Ils m’ont donné un sacré coup de main et ont même pris le risque de coproduire la date. Label LN est un des cinq plus gros promoteurs français. Dans la foulée, Frédéric et Lionel m’ont mis en contact avec les personnes importantes de ce métier. »

Prendre du plaisir

Mais toujours avec la même ligne de conduite : « Prendre du plaisir à imaginer, créer, monter un spectacle… Et aller là où l’artiste veut aller. Malgré tout, le manager est là pour le ramener dans la réalité commerciale. » Une philosophie qui a depuis séduit, entre autres, Elisa Tovati, John Mamann, Didier Barbelivien, Jean­-Félix Lalanne, Beverly Jo Scott, Stéphane Guillaume, Sébastien Texier, Eric Starczan, Greg Zlap ou encore celui qui monte en puissance, le Français Tibz.

Avec en moyenne dix sollicitations par semaine Thierry Cornolti pourrait accélérer le développement de la société dans laquelle il est associé avec ses deux frères, qui s’occupent des finances. Mais il garde les pieds sur terre. « C’est la rencontre qui prime avant tout. Et surtout, on ne signe pas un artiste pour le court terme ! » Une politique avec laquelle il ne transige pas et que partage Aurélie Le Baron, qui bosse à ses côtés. « C’est une belle rencontre. Elle est venue en stage à 18 ans. Puis elle est revenue me voir à 21 ans. Elle voulait absolument travailler avec nous, dans notre boutique qui vivotait… Elle a fait du bénévolat pendant un temps… Je lui ai dit crée­toi ton poste et paie­toi ! Ça a fonctionné. Elle m’accompagne partout, elle est une des pièces maîtresses de la société en qui j’ai une confiance absolue ! » Une société dont Thierry Cornolti a posé les bases loin de Paris… En l’occurrence à Montauville. « Je suis un provincial convaincu et ça, ça ne changera pas ! »

 

You may also like